jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2203490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DE FORESTA |
Vu les procédures suivantes :
I/ Par une requête et cinq mémoires complémentaires enregistrés sous le n° 2008703 les 10 novembre 2020, 22 mars 2021, 7 avril 2021, 12 avril 2021, 29 juillet 2022 et 3 janvier 2023, Mme J D, M. H D, M. F B, Mme C B,
Mme I G, M. L G, Mme A de La Motte et
M. K de La Motte, représentés par Me de Foresta, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 mars 2020 par lequel le maire d'Aix-en-Provence a accordé un permis de construire à la SARL Speri pour la rénovation d'une maison individuelle et annexes et la construction d'une maison individuelle et de quatre logements sur la parcelle cadastrée
n° RK 34 sise 110 boulevard des Camus à Puyricard, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 octobre 2021 par lequel le maire d'Aix-en-Provence a délivré un permis de construire modificatif à la SARL Speri ;
3°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2022 par lequel le maire d'Aix-en-Provence a délivré à la SARL Speri un second permis de construire modificatif ;
4°) de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence et de la SARL Speri la somme de 4 000 euros chacune en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
S'agissant du permis de construire délivré le 3 mars 2020 :
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- il n'est pas accompagné de l'attestation de l'architecte visé par le e) de l'article
R.431-16 du code de l'urbanisme ;
- il est imprécis quant à la destination des annexes existantes dont le projet nécessite la démolition ;
- le projet méconnaît le principe d'urbanisation édicté par le règlement du plan local d'urbanisme s'agissant de la zone UM ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UM5 dudit règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UM7 dudit règlement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UM11-5 dudit règlement s'agissant de la pente de toiture de la maison B2 projetée ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UM12 dudit règlement ;
- l'évacuation de l'air ventilé du parking en sous-sol n'est pas conforme à l'article 19 de la circulaire du 3 mars 1975 ;
- le projet nécessitera la suppression de poteaux téléphoniques présents sur la voie alors que le permis ne prévoit aucune prescription sur ce point ;
- il méconnaît l'article II-1.1 du règlement du plan de prévention des risques " Retrait Gonflement des argiles ", dès lors que l'attestation de l'architecte relative à la réalisation d'une étude d'avant-projet est insuffisante.
S'agissant du permis de construire modificatif délivré le 29 octobre 2021 :
- la localisation du local à ordures ménagères sous l'emprise de la rampe d'accès, dans la notice hydraulique, est contredite par la notice architecturale qui mentionne sa présence en bordure du Bd des Camus, sur une parcelle sur laquelle il n'est pas établi une autorisation pour se faire ;
- la surface de la parcelle mentionnée dans ce permis modificatif est différente de celle mentionnée dans le permis initial ;
- plusieurs surfaces mentionnées dans le " tableau des surfaces " sont contradictoires ;
- le volume de dimensionnement de la cuve de rétention calculé est différent entre la notice hydraulique et le tableau mentionné dans l'annexe 1 du dossier de permis ;
- ce permis modificatif apporte des modifications au niveau des fondations du
bâtiment A qui nécessitait une mise à jour de l'étude géotechnique sollicitée par le plan de prévention des risques " Retrait Gonflement des argiles ".
S'agissant du permis de construire modificatif délivré le 7 juin 2022 :
- le projet modifié prévoit une augmentation du volume de rétention des eaux pluviales de 4,9 m³ qui n'est pas justifié par les plans et est toujours en contradiction avec la notice hydraulique ;
- il n'est pas établi que le débit de fuite minimal prévu par le plan local d'urbanisme sera respecté ;
- la méconnaissance de l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas régularisé ;
- il méconnaît l'article II-1.1 du règlement du plan de prévention des risques " Retrait Gonflement des argiles ".
