mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2203493 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ADDEN MEDITERRANEE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés les 25 avril 2022,
29 novembre 2022, 14 février 2023, 13 mars 2023 et 12 avril 2023, M. O P, Mme Q B, Mme E D, M. N K, Mme I K,
Mme R L, M. C J et Mme G F, représentés par
Me Giudicelli, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 26 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Vitrolles a délivré à la SCCV Vitrolles Avenue de Marseille un permis de construire portant sur la construction de cinq bâtiments comprenant 75 logements à destination d'habitation et d'entrepôt, sur un terrain situé avenue de Marseille, ainsi que le rejet implicite du recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vitrolles et de la SCCV Vitrolles Avenue de Marseille une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-leur requête est recevable ;
-le projet en litige est entaché d'incompétence de son auteur ;
- il méconnaît l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme dès lors dès lors que le terrain du projet est soumis à l'autorisation de défrichement ;
- il méconnaît l'article L. 214-1 du code de l'environnement dès lors qu'il aurait dû être précédé d'une déclaration au titre de la loi sur l'eau ;
- il aurait dû faire l'objet d'une évaluation des incidences Natura 2000 ;
- il est de nature à générer d'importantes atteintes à l'environnement ;
-il méconnaît l'article UD6 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
-il méconnaît l'article UD7 du règlement du PLU ;
-il méconnaît l'article UD11 du règlement du PLU ;
-il méconnaît l'article UD12 du règlement du PLU ;
-il méconnaît l'article UD13 du règlement du PLU ;
-il méconnaît l'article R. 431-16 f) du code de l'urbanisme et le règlement du plan de prévention des risques prévisibles " gonflement et argiles " en l'absence de l'étude géotechnique de type G2.
Par un mémoire en désistement, enregistré le 13 mars 2023, M. N K,
Mme I K, M. C J et Mme G F, représentés par
Me Giudicelli, ont déclaré se désister de la présente instance.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 octobre 2022, 27 octobre 2022,
10 février 2023, 23 février 2023 et 3 avril 2023, la SCCV Vitrolles Avenue de Marseille, représentée par Me Gouot, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer, et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 décembre 2022, 24 février 2023 et
4 avril 2023, la commune de Vitrolles, représentée par Me Ladouari, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer, et demande que la somme de
3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérants n'ont pas intérêt à agir ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 février 2024, a été prononcée, en application des articles R.611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
En application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, par une lettre du
6 juin 2024, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de juger que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD13 du règlement du plan local d'urbanisme est fondé, et les a invitées à présenter des observations sur la possibilité de régulariser ce vice.
Des observations en réponse, enregistrées le 10 juin 2024, ont été présentées pour la commune de Vitrolles, représentée par Me Ladouari.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
-les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
-et les observations de Me Giudicelli, représentant les requérants, celles de Me Bezol, représentant la commune de Vitrolles, et celles de Me Gougot, représentant la SCCV Vitrolles Avenue de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 26 octobre 2021, le maire de la commune de Vitrolles a délivré à la SCCV Avenue de Marseille un permis de construire portant sur la construction de cinq bâtiments comprenant 75 logements à destination d'habitation et d'entrepôt, sur un terrain situé avenue de Marseille. Par un courrier en date du 22 décembre 2021 et réceptionné en mairie le
23 décembre 2021, M. P et autres, résidant à proximité du projet, ont sollicité le retrait du permis de construire précité. Ils demandent au tribunal l'annulation de l'arrêté du
26 octobre 2021, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours formé à l'encontre de cet arrêté.
