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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2203186

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2203186

mercredi 12 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2203186
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantWAHED

Résumé IA

Cette décision du Tribunal Administratif de Marseille concerne un recours en excès de pouvoir formé par M. H B contre une délibération du CNAPS lui infligeant une interdiction temporaire d'exercer une activité privée de sécurité pour une durée de 12 mois. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés par le requérant, notamment ceux tirés de l'incompétence du signataire, de l'irrégularité de la convocation de la commission, de la méconnaissance du principe du contradictoire et du principe non bis in idem. Il a également jugé que la sanction n'était pas disproportionnée au regard des nombreux manquements constatés, relatifs notamment au non-respect de la durée du travail, aux déclarations préalables à l'embauche tardives, et au défaut de collaboration avec les services du CNAPS. En conséquence, le tribunal a rejeté la requête de M. B et les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 avril 2022, M. H B, représenté par Me Wahed, demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération du 6 avril 2022 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a infligé une interdiction temporaire d'exercer une activité privée de sécurité pour une durée de 12 mois ;

2°) à titre subsidiaire, de ramener la sanction à un blâme et une amende de 2 500 euros ;

3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'est pas justifié du fait que le signataire de la décision était autorisé à prendre celle-ci au nom de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS ;

- la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS doit être considérée comme irrégulièrement convoquée dès lors qu'à l'exception de son président, le nom des membres ayant siégé en commission nationale d'agrément et de contrôle n'est pas connu ;

- le principe d'une procédure contradictoire préalable a été méconnu par la commission locale d'agrément et de contrôle sud du CNAPS dès lors qu'il n'a jamais été informé du fait qu'une sanction était susceptible d'être prise à son encontre, qu'il n'a donc jamais pu présenter ses observations en défense, qu'il n'a jamais été informé du fait qu'il pouvait bénéficier de l'assistance d'un avocat pour son audition administrative du 5 mai 2021 ;

- le rapport sur lequel s'est basé la commission locale d'agrément et de contrôle sud du CNAPS ainsi que sa délibération ne sont pas motivés car ils énoncent des faits sans les rapprocher de la réalité économique de l'entreprise ;

- le principe non bis in idem a été méconnu par la commission locale d'agrément et de contrôle sud du CNAPS dès lors qu'il lui est reproché les mêmes faits qu'à la société Agence Sécurité Event's (ASE) dont il est le président ;

- la sanction est disproportionnée du fait que la plupart des manquements reprochés ne peuvent lui être imputés :

* s'agissant du prétendu non-respect des dispositions relatives à la durée du travail, les plannings étaient erronés et avaient été régularisés tandis que les salariés ont toujours bénéficié d'une heure de pause ;

* s'agissant des heures de travail effectuées par M. E B, son frère effectue des petites vacations pour aider sa famille et envisage de prendre une participation dans la société ;

* s'agissant des heures de travail de M. A, Oulahanane et Kharabi, les plannings communiqués étaient erronés et ont été rectifiés ;

* si 8 des 25 déclarations préalables à l'embauche sur la période du 11 mai 2020 au 11 avril 2021 ont été effectuées avec retard, c'est parce que, d'une part, il a été moins présent en raison des difficultés de santé de Mme D et que, d'autre part, il existait un problème structurel de manque de personnel qui a été régularisé avec l'embauche de Mme F si bien que toutes les déclarations préalables à l'embauche effectuées depuis mars 2021 l'ont été dans les délais ;

* s'il lui est reproché le fait de ne pas avoir été capable de fournir les prestations commandées et de ne pas avoir fait preuve de transparence vis-à-vis de la société Alarme Prévention Protection Sécurité (APPS) quant au recours à la sous-traitance, il a en réalité agi dans l'intérêt de la société ASE car le fait d'informer son contractant de son problème d'effectif et du nécessaire recours à un sous-traitant aurait fait perdre le contrat en question à la société ASE et alors que l'obligation d'information du client n'incombait qu'à la société APPS ;

* s'il est relevé que les agents de sécurité étaient amenés à travailler sur le site Sartorius Stedim jour et nuit et qu'ils devaient exécuter des rondes de surveillance sans être dotés d'un dispositif de protection du travailleur isolé et que, par ailleurs, aucun cahier de consignes d'usage et de tenue des matériels n'était instauré, ces manquements doivent être reprochés à la société APPS, donneur d'ordres, et à la société Ab Protect, cocontractant, d'autant que du matériel, des radios notamment, avait été acheté dès novembre 2020 puis, de nouveau, le 1er février 2021 ;

* si les modifications des statuts de la société ASE, effectuées le 22 juillet 2019, n'ont été portées à la connaissance de la commission locale d'agrément et de contrôle sud du CNAPS que le 8 novembre 2019, c'est que la société devait fournir un K-bis modifié et que les délais de traitement se sont considérablement alourdis au tribunal de commerce de Marseille en raison de la numérisation des procédures ;

* s'il lui est reproché le fait de renvoyer ses clients vers son établissement secondaire à Puget-Sur-Argens sur son site internet et sa prétendue page Facebook alors que ce siège secondaire ne répondrait pas aux conditions légales d'exercice, cette page Facebook a été créée sans son consentement et n'a jamais été utilisée à des fins commerciales ;

* s'il lui est reproché de ne pas avoir collaboré loyalement et spontanément avec les services du CNAPS, c'est qu'il n'a pu fournir à temps tous les éléments sollicités par celui-ci car il apportait son aide à sa belle-sœur, victime d'un accident vasculaire cérébral le 14 septembre 2020 ; il n'a pas pu non plus se rendre à son audition administrative le 28 avril 2021 car il était cas contact et prié de s'isoler par l'assurance maladie jusqu'au 3 mai 2021 mais a fini par fournir tous les documents sollicités ;

* si le 15 janvier 2021, aucun des agents du site Sartorius Stedim n'était porteur d'une carte professionnelle et d'une tenue identifiant leur employeur tandis que n'était pas tenu un registre des contrôles internes, ces manquements sont imputables à la société Ab Protect, bénéficiaire d'un contrat de sous-traitance conclu le 1er août 2020 ;

- la sanction qui est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour être disproportionnée compte tenu de ses conséquences sur les 45 salariés de l'entreprise et sur lui-même, du faible impact économique des infractions constatées sur le volume réalisé, des régularisations intervenues, de l'absence de sanction antérieure le concernant, du fait que des sanctions alternatives existent tels que l'avertissement ou la pénalité financière, doit être ramenée à un blâme et une amende de 2 500 euros, ce qui correspond aux sanctions infligées au gérant de la société APPS.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2023, le CNAPS conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Forest,

- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 15 janvier 2021, les agents du CNAPS ont procédé au contrôle des activités privées de sécurité sur le site de la société Sartorius Stedim, située à Aubagne, et ont constaté que le groupe Sartorius avait confié la surveillance du site à la société APPS et que les agents privés de sécurité en poste appartenaient aux sociétés Pomaria Sécurité, Total Coporate Sécurité et Ab Protect, cette dernière intervenant elle-même en qualité de sous-traitante de la société ASE. Le responsable des lieux ayant déclaré ne pas avoir été informé que la société APPS sous-traitait ses activités privées de sécurité aux sociétés concernées, il a été décidé de procéder au contrôle des activités de la société ASE. Celui-ci s'est achevé le 5 mai 2021 par l'audition administrative de M. B, son dirigeant, qui a été informé d'une action disciplinaire du CNAPS à son encontre par courrier du 8 juin 2021 compte tenu de plusieurs manquements au code de la sécurité intérieure et au code du travail. Par décision du 4 novembre 2021, la commission locale d'agrément et de contrôle sud du CNAPS a prononcé à son encontre une interdiction temporaire d'exercice d'une durée de 12 mois, décision à l'encontre de laquelle M. B a formé un recours administratif préalable obligatoire le 20 décembre 2021. La commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a confirmé cette interdiction par délibération du 6 avril 2022. M. B demande au tribunal, à titre principal, l'annulation de cette décision et, à titre subsidiaire, à ce que la sanction soit ramenée à un blâme et à une amende de 2 500 euros.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C G a été élu, le 25 mars 2021, en tant que président de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS. Par suite, il était, en cette qualité, habilité à signer la délibération attaquée au nom de cette commission.

3. En deuxième lieu, aucune disposition légale ou réglementaire n'impose la mention de l'identité de chaque membre présent lors de la délibération sur le procès-verbal de celle-ci. La seule circonstance que ce procès-verbal ne mentionne pas le nom de ces membres n'est pas de nature à établir que la formation aurait été irrégulièrement convoquée alors que, par ailleurs, le CNAPS a produit la liste d'émargement de la séance du 17 mars 2022 comportant le nom et la qualité des personnes qui ont siégé.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 633-3 du code de la sécurité intérieure, alors applicable : " Tout recours contentieux formé par une personne physique ou morale à l'encontre d'actes pris par une commission d'agrément et de contrôle est précédé d'un recours administratif préalable devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle, à peine d'irrecevabilité du recours contentieux ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 633-9 du même code, alors applicable : " Le recours administratif préalable obligatoire devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle prévu à l'article L. 633-3 peut être exercé dans les deux mois de la notification, par la commission locale d'agrément et de contrôle, de la décision contestée. Cette notification précise les délais et les voies de ce recours. Toute décision de la Commission nationale d'agrément et de contrôle se substitue à la décision initiale de la commission locale d'agrément et de contrôle () ".

5. Il résulte de ces dispositions que les décisions par lesquelles la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS rejette les recours administratifs préalables obligatoires dont elle est saisie se substituent aux décisions des commissions régionales ou interrégionales d'agrément et de contrôle. En conséquence, les vices propres dont les délibérations des commissions régionales ou interrégionales d'agrément et de contrôle seraient entachées ne peuvent être utilement invoqués à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir exercé contre la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle.

6. Par suite, doivent être écartés comme inopérants les moyens tirés de la méconnaissance du principe du contradictoire par la commission locale d'agrément et de contrôle sud du CNAPS et de l'insuffisante motivation de sa décision dans la mesure où la décision de la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS s'y est substituée.

7. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 634-4 du code de la sécurité intérieure, dans sa version alors en vigueur : " Tout manquement aux lois, règlements et obligations professionnelles et déontologiques applicables aux activités privées de sécurité peut donner lieu à sanction disciplinaire () / Les sanctions disciplinaires applicables aux personnes physiques et morales exerçant les activités définies aux titres Ier, II et II bis sont, compte tenu de la gravité des faits reprochés : l'avertissement, le blâme et l'interdiction d'exercice de l'activité privée de sécurité ou de l'activité mentionnée à l'article L. 625-1 à titre temporaire pour une durée qui ne peut excéder sept ans. En outre, les personnes morales et les personnes physiques peuvent se voir infliger des pénalités financières. Le montant des pénalités financières est fonction de la gravité des manquements commis et, le cas échéant, en relation avec les avantages tirés du manquement, sans pouvoir excéder 150 000 € pour les personnes morales et les personnes physiques non salariées et 7 500 € pour les personnes physiques salariées () ".

8. Pour infliger la sanction litigieuse, la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS s'est fondée sur les dispositions précitées de l'article L. 634-4 du code de la sécurité intérieure, lesquelles prévoient qu'en cas de manquement aux lois, règlements et obligations professionnelles et déontologiques relatifs aux activités privées de sécurité, elle peut infliger une sanction disciplinaire, non seulement à une personne physique mais également à une personne morale. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. B, ces dispositions ne s'opposent pas à ce que la société ASE et son président soient tous les deux sanctionnés à raison des mêmes faits. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe " non bis in idem " doit être écarté.

En ce qui concerne les manquements :

9. S'agissant du non-respect des législations professionnelles et sociales applicables aux acteurs de la sécurité privée, la délibération attaquée retient que les stipulations de la convention collective " Prévention et sécurité ", relatives à la durée minimale de repos entre deux vacations, à la durée quotidienne de travail et à la durée maximale hebdomadaire de travail n'ont pas été respectées par la société ASE tandis que les déclarations d'embauche reçues par l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) ont été accomplies avec retard par la société, certains de ses employés n'ayant jamais au demeurant fait l'objet d'une déclaration auprès des services de l'URSSAF. Si M. B soutient que les plannings examinés par les agents du CNAPS étaient erronés et que les salariés ont toujours bénéficié d'une heure de pause, il se borne à produire l'attestation en ce sens de deux employés de sa société, laquelle est insuffisante à contredire les constatations opérées par le CNAPS et à démontrer l'absence de méconnaissance des législations en la matière. Par ailleurs, la circonstance que son frère, qui effectuait un certain nombre d'heures de travail pour la société, envisageait de prendre une participation dans celle-ci ne le dispensait pas de procéder à une déclaration d'embauche le concernant. Le fait que sa belle-sœur ait connu des difficultés de santé importantes ne le dispensait pas davantage de procéder à ces déclarations préalables ni ne l'autorisait à y procéder avec retard. L'embauche d'un personnel administratif en mars 2021 est sans incidence sur le fait que des manquements ont été relevés quant à ces déclarations préalables à l'embauche de mai 2020 à avril 2021. Par suite, les manquements relevés sont constitués.

10. S'agissant du manquement tenant au non-respect de la capacité à assurer la prestation et la transparence sur la sous-traitance, la délibération attaquée retient qu'il est établi en ce que l'interdiction contractuelle de recourir à la sous-traitance a été sciemment méconnue par l'intéressé à l'égard de la société APPS, caractérisant ainsi l'incapacité manifeste de M. B à assurer les prestations liées aux engagements contractuels pris et qu'en n'informant pas son cocontractant quant à l'intervention de sous-traitants sur plusieurs sites, M. B a méconnu les dispositions de l'alinéa 2 de l'article R. 631-23 du code de la sécurité intérieure qui prévoient que le recours à la sous-traitance ne peut intervenir qu'après information écrite du client si cela n'est pas prévu à la signature du contrat. Il ressort des pièces du dossier que le contrat qui liait les sociétés APPS et ASE interdisait toute sous-traitance et que le requérant, s'il explique avoir voulu protéger sa société, ne conteste pas avoir sciemment enfreint cette interdiction contractuelle. Par suite, le manquement est constitué.

11. S'agissant du manquement tenant au défaut de remise des matériels destinés à protéger les salariés et de tenue du cahier des consignes d'usage et des matériels, la délibération attaquée mentionne que toutes les vacations commandées par la société Sartorius Stedim étaient réalisées par un agent seul et dépourvu d'un dispositif de protection pour travailleur isolé et qu'en tout état de cause, M. B n'a pas été en mesure de mettre en place des contrôles permettant de justifier du respect des exigences imposées en ce sens par le code de la sécurité intérieure. Si le requérant indique que les manquements évoqués doivent être reprochés à la société APPS, donneur d'ordres, et à la société Ab Protect, sous-traitante, il s'est engagé, par contrat interdisant la sous-traitance, auprès de la société APPS à réaliser les prestations de gardiennage et surveillance commandées. Par suite, le manquement est constitué.

12. S'agissant du défaut d'information de la commission locale d'agrément et de contrôle sud du CNAPS d'un changement affectant l'autorisation d'exercice de la société dans un délai d'un mois, il est reproché au requérant de n'avoir déclaré les modifications statutaires survenues le 22 juillet 2019 que par courrier reçu le 8 novembre 2019. Si M. B soutient que ce retard s'explique par l'allongement des délais de traitement par le tribunal de commerce de Marseille quant à la fourniture d'un K-bis modifié, à supposer cette circonstance établie, il pouvait, dès la modification intervenue, en informer la commission locale d'agrément et de contrôle sud sans attendre le K-bis. Par suite, le manquement est constitué.

