jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2203414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | STARK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022, M. A B, représenté par Me Stark, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2022 par laquelle la ministre des armées a rejeté sa demande de pension militaire d'invalidité pour l'infirmité " séquelles de contusion lombaire " ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de fixer le taux d'invalidité de son infirmité " séquelles de contusion lombaire " à 20 % et d'ouvrir ses droits à pension à compter du 3 septembre 2018 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 850 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le médecin mandaté par l'administration est indépendant et a effectué un examen clinique, de sorte que l'administration n'est pas fondée à contester son avis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2024, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Simeray, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B s'est engagé au sein de la légion étrangère le 3 mai 2010 et a été radié des contrôles le 9 juin 2023. Le 3 septembre 2018, il a présenté une demande de pension militaire d'invalidité pour les infirmités " état de stress post-traumatique " et " séquelles de contusion lombaire ". Par une décision du 10 mai 2021, la ministre des armées lui a attribué une pension au taux de 30% pour l'infirmité tenant au stress post-traumatique mais a rejeté sa demande relative aux séquelles de contusion lombaire au motif que cette infirmité n'atteignait pas le taux requis de 10% s'agissant d'une blessure contractée en service. M. B a formé un recours administratif préalable contre cette décision le 1er décembre 2021 devant la commission de recours de l'invalidité, laquelle lui a attribué, le 16 mars 2022, un taux de 40% pour l'infirmité " état de stress post-traumatique " et a rejeté le surplus de sa demande. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 16 mars 2022 en tant qu'elle rejette sa demande de pension pour l'infirmité " séquelles de contusion lombaire ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-4 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Les pensions sont établies d'après le taux d'invalidité résultant de l'application des guides barèmes mentionnés à l'article L. 125-3. / Aucune pension n'est concédée en deçà d'un taux d'invalidité de 10 % ". Aux termes de l'article L. 121-5 de ce code : " La pension est concédée : / 1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le taux d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10 % () ".
3. Il résulte de l'instruction que les séquelles de contusion lombaire que subit M. B résultent d'une chute survenue dans des escaliers le 27 mars 2018, lors d'une opération extérieure au Mali, lui ayant causé une lésion du plateau vertébral de L2 et un bombement discal de L5-S1. L'expertise réalisée le 5 juin 2020 par un médecin généraliste mandaté par le ministère des armées dans le cadre de l'instruction de la demande de pension formée par M. B le 3 septembre 2018 expose que le requérant marche sans boiterie notable, sans canne, qu'il fléchit sur ses jambes avec précaution avec une distance main-sol à 30 cm, un indice de Schöber à 10+3, une marche-talon pointe possible mais hésitante, l'absence d'amyotrophie, une antéflexion de la jambe droite à 80°, un Lasègue à 45°, un Léri positif à gauche et des réflexes ostéo-tendineux bilatéraux présents et égaux. S'il résulte également de cette expertise que la cause de l'intensité des névralgies ressenties par M. B n'est pas identifiée, la sciatalgie tronquée gauche du requérant pouvant davantage résulter d'un problème crural que des fractures occasionnées lors de sa chute des escaliers le 27 mars 2018, il n'est pas contesté que les douleurs lombaires du requérant trouvent leur origine dans la fracture de L2 et doivent être ainsi regardées comme des lésions traumatiques, ce que ne conteste pas l'administration. L'expert conclut à une symptomatologie algique prédominante et à une raideur vertébrale modérée, pour laquelle il propose un taux de 20%. Le guide-barème préconise, s'agissant des lésions traumatiques due à des fractures et luxations latentes, sans troubles aucun ou avec douleurs ou paralysie initiales et passagères, un taux de 10 à 30%. Dans ces conditions, l'administration a commis une erreur d'appréciation en rejetant la demande de pension présentée par M. B au titre des séquelles de contusion lombaire. Compte-tenu de ce qui a été exposé ci-avant et de ce que M. B souffre de douleurs et d'une raideur vertébrale modérée, il y a lieu de fixer le taux d'invalidité de cette infirmité à 10%.
4. Il résulte de ce qui précède que la décision du 16 mars 2022 doit être annulée en ce qu'elle a rejeté la demande relative aux séquelles de contusion lombaire de M. B et qu'une pension militaire d'invalidité lui soit versée au titre de cette infirmité sur la base d'un taux d'invalidité de 10% à compter du 3 septembre 2018.
Sur les frais liés au litige :
5. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, la somme de 850 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 16 mars 2022 du ministre des armées est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre des armées d'accorder une pension militaire d'invalidité à M. B au titre de l'infirmité " séquelles de contusion lombaire " sur la base d'un taux d'invalidité de 10% à compter du 3 septembre 2018.
Article 3 : L'État versera une somme de 850 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées et des anciens combattants.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. SimerayLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°2203414
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026