Par trois mémoires en défense enregistrés les 22 février 2021, 30 mars 2021 et
13 décembre 2022, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Andreani, demande au tribunal, à titre principal, de rejeter la requête, à titre subsidiaire de faire application des dispositions de l'article L.600-5 ou de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme et, en toute hypothèse, de mettre à la charge des requérants la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du plan de prévention des risques " Retrait Gonflement des argiles " est irrecevable en application de l'article R.600-5 du code de l'urbanisme ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par quatre mémoires en défense enregistrés les 1er mars 2021, 29 mars 2021 et
15 juin 2022, la SARL Speri, représentée par Me Reboul, demande au tribunal à titre principal de rejeter la requête, à titre subsidiaire de faire application des dispositions de l'article L.600-5 ou de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme et, en toute hypothèse, de mettre à la charge des requérants la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les conclusions dirigées contre le permis de construire modificatif n°1 sont tardives et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
La SARL Speri, représentée par Me Reboul, a présenté un mémoire enregistré le
29 août 2022, qui n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 27 février 2023, a été prononcée, en application des articles R.611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
II/ Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés sous le n°2203490 les
25 avril 2022 et 5 janvier 2023, Mme J D, M. H D, M. F B, Mme C B, Mme I G, M. L G, Mme A de La Motte et M. K de La Motte, représentés par Me de Foresta, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 octobre 2021 par lequel le maire d'Aix-en-Provence a délivré un permis de construire modificatif à la SARL Speri ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence et de la SARL Speri la somme de 4 000 euros chacune en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la localisation du local à ordures ménagères sous l'emprise de la rampe d'accès, dans la notice hydraulique, est contredite par la notice architecturale qui mentionne sa présence en bordure du Bd des Camus, sur une parcelle sur laquelle il n'est pas établi une autorisation pour se faire ;
- la surface de la parcelle mentionnée dans ce permis modificatif est différente de celle mentionnée dans le permis initial ;
- plusieurs surfaces mentionnées dans le " tableau des surfaces " sont contradictoires ;
- le volume de dimensionnement de la cuve de rétention calculé est différent entre la notice hydraulique et le tableau mentionné dans l'annexe 1 du dossier de permis.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2022, la SARL Speri, représentée par Me Reboul, demande au tribunal à titre principal de rejeter la requête, à titre subsidiaire de faire application des dispositions de l'article L. 600-5 ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en toute hypothèse, de mettre à la charge des requérants la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en application des dispositions de l'article L.600-5-2 du code de l'urbanisme ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 décembre 2022, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Andreani, demande au tribunal, à titre principal, de rejeter la requête, à titre subsidiaire de faire application des dispositions de l'article L.600-5 ou de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme et, en toute hypothèse, de mettre à la charge des requérants la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir :
- à titre principal que la requête est irrecevable en application des dispositions de l'article L.600-5-2 du code de l'urbanisme ;
- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 27 février 2023, a été prononcée, en application des articles R.611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,
- les observations de Me de Foresta pour les requérants, de Me Andreani pour la commune d'Aix-en-Provence et de Me Reboul pour la SARL Speri.
Une note en délibéré, présentée dans l'instance n° 2008703, par Me Reboul pour la SARL Speri, a été enregistrée le 14 avril 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 3 mars 2020, le maire d'Aix-en-Provence a délivré à la SARL Speri un permis de construire portant, d'une part, sur la rénovation et l'extension d'un bâtiment existant et de ses annexes pour la réalisation de trois maisons individuelles et, d'autre part, sur la construction d'un bâtiment en R+1 comprenant quatre logements individuels, sur une parcelle cadastrée RK-0034 d'une superficie de 1 606 m² sise 110 boulevard des Camus à Puyricard. Par arrêté du 29 octobre 2021, le maire d'Aix-en-Provence a délivré à la SARL Speri un permis de construire modificatif n°1 puis, par un arrêté du 7 juin 2022, un permis de construire
modificatif n°2.
Sur l'étendue du litige et les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. Par leur requête enregistrée sous le n°2008703, et dans le dernier état de leurs écritures, Mme D et autres demandent au tribunal d'annuler le permis de construire initial du 3 mars 2020 ainsi que le permis de construire modificatif n°1 du 29 octobre 2021 et le permis de construire modificatif n°2 du 7 juin 2022. Par leur requête enregistrée sous le n°2203490, Mme D et autres demandent au tribunal d'annuler le permis de construire modificatif n°1 du 29 octobre 2021.
3. Aux termes de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ".
4. Il résulte de ces dispositions que les parties à une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue sont recevables à contester la légalité d'un permis modificatif, d'une décision modificative ou d'une mesure de régularisation intervenue au cours de cette instance, lorsqu'elle leur a été communiquée, tant que le juge n'a pas statué au fond, sans condition de forme ni de délai.
5. Ayant été produit et communiqué aux requérants dans le cadre de l'instance dirigée contre le permis initial, le permis modificatif du 29 octobre 2021 ne peut être utilement contesté, en application des dispositions précitées de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, que dans le cadre de cette instance. Il s'ensuit que, d'une part, et conformément au principe rappelé au point précédent, il y a lieu de statuer, dans le cadre l'instance n° 2008703, sur les conclusions et moyens dirigés contre ce permis modificatif, présentés par les requérants dans le dernier état de leurs écritures, sans que ne puisse leur être opposée une condition de délai, et que, d'autre part, la requête présentée distinctement sous le n° 2203490 à l'encontre du même permis modificatif est irrecevable.