Sur le désistement de M. K, Mme K, M. J et Mme F :
2. Par un mémoire, enregistré le 13 mars 2023, M. K, Mme K,
M. J et Mme F ont déclaré se désister de l'instance. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Vitrolles :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
4. Il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont propriétaires de biens immobiliers faisant face à l'immeuble collectif projeté, qui engendrera, pour eux des nuisances visuelles et sonores et des pertes d'ensoleillement. Alors que la construction envisagée consiste en la réalisation de 75 logements, soit trois bâtiments en R+2 et 4villas mitoyennes en R+1, il ne ressort pas des pièces du dossier que seraient dénuées de réalité les atteintes aux conditions de jouissance de leurs biens invoquées par les requérants. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée d'un défaut d'intérêt pour agir doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Par une délibération en date du 27 mai 2020, transmis au contrôle de légalité le
10 juin 2020, le maire de la commune de Vitrolles a délégué à Mme H M, adjointe au maire et déléguée à l'urbanisme et aménagement, les fonctions liées à l'instruction et à la délivrance des autorisations d'urbanisme et d'utilisation des sols. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué doit être écarté.
7. Aux termes de l'article R. 431-19 du code de l'urbanisme : " " Lorsque les travaux projetés nécessitent une autorisation de défrichement en application des articles L. 341-1, L. 341-3 ou L. 214-13 du code forestier, la demande de permis de construire est complétée par la copie de la lettre par laquelle le préfet fait connaître au demandeur que son dossier de demande d'autorisation de défrichement est complet, si le défrichement est ou non soumis à reconnaissance de la situation et de l'état des terrains et si la demande doit ou non faire l'objet d'une enquête publique ". Aux termes de l'article L. 425-6 du même code : " Conformément à l'article L. 341-7 du nouveau code forestier, lorsque le projet porte sur une opération ou des travaux soumis à l'autorisation de défrichement prévue aux articles L. 341-1 et L. 341-3 du même code, celle-ci doit être obtenue préalablement à la délivrance du permis. ". Aux termes de l'article L. 341-1 du nouveau code forestier : " Est un défrichement toute opération volontaire ayant pour effet de détruire l'état boisé d'un terrain et de mettre fin à sa destination forestière. / Est également un défrichement toute opération volontaire entraînant indirectement et à terme les mêmes conséquences, sauf si elle est entreprise en application d'une servitude d'utilité publique. / () ". Aux termes de l'article L. 342-1 de ce code dans sa version applicable au litige : " Sont exemptés des dispositions de l'article L. 341-3 les défrichements envisagés dans les cas suivants : 1° Dans les bois et forêts de superficie inférieure à un seuil compris entre 0,5 et 4 hectares, fixé par département ou partie de département par le représentant de l'Etat, sauf s'ils font partie d'un autre bois dont la superficie, ajoutée à la leur, atteint ou dépasse ce seuil ; () " et aux termes de l'article L. 342-3 du même code dans sa rédaction applicable au litige: " Nul ne peut user du droit de défricher ses bois et forêts sans avoir préalablement obtenu une autorisation ". Il résulte de l'application combinée de ces dispositions, d'une part, que lorsque le projet nécessite une autorisation de défrichement, cette autorisation doit être obtenue préalablement à la délivrance du permis de construire et, d'autre part, que celle-ci dépend, non pas de la taille de la parcelle sur laquelle s'implante le projet, mais de la superficie du bois dans lequel le projet s'insère.
8. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige s'implante sur une parcelle d'une superficie totale de 8 096 m2 dont la partie Sud, d'une superficie d'environ 4 000 m2, comporte un espace boisé qui ne se situe pas dans le prolongement d'un massif boisé plus conséquent. La superficie de l'espace boisé du projet étant, ainsi, inférieure au seuil de 0,5 hectare fixé par l'article L. 342-1 du nouveau code forestier, la construction envisagée n'est pas soumise à une autorisation de défrichement, ce que la préfecture des Bouches-du-Rhône confirme, par ailleurs, par son attestation en date du 20 octobre 2022. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 425-6 du code de l'urbanisme.
