mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2202994 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ROUANET AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 avril 2022 et 2 février 2023, l'association Haut-Buëch Nature, représentée par Me Rouanet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 27 septembre 2021 n°2021-112 par laquelle le conseil de la communauté de communes du Buëch-Dévoluy a approuvé le schéma de développement des énergies renouvelables, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 2 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la communauté de communes du Buëch-Dévoluy la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle dispose d'un intérêt à agir et de la capacité à ester en justice ;
- la délibération en litige méconnaît les dispositions des articles L. 2121-12 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 123-19-1 du code de l'environnement ;
- la délibération en litige est entachée d'incompétence territoriale, elle méconnaît les dispositions de l'article L.2224-38 du code général des collectivités territoriales, qui ne prévoient pas un tel transfert de compétences des communes à la communauté de communes ;
- la délibération contestée est entachée d'une erreur de droit s'agissant de la compatibilité du schéma qu'elle approuve avec le schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET) ;
- compte tenu de son impact environnemental, la délibération contestée aurait dû être précédée d'une concertation préalable avec les populations concernées, elle a donc été prise en méconnaissance de la convention d'Aarhus du 25 juin 1998 sur l'accès à l'information, la participation du public aux processus décisionnels et l'accès à la justice en matière d'environnement et des dispositions de l'article 7 de la charte de l'environnement, déclinés par les dispositions des articles L. 121-15-1 à L. 121-21 et R. 121-19 à R. 121-24 du code de l'environnement ;
- la délibération contestée est entachée d'erreurs de fait de nature à influencer le vote des conseillers communautaires ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense enregistrés les 29 septembre 2022 et 7 juillet 2023, la communauté de communes du Buëch-Dévoluy, représentée par Mes Hamon et Comte, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'association Haut-Buëch Nature au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable, dès lors que la délibération en litige, qui approuve un schéma directeur non décisoire, ne constitue pas une décision, et à titre subsidiaire qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La clôture de l'instruction a été fixée au 24 juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ollivaux,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Rouanet pour l'association Haut-Buëch Nature, ainsi que celles de Me Hamon pour la communauté de communes du Buëch-Dévoluy.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 27 septembre 2021, le conseil de la communauté de communes du Buëch-Dévoluy a approuvé un schéma de développement des énergies renouvelables. Après avoir vu son recours gracieux contre cette délibération implicitement rejeté le 10 février 2022, l'association requérante demande l'annulation de ces décisions.
Sur la recevabilité :
2. D'une part, par la délibération contestée, le conseil de la communauté de communes du Buëch-Dévoluy a approuvé un schéma de développement des énergies renouvelables qui n'est prescrit par aucune disposition législative ou règlementaire. D'autre part, il résulte de ses termes mêmes que " le schéma de développement des énergies renouvelables de la communauté de communes du Buëch-Dévoluy se veut être un document cadre, non prescriptif, qui décline le potentiel, les enjeux et la stratégie de développement " des énergies renouvelables, et que ce schéma mentionne l'intention de l'établissement public précité de " prendre sa part et s'engager en faveur du développement des énergies renouvelables ". Ainsi, eu égard aux mentions de la délibération litigieuse, l'établissement public de coopération intercommunale du Buëch-Dévoluy se borne à approuver un schéma de développement des énergies renouvelables, révélant sa position en faveur de leur essor. Dès lors, contrairement à ce que l'association requérante soutient, la délibération litigieuse n'entraîne aucun effet juridique, et n'est pas davantage susceptible, par elle-même, d'avoir des incidences économiques notables à l'égard des collectivités ou d'opérateurs économiques. Par suite, elle ne constitue pas un acte faisant grief susceptible de recours contentieux. Il y a donc lieu d'accueillir la fin de non-recevoir soulevée par l'établissement défendeur.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions principales de la requête de l'association Haut-Buëch Nature doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de l'association requérante tendant à leur application et dirigées contre l'établissement public de coopération intercommunale du Buëch-Dévoluy. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la communauté de communes du Buëch-Dévoluy sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Haut-Buëch Nature est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes du Buëch-Dévoluy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Haut-Buëch Nature et à la communauté de communes du Buëch-Dévoluy.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
J. Ollivaux
La présidente,
Signé
M. Lopa Dufrénot
Le greffier,
Signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Alpes, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026