Sur les conclusions en annulation présentées dans la requête n°2008703 :
6. Aux termes de l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, relatif aux accès et voirie : " () 2° Caractéristiques des voiries 1/Toute construction ou aménagement doit être desservi par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance et à la destination de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles qui y sont édifiés, notamment en ce qui concerne les exigences de sécurité routière, de secours et de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des déchets (). 3/Les voies privées existantes () ouvertes à la circulation publique desservant de nouvelles opérations doivent avoir une emprise minimum () de 5 mètres pour les voies à double sens de circulation. () 5/ Toutefois, les largeurs de voie imposées ci-dessus peuvent être réduites ponctuellement pour conserver des éléments présentant un intérêt paysager ou écologique (arbres, murets de pierres sèches, ) ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle RK-0034, terrain d'assiette du projet en litige, est desservie par le chemin des Camus, voie privée existante à double sens de circulation, propriété de la SCI Les Camus, qui y autorise la circulation par une servitude de passage. La SARL Speri, pétitionnaire, produit au débat un constat d'huissier daté du 5 février 2021 qui procède à quatre mesures de la largeur de la voie, toutes affichant une distance supérieure à 5 mètres. Les requérants produisent quant à eux un rapport réalisé le
14 décembre 2020 par un géomètre expert judicaire près la cour d'appel d'Aix-en-Provence ayant réalisé 10 mesures qui font état d'une largeur de 4,26 mètres à l'intersection entre le chemin des Camus et le boulevard des Camus, en raison de la présence d'un dallage en béton pour un container d'ordures ménagères, mais aussi de 4,84 mètres et de 4,87 mètres ou encore 4,93 mètres à quatre autres endroits, tous compris entre l'accès projeté à la parcelle RK-0034 et l'intersection avec le boulevard des Camus.
8. Il résulte de l'ensemble de ces constatations, qui ne sont pas contradictoires dès lors que les relevés effectués pour le compte des parties ne l'ont pas été aux mêmes endroits, que le chemin des Camus ne présente pas, en plusieurs points, la largeur minimale de 5 mètres prescrite par l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme. La société pétitionnaire ne saurait en outre se prévaloir des dérogations précitées par le 5/ du 2° de l'article UM3, dès lors qu'elle n'établit ni le caractère ponctuel de cette largeur insuffisante, ni même l'intérêt paysager ou écologique justifiant une telle dérogation. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté du 3 mars 2020 par lequel le maire d'Aix-en-Provence a délivré à la
SARL Speri un permis de construire méconnaît les dispositions de l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune ainsi que, par voie de conséquence, les arrêtés des
29 octobre 2021 et 7 juin 2022 valant permis de construire modificatif n°1 et permis de construire modificatif n°2 qui ne régularisent pas un tel vice.
9. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen soulevé par Mme D et autres n'est, en l'état du dossier, susceptible d'entraîner l'annulation des décisions attaquées.
Sur l'application des articles L.600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
10. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées () contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
11. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires ayant conduit à l'adoption de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation, sauf à ce qu'il fasse le choix de recourir à l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme, si les conditions posées par cet article sont réunies. Les dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme permettent au juge de l'excès de pouvoir de procéder à l'annulation partielle d'une autorisation d'urbanisme dans le cas où l'illégalité affecte une partie identifiable du projet et peut être régularisée par une mesure de régularisation.
12. D'une part, le vice mentionné au point 8, tiré de l'insuffisante largeur du chemin des Camus, unique voie desservant le terrain d'assiette du projet et de la méconnaissance des dispositions de l'article UM 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Aix-en-Provence, qui emporte l'impossibilité de réaliser le projet dans son ensemble, n'est pas relatif à une partie identifiable du projet au sens des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme.
13. D'autre part, ce vice ne saurait être régularisé ni au titre des adaptations mineures dont il ne ressort pas des pièces du dossier que les conditions d'application fixées par l'article L.152-3 du code de l'urbanisme pourraient être remplies, ni au titre des dérogations listées aux articles L. 152-4 et suivants du même code. Dans ces conditions, alors que la régularisation suppose un élargissement de la voie et dépend d'actes juridiques sur lesquels le pétitionnaire n'a aucune maîtrise, voire de travaux dont rien ne permet au tribunal de supposer qu'ils seraient effectivement réalisables à une échéance raisonnable, les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 600-5-1 doivent être rejetées.
14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D et autres sont fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 3 mars 2020 par lequel le maire d'Aix-en-Provence a délivré à la SARL Speri un permis de construire ainsi que l'arrêté du 29 octobre 2021 valant permis de construire modificatif n°1 et l'arrêté du 7 juin 2022 valant permis de construire modificatif n°2.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune d'Aix-en-Provence et la SARL Speri demandent au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme D et autres et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 er: La requête n°2203490 de Mme D et autres est rejetée.
Article 2 : Les arrêtés du 3 mars 2020, du 29 octobre 2021 et du 7 juin 2022 par lesquels le maire d'Aix-en-Provence a délivré à la SARL Speri un permis de construire, un permis de construire modificatif n°1 et un permis de construire modificatif n°2 sont annulés.
Article 3 : La commune d'Aix-en-Provence versera à Mme D et autres la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme J D, M. H D, M. F B, Mme C B, Mme I G, M. L G,
Mme A de La Motte et M. K de La Motte, à la SARL Speri, à la SCCV Le Clos de Puyricard et à la commune d'Aix-en-Provence.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Peyrot, premier conseiller.
Assistés de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
P. ELa présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 2008703, 2203490
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026