LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2203075

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2203075

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2203075
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLESTELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 16 avril 2022 et le 23 août 2022 , Mme C, représentée par Me Lestelle, doit être regardé comme demandant au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices qu'elle subit des suites d'une chute sur la voie publique dont elle expose avoir été victime, le 16 octobre 2021, alors qu'elle circulait en trottinette électrique sur le boulevard Urbain sud, 13010 Marseille, et qu'elle impute à une bouche d'égout non couverte et non signalée.

2°) de mettre à la charge de la Metropole-Aix-Marseille Provence, de la société d'exploitation du réseau d'assainissement de Marseille, de la société des eaux de Marseille Métropole, de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, de la société Orange au paiement de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de débouter la Métropole d'Aix-Marseille-Provence de toutes ses demandes.

Elle soutient que :

- sa chute lui a causé une fracture des dents 11 et 21 et une luxation des dents 12 et 22 ;

- le présence d'une bouche d'égout constitue un défaut de surveillance imputable à la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole ;

- la matérialité des faits et l'imputabilité du dommage est établi au regard des attestations, photographies et documentations médicales produits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, la société Orange, représentée par Me Aversano, demande au juge des référés :

1°) à titre principal, de rejeter la demande d'expertise sollicitée ;

2°) sa mise hors de cause ;

3°) de mettre à la charge de Mme C le coût de l'expertise ;

4°) de mettre à la charge de tout succombant à lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) à titre subsidiaire, de prendre acte de ses protestations et réserves.

Elle soutient que :

- le lieu précis de la chute n'est pas mentionné ;

- elle doit être mise hors de cause au regard des photos produites par Mme C qui ne permettent pas d'identifier une plaque " France télécom " ;

- les circonstances de l'accident relève exclusivement de la responsabilité de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole ;

- la chute de Mme C relève d'une faute d'inattention de sa part puisque la visibilité était parfaite.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 juillet 2022, la Métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Pontier, conclut au rejet de la requête pour inutilité de la demande d'expertise et demande de mettre à la charge de Mme C les frais d'expertises.

Elle soutient que :

- aucun élément ne permet d'établir la matérialité des faits ni l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public et le préjudice subi ;

- le défaut d'entretien ne peut être constitué car la voie est neuve et ne présente aucune défectuosité ;

- Mme C a commis une imprudence de nature à exonérer partiellement voire totalement la responsabilité de l'exposante.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 11 août 2022 et le 6 septembre 2022, la société des eaux de Marseille Métropole (SEMM), représentée par le cabinet d'avocats SCP de Angelis et associés, demande au juge des référés de :

1°) sa mise hors de cause ;

2°) rejeter la demande de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) mettre à la charge de Mme C la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'est pas responsable de l'ouvrage mis en cause ;

- le lien de causalité n'est pas démontré puisque Mme C ne démontre, par aucune pièce justificative, que le dommage est lié à la défectuosité de la chaussée. De plus, aucun document médical n'établit le jour de l'accident et les attestations des témoins ne précise ni la date, ni l'heure de l'accident ni les causes précises de la chute.

Mme B C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision en date du 10 mai 2022.

La requête a été régulièrement communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et la société d'exploitation du réseau d'assainissement de Marseille, qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A, première vice-présidente pour statuer sur les demandes en référés.

Considérant ce qui suit :

Sur la mise hors de cause de la société Orange et de la SEMM :

1. L'organisation d'une mesure d'expertise ne préjuge pas de la responsabilité éventuelle des parties appelées en la cause, tous droits et moyens des parties étant expressément réservés. Ainsi, peuvent être appelées à une expertise ordonnée sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative non seulement les personnes dont la responsabilité est susceptible d'être engagée par l'action qui motive l'expertise, mais aussi toute personne dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert.

2. La société Orange fait valoir que les plaques France télécom sont de forme rectangulaire et non ronde et que le logo Orange n'apparaît pas sur la plaque en cause incriminée, par Mme C comme étant à l'origine de sa chute. Toutefois, en l'état du dossier et dès lors que l'expertise sollicitée a notamment pour objet de fournir au tribunal tous éléments de nature à lui permettre de déterminer les responsabilités encourues, la présence de la société Orange aux opérations expertales apparaît utile, sa participation aux opérations d'expertise, ne préjugeant ni de l'existence, ni de l'étendue de ses droits.