13. S'agissant du manquement tenant au non-respect de la capacité à assurer la prestation par la présentation trompeuse de moyens d'intervention, la délibération attaquée indique que celui-ci est caractérisé en ce que les différents supports de communication à destination du public et de clients potentiels faisait apparaitre que l'intéressé communiquait des adresses d'implantation à Marseille et à Fréjus alors que la société dont il est le dirigeant ne possédait qu'un seul établissement situé à Marseille, laissant ainsi croire à ses prospects qu'elle réalisait des missions sur un secteur géographique plus étendu. Si M. B soutient que la page Facebook de sa société a été créée sans son consentement et n'a jamais été utilisée à des fins commerciales et produit l'attestation d'un tiers indiquant être à l'origine de cette publication, il ne conteste pas que la société qu'il dirige apparait, sur le site internet qui l'accueille, domiciliée non seulement sur Marseille mais également sur Fréjus. Par suite, le manquement est constitué.

14. S'agissant du manquement tenant au non-respect du principe de collaboration loyale et spontanée au contrôle en violation des dispositions de l'article R. 631-14 du code de la sécurité intérieure, il lui est reproché de n'avoir transmis que partiellement ou avec retard les documents nécessaires et utiles pour la réalisation des opérations de contrôle. Alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'administration, à plusieurs reprises, a sollicité en vain la production de certains documents auprès de M. B, la circonstance que sa belle-sœur aurait été victime d'une grave difficulté de santé le 14 septembre 2020 et qu'il n'aurait pas pu se rendre à son audition administrative le 28 avril 2021 dans la mesure où il était cas contact est sans incidence sur la caractérisation du manquement. Par suite, le manquement est constitué.

15. S'agissant du manquement tiré du non-respect des consignes et des contrôles relevant des obligations propres au dirigeant, la délibération attaquée mentionne qu'il est caractérisé en ce que l'agent privé de sécurité, contrôlé en prestation le 15 janvier 2021, n'était pourvu ni d'une carte professionnelle matérialisée, ni d'une tenue permettant d'identifier la société qui l'employait, et que M. B a déclaré, lors de son audition administrative du 5 mai 2021, réaliser des contrôles réguliers des sites de prestations sans pouvoir en justifier. Alors que M. B indique que ce manquement est imputable à la société Ab Protect, bénéficiaire d'un contrat de sous-traitance, ainsi qu'il a été vu précédemment, l'intéressé s'est engagé par contrat interdisant la sous-traitance auprès de la société APPS à réaliser les prestations de gardiennage et surveillance commandées. Par suite, le manquement est constitué.

En ce qui concerne la sanction retenue :

16. En dépit du fait que M. B, n'avait pas, jusqu'à présent, fait l'objet d'une sanction, eu égard au nombre et à la nature des infractions commises et à la gravité de certaines d'entre elles, et à l'échelle des sanctions prévues par l'article L. 634-4 du code de la sécurité intérieure, cité au point 7, permettant de prononcer une interdiction d'exercice n'excédant pas 7 ans et une pénalité n'excédant pas 150 000 euros pour une personne physique non salariée et 7 500 euros pour une personne physique salariée, la sanction prononcée à son encontre ne présente pas un caractère disproportionné alors même que, selon ses allégations, elle serait susceptible d'engendrer des conséquences graves à l'égard des 45 salariés de l'entreprise et de lui-même.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CNAPS, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H B et au conseil national des activités privées de sécurité.

Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Jorda-Lecroq, présidente,

Mme Gaspard-Truc, première conseillère,

Mme Forest, première conseillère,

Assistées par Mme Faure, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2025.

La rapporteure,

Signé

H. Forest

La présidente,

Signé

K. Jorda-Lecroq

La greffière,

Signé

N. Faure

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

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