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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2203901

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2203901

vendredi 8 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2203901
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantRAMUZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mai 2022, M. C A, représenté par Me Ramuz, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 mai 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, l'a informé qu'il fait l'objet d'un signalement sur le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux années ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans l'attente du réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à

compter de la décision à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre une somme de 1 000 euros à la charge de l'État en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision d'obligation de quitter le territoire français :

En ce qui concerne la légalité externe :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice substantiel de procédure dès lors qu'elle a été prise en violation du principe du contradictoire, principe général du droit de l'Union européenne ;

- il n'est pas établi que l'auteur de la décision attaquée avait compétence pour le faire, ni que sa délégation de signature a été régulièrement publiée.

En ce qui concerne la légalité interne :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme ;

Sur le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- la décision de refus de délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'illégalité dès lors que la décision d'obligation de quitter le territoire français est elle-même illégale ;

- la décision de refus de délai de départ volontaire est illégale dès lors que le requérant ne présente pas de risque de fuite et exerce une activité professionnelle.

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle ne cite pas l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant refus de séjour étant entachée d'illégalité, la décision portant obligation de quitter le territoire qui en est la décision subséquente est nécessairement dépourvue de base légale ;

- la décision fixant le pays de destination a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme, le renvoi du requérant au Maroc faisant courir un risque pour sa vie ;

Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

- la décision attaquée ne contient aucune motivation concernant l'interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans ;

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est illégale, dès lors que la décision refusant un délai de départ volontaire sur laquelle elle se fonde est elle-même illégale ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en prononçant la décision attaquée dès lors que le requérant dispose en France d'une activité professionnelle stable et y dispose d'attaches familiales et privées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mai 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les observations de Me Ramuz, représentant M. A,

- le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Une note en délibéré a été produite le 15 juin 2022 pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant marocain, demande au Tribunal d'annuler l'arrêté du 8 mai 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, l'a informé qu'il fait l'objet d'un signalement sur le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux années.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. Didier Mamis, secrétaire général pour les affaires régionales, qui a régulièrement reçu délégation de signature du préfet des Bouches-du-Rhône, pour signer les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français, les refus de séjour, les décisions fixant le délai de départ volontaire et le pays de destination le 6 mai 2022, publié le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait et ne peut qu'être écarté.

3. En second lieu, l'arrêté du 8 mai 2022, qui vise, notamment la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et en particulier ses articles 3 et 8, les règlement (CE) n° 1987/2006 et 2016/399 du Parlement européen et du Conseil des 20 décembre 2010 et 9 mars 2016, le code des relations entre le public et l'administration et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise que M. A, non titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, n'a pu justifier être entré régulièrement sur le territoire français, muni du visa normalement requis, prévu par l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté précise également qu'il ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, qu'il est célibataire, ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant mineur, qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, ni ne dispose de garanties de représentation suffisantes et d'un passeport en cours de validité. Dans ces conditions, et dès lors que le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments de fait caractérisant la situation de l'intéressé, l'arrêté contesté, comprenant l'obligation de quitter le territoire, la décision de refuser un délai de départ volontaire, celle fixant le pays de destination et celle prononçant une interdiction de retour comporte de façon suffisamment circonstanciée l'indication des motifs de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a pu exposer sa situation personnelle et familiale lors du procès-verbal d'audition préalable à la mesure d'éloignement, en date du 7 mai 2022. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise en violation du principe du contradictoire, prévu par la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

6. Si M. A déclare avoir résidé en France depuis novembre 2016, il ne l'établit pas. Il ne justifie pas non plus de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France. Par ailleurs, s'il indique qu'il est le père d'un enfant mineur et soutient que sa mère a refusé qu'il le reconnaisse, il ne l'établit pas. Il ne justifie pas non plus contribuer effectivement à son entretien et à son éducation. Enfin, même s'il a déclaré avoir un frère résidant en France, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. En outre, s'il déclare travailler auprès de nombreux maîtres d'œuvre qui peuvent attester de ses compétences, il ne produit aucun contrat de travail ou fiches de paie de nature à apporter la preuve de son insertion professionnelle en France.

7. Par suite, le requérant, dans ces circonstances, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et par là-même, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne le refus de lui accorder un délai de départ volontaire :

8. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° II existe un risque que l'étranger se soustrait à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du code précité : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour/ () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (). "

9. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France irrégulièrement et qu'il n'a pas demandé de titre de séjour. Pour ce seul motif, prévu au 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et qui permet de neutraliser le cas échéant celui tiré d'une insuffisance des garanties de représentation, le préfet des Bouches-du-Rhône pouvait refuser d'accorder à M. A un délai pour quitter le territoire français sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation. Le requérant ne dispose non plus d'aucun document de voyage en cours de validité. S'il produit à l'instance un bail d'habitation pour justifier qu'il dispose d'un domicile, il ressort des pièces du dossier qu'il a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement en 2016 à laquelle il a déclaré ne pas avoir obtempéré. Enfin, la circonstance que le requérant exerce une activité professionnelle, au demeurant non établie par la production d'un contrat de travail ou de feuilles de paie, ainsi qu'il a été dit, est sans incidence sur la régularité de la décision attaquée. Par suite, le risque de fuite était parfaitement avéré.

10. En second lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, M. A n'est pas fondé à exciper de son illégalité pour demander l'annulation de la décision de refuser de lui accorder un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

11. Aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Aux termes de l'article L. 721-3 du même code : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 721-4 de ce code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Cet article 3 dispose : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ". Ces dispositions combinées font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un État pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que celui-ci s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne soit du fait des autorités de cet État, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'État de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.

12. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet des Bouches-du-Rhône, après avoir visé les dispositions des articles L. 612-2, L. 612-3 L. 721-4 et L. 722-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel M. A doit être renvoyé, à savoir " le pays dont il a la nationalité ou qui lui a délivré un titre de voyage en cours de validité ou () tout autre pays dans lequel il établit qu'il est légalement admissible " , après avoir rappelé que l'intéressé n'établissait pas être exposé à des peines ou traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Contrairement à ce que soutient M. A, cette motivation, notamment en droit, est suffisante. Par suite, le moyen doit être écarté.

13. En deuxième lieu, à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination de son éloignement, M. A se borne à soutenir qu'il craint pour sa vie en cas de retour au Maroc, à cause du racisme qui y sévit, sans apporter au soutien de ses allégations aucun commencement de preuve. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

14. En troisième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, M. A n'est pas fondé à exciper de son illégalité pour demander l'annulation de la décision de fixer le pays de destination.

En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

15. Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "

16. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée indique que M. A déclare être entré en France en 2016 et ne démontre pas y avoir habituellement résidé

depuis cette date, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il est célibataire, ne justifie ni contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de son

enfant mineur ni être dépourvu d'attaches personnelles ou familiales dans son pays d'origine, où

réside sa famille, nonobstant la présence d'un frère en France et qu'il n'a pas exécuté spontanément la mesure d'éloignement prise à son encontre le 18 février 2016. Par suite, contrairement à ce que soutient M. A, cette motivation est suffisante, au regard des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

17. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit, M. A n'établit pas exercer une activité professionnelle stable en France ni, à l'exception d'un frère, y disposer d'attaches familiales et privées. Par suite, le moyen selon lequel le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en prononçant une interdiction de retour d'une durée de deux ans manque en fait et doit être écarté.

18. En troisième lieu, la décision refusant un délai de départ volontaire n'étant pas illégale, M. A n'est pas fondé à exciper de son illégalité pour demander l'annulation de la décision de fixer le pays de destination.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE:

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

A-D B La greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet de l'Aude en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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