9. Aux termes de l'article R. 431-5 i) du code de l'urbanisme : " i) S'il y a lieu, que les travaux portent sur une installation, un ouvrage, des travaux ou une activité soumis à déclaration en application de la section 1 du chapitre IV du titre Ier du livre II du code de l'environnement ; () ". Aux termes de l'article L. 214-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions des articles L. 214-2 à L. 214-6 les installations, les ouvrages, travaux et activités réalisés à des fins non domestiques par toute personne physique ou morale, publique ou privée, et entraînant des prélèvements sur les eaux superficielles ou souterraines, restitués ou non, une modification du niveau ou du mode d'écoulement des eaux, la destruction de frayères, de zones de croissance ou d'alimentation de la faune piscicole ou des déversements, écoulements, rejets ou dépôts directs ou indirects, chroniques ou épisodiques, même non polluants ". Aux termes des dispositions du tableau annexé à l'article R. 214-1 du code de l'environnement, sont notamment soumises au régime de déclaration ou d'autorisation prévu par les articles L. 214-1 à L. 214-6 du même code les opérations suivantes : " 2. 1. 5. 0. Rejet d'eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol, la surface totale du projet, augmentée de la surface correspondant à la partie du bassin naturel dont les écoulements sont interceptés par le projet, étant : 1° Supérieure ou égale à 20 ha (A) ; 2° Supérieure à 1 ha mais inférieure à 20 ha (D) ".
10. L'article R. 214-1 du code de l'environnement définit la nomenclature des installations, ouvrages, travaux et activités soumis à autorisation ou à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-6 du même code. La rubrique 2.1.5.0, qui concerne les rejets d'eaux pluviales dans les eaux douces superficielles ou sur le sol ou dans le sous-sol, prévoit que le projet dont la surface, augmentée de la surface du bassin versant intercepté par le projet, est supérieure ou égale à 20 ha est soumis à autorisation. Si la surface du projet, augmentée de la surface du bassin versant intercepté par le projet, est supérieure à 1 ha mais inférieure à 20 ha, le projet est soumis à déclaration. La surface du bassin versant intercepté se définit comme la surface correspondant à la surface du bassin versant naturel en amont dont les eaux de ruissellement sont interceptées par le projet. Ainsi, la superficie à prendre en compte pour la détermination du seuil fixé par la rubrique 2.1.5.0 est celle correspondant à l'aire de ruissellement dont les eaux sont collectées et canalisées par les ouvrages et non celle correspondant à la seule surface du projet.
11. Les requérants soutiennent que le projet aurait dû être précédé du dépôt d'un dossier au titre de la loi sur l'eau et de la rubrique 2.1.5 de l'article R. 214-1 du code de l'environnement, dès lors que le bassin versant intercepté correspondrait à la superficie du terrain, soit 8 096 m2, auquel il conviendrait de rajouter 4 298 m2 de surfaces interceptées évoquées par la notice hydraulique. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas même allégué que le projet ait vocation à intercepter les écoulements de l'ensemble du bassin versant. Par suite, le moyen tiré du défaut de déclaration au titre de la loi sur l'eau doit être écarté.
12. Aux termes de l'article R. 431-16 c) du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : c) Le dossier d'évaluation des incidences du projet sur un site Natura 2000 prévu à l'article R. 414-23 du code de l'environnement, dans le cas où le projet doit faire l'objet d'une telle évaluation en application de l'article L. 414-4 de ce code. Toutefois, lorsque le dossier de demande comporte une étude d'impact, cette étude tient lieu de dossier d'évaluation des incidences Natura 2000 si elle satisfait aux prescriptions de l'article R. 414-23 du code de l'environnement, conformément aux dispositions prévues à l'article R. 414-22 de ce code ; () ". Aux termes de l'article L. 414-4 du code de l'environnement : " I. - Lorsqu'ils sont susceptibles d'affecter de manière significative un site Natura 2000, individuellement ou en raison de leurs effets cumulés, doivent faire l'objet d'une évaluation de leurs incidences au regard des objectifs de conservation du site, dénommée ci-après " Evaluation des incidences Natura 2000 " : 2° Les programmes ou projets d'activités, de travaux, d'aménagements, d'ouvrages ou d'installations ; () ".