3. Au soutien de sa demande de mise hors de cause, la société SERAMM fait valoir que si elle a la charge de l'entretien et des réparations des regards et ouvrages du réseau d'assainissement, Mme C ne rapporte à aucun moment la preuve certaine et non équivoque que la plaque sur voirie suspectée correspondrait effectivement au réseau d'eaux usées et, dès lors, serait sous la gestion de la SERAMM. Toutefois, la mise en cause d'une partie dans une expertise, simple mesure d'instruction ordonnée avant tout procès, ne préjuge pas de sa responsabilité. La présence aux opérations d'expertise de la SERAMM, qui en l'état de l'instruction ne peut être regardée comme manifestement étrangère au litige, apparaît utile.

4. Par suite, les demandes de mise hors de cause de ces deux sociétés, en l'état de l'instruction du dossier, doivent être rejetées. Il appartiendra ensuite à l'expert de demander, le cas échéant, leur mise hors de cause s'il juge leur présence inutile dans les opérations d'expertise.

Sur la demande d'expertise :

5. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

6. Il résulte de l'instruction que l'expertise sollicitée par Mme C, porte sur les préjudices qu'elle subit des suites d'une chute sur la voie publique dont elle expose avoir été victime,le 11 octobre 2021, alors qu'elle circulait en trottinette électrique sur le boulevard Urbain sud, 13010 Marseille, et qu'elle impute à une bouche d'égout non couverte et non signalée. Si la métropole Aix-Marseille-Provence, la SEMM, et la société Orange soutiennent que la matérialité des faits n'est pas établie et que la requérante ne rapporte pas la preuve du lien de causalité entre le préjudice et l'ouvrage public, Mme C produit toutefois des photographies du lieu où elle a chuté, des pièces médicales en date du 11 octobre 2021 attestant de blessures au niveau de ses dents, ainsi que des attestations de témoin indiquant qu'elle a chuté en raison d'une bouche d'égout le 11 octobre 2021. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante ne justifierait pas suffisamment, au stade des référés et sans préjudice du recours au fond, de la matérialité des faits et du lien de causalité. En outre, la circonstance qu'aucun défaut d'entretien normal n'est constaté, est sans incident sur l'utilité de la demande d'expertise, dès lors qu'il n'appartient pas au juge des référés expertise de se prononcer sur la responsabilité de la personne publique. Cette demande, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 2 de la présente ordonnance.

Sur les frais d'expertise :

7.Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées en ce sens doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

8 L'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce qu'il soit mis à la charge des parties, la charge des frais exposés et non compris dans les dépens. Dès lors, les conclusions présentées sur ce fondement, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Le docteur E D, exerçant Résidence La Closerie, Bt A, 6 traverse des Hussards à Marseille (13005) est désigné pour procéder, en présence des parties à l'instance à une expertise avec la mission suivante :

1°) se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

2°) examiner Mme C et décrire son état de santé, les lésions constatées, les modalités de traitement et leur évolution ; dire si chacune des lésions constatées est la conséquence de l'accident survenu le 11 octobre 2021 ou d'un état antérieur ou postérieur ;

3°) évaluer les préjudices corporels de Mme C qui sont directement imputables au sinistre en cause en précisant le déficit fonctionnel temporaire partiel ou total, la date de consolidation de son état physique, le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de Mme C, l'importance des souffrances physiques et psychiques endurées, le préjudice esthétique et le préjudice d'agrément ;

4°) donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par Mme C, en particulier les dépenses de santé actuelles, les frais divers, les dépenses de santé futures, évaluer le besoin de véhicule adapté ou d'assistance à tierce personne ;

5°) dire si l'état de Mme C est susceptible de modifications, en aggravation ou en amélioration : dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, ainsi que sur la nature des soins, traitements et interventions éventuellement nécessaires dont le coût prévisionnel sera alors chiffré et les délais dans lesquels il devra y être procédé ;

6°) d'une façon générale, fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer les préjudices subis.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C, à Metropole-Aix-Marseille Provence, à la société d'exploitation du réseau d'assainissement de Marseille, à la société des eaux de Marseille Métropole, à la société Orange, à la Caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône à la Orange et à l'expert, le docteur D.

Fait à Marseille, le 30 décembre 2022.

La juge des référés,

Signé

M. A

La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

P/La greffière en chef,

La greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions