jeudi 20 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2203825 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GOUTAL-ALIBERT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mai 2022, Mme A C, représentée par Me Hoffmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 mars 2022 par laquelle le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard a refusé de l'inscrire à l'examen professionnel d'accès au cadre d'emplois d'ingénieur territorial ;
2°) d'enjoindre au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard de l'inscrire à l'examen professionnel d'ingénieur territorial dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision contestée est signée par une autorité qui n'est pas habilitée ;
- aucune condition d'ancienneté pour s'inscrire à l'examen professionnel du cadre d'emplois d'ingénieur territorial n'est imposée par le code général de la fonction publique ;
- le centre de gestion a commis une erreur d'appréciation de son ancienneté dans son poste de directrice des services techniques et informatiques de la commune de Sausset-Les-Pins.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard, représenté par Me Dyens, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est portée devant une juridiction incompétente pour en connaitre ;
- à titre subsidiaire les moyens invoqués par Mme C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 16 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en application des articles R.613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative, au 3 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 2013-593 du 5 juillet 2013 ;
- le décret n° 2016-201 du 26 février 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, rapporteure,
- les conclusions de Mme Pilidjian, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, technicienne territoriale occupant les fonctions de directrice des services techniques et informatiques de la commune de Sausset-Les-Pins depuis le 8 mars 2021 demande au tribunal l'annulation de la décision du 7 mars 2022 par laquelle la directrice générale adjointe du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard a refusé de l'inscrire comme candidate à l'examen professionnel d'accès par la voie de la promotion interne au cadre d'emplois d'ingénieur territorial.
Sur l'exception d'incompétence territoriale soulevée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 312-12 du code de justice administrative : " Tous les litiges d'ordre individuel, y compris notamment ceux relatifs aux questions pécuniaires, intéressant les fonctionnaires () relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire ou agent que la décision attaquée concerne. () / Si cette décision a un caractère collectif (tels notamment les tableaux d'avancement, les listes d'aptitude, les procès-verbaux de jurys d'examens ou de concours, les nominations, promotions ou mutations présentant entre elles un lien de connexité) (), l'affaire relève de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel siège l'auteur de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 221-3 du même code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : () Marseille : Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Bouches-du-Rhône ;() ".
3. La décision attaquée, qui concerne une demande d'inscription à l'examen professionnel d'accès au cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux au titre de l'année 2022, n'a pas de caractère collectif et ne concerne pas des agents affectés ou des emplois situés dans le ressort de plusieurs tribunaux administratifs. Elle est relative à la seule situation personnelle de Mme C et s'analyse par suite comme un litige d'ordre individuel intéressant un fonctionnaire. Elle relève par suite du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire que la décision attaquée concerne. En l'espèce, la requérante est affectée à la commune de Sausset-les-Pins dans le ressort du tribunal administratif de Marseille. Par suite, l'exception d'incompétence territoriale soulevée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par arrêté du 27 janvier 2022, le président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard a donné à Mme B, directrice générale adjointe et signataire de la décision attaquée, une délégation à l'effet de signer les courriers de rejet de candidatures non recevables aux concours et examens professionnels et des courriers portant injonction de compléter les dossiers par la production de pièces manquantes. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte contesté doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 523-1 du code général de la fonction publique territoriale anciennement article 39 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Afin de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent, outre l'accès par concours interne, une proportion de postes qui peuvent être proposés aux fonctionnaires ou aux agents des organisations internationales intergouvernementales pour une nomination suivant l'une des modalités ci-après : 1° Examen professionnel, donnant lieu à l'établissement d'une liste d'aptitude dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière ; () ". ". Aux termes de l'article 16 du décret du 5 juillet 2013 relatif aux conditions générales de recrutement et d'avancement de grade et portant dispositions statutaires diverses applicables aux fonctionnaires de la fonction publique territoriale : " Les candidats peuvent subir les épreuves d'un concours ou d'un examen professionnel prévu aux articles 39 et 79 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée au plus tôt un an avant la date à laquelle ils doivent remplir les conditions d'inscription au tableau d'avancement ou sur la liste d'aptitude au grade ou au cadre d'emplois d'accueil fixées par le statut particulier. " et aux termes de son article 21 : " Les conditions fixées par chaque statut particulier pour l'inscription sur une liste d'aptitude en application de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée s'apprécient au 1er janvier de l'année au cours de laquelle est établie ladite liste. ". Aux termes de l'article 7 du décret du 26 février 2016 portant statut particulier du cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux : " Le recrutement en qualité d'ingénieur intervient après inscription sur les listes d'aptitude établies : () 2° En application des dispositions du 1° de l'article 39 de ladite loi ;() ". Et aux termes de son article 10 : " Peuvent être inscrits sur la liste d'aptitude prévue au 2° de l'article 7 : () 2° Après examen professionnel, les fonctionnaires relevant du cadre d'emplois des techniciens territoriaux qui, seuls de leur grade, dirigent depuis au moins deux ans la totalité des services techniques des communes ou des établissements publics de coopération intercommunale de moins de 20 000 habitants dans lesquels il n'existe pas de membres du cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux ".
6. Il résulte de ces dispositions que les techniciens territoriaux qui sont seuls de leur grade dans une commune dans lesquels il n'existe pas de membre du cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux doivent justifier diriger depuis deux années au moins à la date de l'inscription sur liste d'aptitude la totalité des services techniques d'une commune de moins de 20 000 habitants pour passer l'examen professionnel d'accès au cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux. Cette condition s'apprécie au 1er janvier de l'année au cours de laquelle est établie la liste d'aptitude issue dudit examen professionnel. Ils peuvent subir les épreuves de cet examen professionnel au plus tôt une année avant la date à laquelle ils doivent remplir les conditions d'inscription.
7. En l'espèce, il est constant que Mme C est seule de son grade au sein de la commune de Sausset-les-Pins, commune de moins de 20 000 habitants, ne comptant aucun membre du cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux. Toutefois, elle ne pouvait remplir la condition de deux années d'ancienneté sur le poste exigée par l'article 10 du décret du 26 février 2016 précité que le 8 mars 2023 car elle n'occupait les fonctions de directrice des services techniques et informatiques que depuis le 8 mars 2021. Ainsi, à la date d'inscription sur la liste d'aptitude établie au 1er janvier 2023 après l'examen professionnel d'accès au cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux organisé au cours de l'année 2022, elle ne pouvait justifier de deux ans d'ancienneté. Par suite, le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard a pu, sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation, opposer à Mme C la circonstance qu'elle ne remplirait pas les conditions requises au 1er janvier 2023, et refuser de ce fait sa candidature à l'examen professionnel d'accès au cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux par voie de promotion interne prévu en 2022.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions présentées par la requérante à fin d'injonction.
Sur les frais d'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme C la somme de 800 euros à verser au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Mme C versera au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard la somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au centre de gestion de la fonction publique territoriale du Gard.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Fabre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.
La rapporteure,
signé
F. Le Mestric
La présidente,
signé
M.L. Hameline
La greffière
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026