13. Il est constant que le projet contesté ne se situe pas au sein du site Natura 2000 du plateau de l'Arbois mais à environ 200 mètres dudit site protégé et le secteur, situé entre le projet et le plateau de l'Arbois, est urbanisé. Si les requérants produisent un rapport d'expertise, réalisé en mars 2023, indiquant que la construction envisagée serait seulement susceptible d'avoir des incidences sur le site Natura 2000 et particulièrement sur les chauve-souris et sur l'engoulevent d'Europe présents sur la zone d'étude, ce seul élément ne permet pas d'établir l'existence d'une incidence significative du projet sur le site Natura 2000 évoqué. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article R. 431-16 c) du code de l'urbanisme.
14. Aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'environnement : " I. - Lorsqu'un intérêt scientifique particulier, le rôle essentiel dans l'écosystème ou les nécessités de la préservation du patrimoine naturel justifient la conservation de sites d'intérêt géologique, d'habitats naturels, d'espèces animales non domestiques ou végétales non cultivées et de leurs habitats, sont
interdits : 3° La destruction, l'altération ou la dégradation de ces habitats naturels ou de ces habitats d'espèces ; () ". Aux termes de l'article L. 411-2 du code de l'environnement : " I. - Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions dans lesquelles sont fixées : 4° La délivrance de dérogations aux interdictions mentionnées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 411-1, à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante, pouvant être évaluée par une tierce expertise menée, à la demande de l'autorité compétente, par un organisme extérieur choisi en accord avec elle, aux frais du pétitionnaire, et que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle : c) Dans l'intérêt de la santé et de la sécurité publiques ou pour d'autres raisons impératives d'intérêt public majeur, y compris de nature sociale ou économique, et pour des motifs qui comporteraient des conséquences bénéfiques primordiales pour l'environnement ; () ".
15. Le projet en cause se situe au sein d'une zone urbanisée de la commune de Vitrolles et à une distance d'environ 200 mètres d'une zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF). En soutenant qu'à proximité du terrain d'assiette du projet des espèces animales protégées que sont l'écureuil roux, la huppe fasciée et le rossignol philomène ont été constatées, les requérants ne démontrent pas la nécessité d'une demande de dérogation à l'interdiction de la destruction d'espèces protégées, alors que la notice paysagère du projet particulièrement exhaustive ne fait état d'aucun impact du projet sur l'environnement. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait l'article L. 411-2 du code de l'environnement.
16. Aux termes de l'article R. 431-16 a) du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : a) L'étude d'impact ou la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas dispensant le projet d'évaluation environnementale lorsque le projet relève du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement ou, lorsqu'il s'agit d'une installation classée pour la protection de l'environnement pour laquelle une demande d'enregistrement a été déposée en application de l'article L. 512-7 du même code, le récépissé de la demande d'enregistrement. L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'urbanisme vérifie que le projet qui lui est soumis est conforme aux mesures et caractéristiques qui ont justifié la décision de l'autorité chargée de l'examen au cas par cas de ne pas le soumettre à évaluation environnementale ; () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du code de l'environnement applicable à la date du permis de construire en litige dispose : " II.- Les projets qui, par leur nature, leur dimension ou leur localisation, sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine font l'objet d'une évaluation environnementale en fonction de critères et de seuils définis par voie réglementaire et, pour certains d'entre eux, après un examen au cas par cas ". L'annexe à l'article R. 122-2 du code de l'environnement soumet à examen au cas par cas dans la rubrique 47 : " Premiers boisements et déboisements en vue de la reconversion de sols " les projets relevant du b) : " Autres déboisements en vue de la reconversion des sols, portant sur une superficie totale, même fragmentée, de plus de 0,5 hectare".
17. Comme cela a été dit au point 8 du présent jugement, le projet n'est pas soumis à une autorisation de défrichement. Le plan topographique, établi en mars 2021, précise, en outre, que la surface boisée du projet est de 4 302 m2, ce qui est inférieur au seuil de 0,5 hectare fixé par l'article 47 b) de l'annexe à l'article R. 122-2. En soutenant que le formulaire Cerfa de réponse des services préfectoraux saisis en matière de défrichement et du nota bene qui y figure en bas de page précisent que le projet est soumis à l'examen au cas par cas auprès de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement Provence-Alpes-Côte d'Azur, les requérants ne démontrent pas que la construction projetée nécessitait une évaluation ou une analyse au cas par cas. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît l'article R. 431-16 a) du code de l'urbanisme.
18. Aux termes de l'article UD6.1 du règlement du PLU : " En secteur UDa, les bâtiments doivent être implantés à l'alignement ou avec un recul maximal de 15m par rapport à ce dernier. Des implantations différentes peuvent être autorisées : - pour les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif. - lorsqu'il est nécessaire de sauvegarder un élément intéressant de l'environnement - lorsque la construction projetée doit réaliser une continuité avec les immeubles voisins situés avec un retrait plus important de l'alignement, - pour les piscines qui devront dans tous les cas respecter un recul minimum d'un mètre des limites séparatives ".
19. Il ressort des pièces du dossier que les maisons mitoyennes C/D et le bâtiment A se situent derrière les maisons mitoyennes A/B, implantées avec un recul maximal de 15 mètres par rapport à la voie publique. Alors que les maisons mitoyennes C/D et le bâtiment A se situent en second rang, soit derrière les maisons mitoyennes A/B, leur implantation ne méconnaît pas les dispositions de l'article UD6 précitées qui règlementent l'implantation des bâtiments à l'alignement de la voie publique ou avec un recul de 15 mètres par rapport à ce dernier. Les requérants ne sont ainsi pas fondés à soutenir que les bâtiments contestés méconnaîtraient les dispositions de l'article UD6 du règlement du PLU.
20. Aux termes de l'article UD7.1 du règlement du PLU : " En secteur UDa, les bâtiments situés sur le front de rue doivent être implantés : - soit en ordre continu d'une limite séparative latérale à l'autre ; - soit en ordre semi-continu sur au moins une limite séparative latérale avec un recul minimum de 4m par rapport à l'autre limite séparative latérale et par rapport à la limite séparative de fonds de parcelle. Pour les autres bâtiments, la distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point le plus proche de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces 2 points sans pouvoir être inférieure à 3 mètres. Des implantations différentes peuvent être admises pour les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif ".
21. Il ressort des pièces du dossier que les maisons mitoyennes A/B, implantées derrière le local vélo positionné en front de rue, se situent au-delà de la limite de ce front de rue. Les constructions évoquées qui, compte tenu de leur implantation, ne sont pas considérées comme des bâtiments en front de rue ne méconnaissent pas les dispositions de l'article UD7 précitées qui imposent seulement pour les bâtiments en front de rue d'être implantés, soit en ordre continu d'une limite séparative latérale à l'autre, - soit en ordre semi-continu sur au moins une limite séparative latérale avec un recul minimum de 4 mètres par rapport à l'autre limite séparative latérale et par rapport à la limite séparative de fonds de parcelle.
22. Aux termes de l'article UD11.2 du règlement du PLU : " Les clôtures et portails seront de forme simple. Les clôtures en bordure des voies ne dépasseront en aucun cas 2 m. A seront composées : - soit d'un mur-bahut d'une hauteur maximale de 0,80 m et surmonté d'une grille ou d'un grillage d'une hauteur maximale de 1,20 m. - soit d'un mur plein à condition de permettre de limiter des nuisances particulières (nuisances sonores liées à une voie bruyante (classée par arrêté préfectoral), voisinage avec un espace public ou du mobilier urbain (bancs, arrêts de bus) ou à condition de contribuer à une homogénéité des clôtures au regard des clôtures des parcelles voisines. En limites séparatives, les clôtures pleines sont tolérées sous réserve qu'elles ne dépassent pas 1,80m et qu'elles s'intègrent à l'architecture environnante. () ". Le lexique du PLU définit les clôtures comme " une clôture est ce qui sert à enclore un espace, le plus souvent à séparer deux propriétés : propriété privée et domaine public, ou deux propriété privées. Elle est alors élevée en limite séparative des deux propriétés. Ceci ne saurait toutefois constituer une règle absolue, la clôture pouvant parfois être édifiée en retrait de cette limite pour diverses raisons, notamment le respect des règles d'alignement. Ne constitue en revanche pas une clôture au sens du code de l'urbanisme un ouvrage destiné à séparer différentes parties d'une même unité foncière en fonction de l'utilisation par le même propriétaire de chacune A : espace habitation - espace activité - espace cultivé ; etc. " et les murs de soutènement comme " un mur de soutènement a pour objet de maintenir les terres existantes lorsque les sols des deux fonds riverains ne sont pas au même niveau. Même si le mur a été construit en limite de propriété, il constitue, en raison de sa fonction, un mur de soutènement et non un mur de clôture. Ainsi, les dispositions relatives aux clôtures ne lui sont pas applicables. En revanche, ne constitue pas un mur de soutènement mais un mur de clôture celui qui n'a pas pour objet de corriger les inconvénients résultant de la configuration naturelle du terrain mais qui a pour but de permettre au propriétaire de niveler sa propriété après apport de remblais. Le mur de soutènement peut être surmonté d'une clôture qui est soumise au régime des clôtures ".
23. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création d'un mur de soutènement construit en limite de propriété afin de maintenir les terres existantes et de corriger le terrain naturel en raison de la déclivité. En raison de sa fonction, le mur contesté constitue, au sens du lexique du PLU, un mur de soutènement et non un mur de clôture auquel les dispositions de l'article UD11 ne sont pas applicables. Par suite, le moyen doit être écarté.
24. Aux termes de l'article UD12.2 du règlement du PLU : " Stationnement des véhicules automobiles : 1. Habitat 1 place/ 40m² de surface de plancher (). Pour les lotissements de plus de trois lots, ainsi que pour les ensembles d'habitations collectives, des places de stationnement accessibles librement aux visiteurs seront prévues. Leur nombre devra être suffisant et apprécié au regard de l'importance du projet et des possibilités existantes dans l'environnement immédiat ".
25. Alors que les dispositions de l'article UD12.2, citées plus haut, n'imposaient de créer que 125 places de stationnement, le projet attaqué, d'une surface de plancher de 5 000 m2, prévoit la création de 140 places de stationnement, soit un excédent de 15 places supplémentaires. Par ailleurs, alors également que le règlement du PLU impose un nombre de places de stationnement réservées aux visiteurs au regard de l'importance du projet et des possibilités existantes dans l'environnement immédiat, le projet, qui attribue 13 places de stationnement pour les visiteurs pour un projet comportant 75 logements, n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application de ces dispositions, compte tenu de ce que le projet se situe à 500 mètres environ du centre-ville de Vitrolles et 120 mètres environ d'un arrêt de bus.
26. Aux termes de l'article UD13.1 du règlement du PLU : " Plantations existantes. L'aménagement de l'unité foncière devra tenir compte des plantations existantes et en particulier des arbres de haute tige ; ceux-ci seront maintenus ou bien s'il s'avère impossible de les conserver, remplacer par une autre composition paysagère ou le même nombre d'arbres ".
27. La notice paysagère du projet (PC04) prévoit d'abattre 48 arbres existants et de replanter 41 arbres en remplacement des arbres supprimés, soit un déficit de 7 arbres qui ne seront pas replantés. Si la société pétitionnaire et la commune indiquent vouloir les remplacer par une composition paysagère, l'article UD13 indique expressément que les arbres de hautes tiges seront maintenus ou, s'il s'avère impossible de les conserver, remplacés par le même nombre d'arbres. Par suite, outre le fait que la société pétitionnaire n'apporte aucun élément justifiant qu'il ne serait pas possible de maintenir les arbres de hautes tiges existants, les requérants sont bien fondés à soutenir que le projet méconnaît l'article UD13 du règlement du PLU.
28. Aux termes de l'article 10 des dispositions générales du règlement du PLU : " Modalités d'applications des règles des articles 12. Stationnements 2 roues. L'espace destiné aux vélos devra être aisément accessible depuis les emprises publiques et les voies. Il est recommandé que chaque espace destiné aux 2 roues puisse disposer de dispositifs permettant d'attacher les 2 roues avec un système de sécurité ".
29. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit de créer un local vélo en front de rue et deux locaux dédiés aux vélos en sous-sol au sein du parking, dont l'un de ces locaux en sous-sol serait situé à proximité de la rampe d'accès. Il n'est pas établi que l'espace destiné aux locaux vélos ne serait pas aisément accessible depuis la voie publique, alors qu'il ressort du plan de masse que le projet est desservi par une voie de circulation interne. Il n'est pas non plus démontré que la rampe d'accès au parking entraverait l'accessibilité des vélos. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaîtrait l'article 10 des dispositions générales du règlement du PLU.
30. Aux termes de l'article R. 431-16 f) du code de l'urbanisme dans sa version applicable au litige : " Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ".
31. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de la méconnaissance de cette disposition de s'assurer de la production, par le pétitionnaire, d'un document établi par l'architecte du projet ou par un expert attestant qu'une étude a été menée conformément aux exigences de la règlementation et que ses résultats ont été pris en compte au stade de la conception du projet. Il ne saurait en revanche dans ce cadre porter une appréciation sur le contenu de l'étude et son caractère suffisant au regard des exigences des plans de prévention des risques qui en imposent la réalisation.
32. Les requérants soutiennent que l'attestation établie par l'architecte (PC13) précise qu'aucune étude de type G2 n'a été menée en amont du dépôt de la demande de permis de construire, alors que cette attestation précise qu'une telle étude est programmée. Toutefois, la commune produit une étude géotechnique de conception du type G2 en cause, établie par le cabinet EGSOLSUD au mois de juillet 2020, préalablement au dépôt du permis de construire en date du 30 juin 2021. Ainsi, et alors qu'il n'appartient au juge d'apprécier, s'agissant d'une telle étude, ni son contenu, ni son caractère suffisant au regard des exigences des plans de prévention des risques qui en imposent la réalisation, le moyen tiré de l'absence de réalisation d'une étude géotechnique manque en fait et doit être écarté.
Sur l'application de L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
33. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
34. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article
L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
35. L'illégalité retenue au point 27 du présent jugement qui tient à la méconnaissance de l'article UD13 du règlement du PLU, du fait de l'insuffisante précision du dossier de demande de permis de construire quant aux arbres supprimés et à leur remplacement, constitue un vice entachant d'illégalité l'arrêté en litige. Toutefois, ce vice apparait susceptible de faire l'objet d'un permis de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la SCCV Vitrolles Avenue de Marseille et à la commune de Vitrolles un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire les mesures de régularisation nécessaires.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de M. K,
Mme K, M. J et Mme F.
Article 2 : Il est sursis à statuer sur la requête jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois, à compter de la notification du présent jugement, imparti à la SCCV Vitrolles Avenue de Marseille et à la commune de Vitrolles pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant le vice mentionné aux points 27 et 35 du présent jugement.
Article 3 : Tous droits et moyens sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. O P, Mme Q B, Mme E D, M. N K, Mme I K, Mme R L, M. C J et Mme G F, à la SCCV Vitrolles Avenue de Marseille et à la commune de Vitrolles.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026