mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2203998 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 mai 2022 et 22 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Ganne, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 6 avril 2022 par laquelle le ministre de la transition écologique, de la cohésion des territoires et de la mer a rejeté sa demande de réexamen du montant de son complément indemnitaire annuel (CIA) au titre de l'année 2021 et la décision fixant le montant de son CIA à 365 euros au titre de l'année 2021 révélée par le bulletin de paie de décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au ministre de la transition écologique, de la cohésion des territoires et de la mer de procéder au réexamen de sa demande, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 770 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par ordonnance du 22 novembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 6 décembre 2024.
Des mémoires en défense ont été produits par le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires le 31 décembre 2024 et le 2 janvier 2025, postérieurement à clôture de l'instruction, et n'ont pas été communiqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- l'arrêté du 5 novembre 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fayard, rapporteure,
- les conclusions de M. Trébuchet, rapporteur public,
- et les observations de Me Ganne, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ingénieur des travaux publics de l'Etat (ITPE), a exercé jusqu'en 2022 au sein de la direction interdépartementale des routes Centre-Est. Il doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 avril 2022 par laquelle le ministre de la transition écologique, de la cohésion des territoires et de la mer a rejeté sa demande de réexamen du montant de son complément indemnitaire annuel (CIA) au titre de l'année 2021 et la décision fixant le montant de son CIA à 365 euros au titre de l'année 2021 révélée par le bulletin de paie de décembre 2021.
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret ". L'article 4 du même décret précise que : " Les fonctionnaires mentionnés à l'article 1er peuvent bénéficier d'un complément indemnitaire annuel qui tient compte de l'engagement professionnel et de la manière de servir, appréciée dans les conditions fixées en application de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ". Aux termes de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors en vigueur : " L'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct, qui donne lieu à un compte rendu () "/ Il est compris entre 0 et 100 % d'un montant maximal par groupe de fonctions fixé par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. / Le complément indemnitaire fait l'objet d'un versement annuel, en une ou deux fractions, non reconductible automatiquement d'une année sur l'autre ".
3. En outre, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 5 novembre 2021 portant application au corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat et aux emplois d'ingénieur en chef des travaux publics de l'Etat du 1er groupe et du 2e groupe des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat: " Le corps des ingénieurs des travaux publics de l'Etat et les emplois d'ingénieur en chef des travaux publics de l'Etat du 1er groupe et du 2e groupe régis par les décrets du 30 mai 2005 susvisés bénéficient des dispositions du décret du 20 mai 2014 susvisé. ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Les dispositions du présent arrêté entrent en vigueur le 1er janvier 2021. ". En outre, l'article 5 de cet arrêté : " Les montants annuels maximaux, mentionnés à l'article 4 du décret du 20 mai 2014 susvisé, du complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir sont fixés ainsi qu'il suit : groupe 1 : 8 280 euros, groupe 2 : 7 110 euros, groupe 3 : 6 350 euros et groupe 4 : 5 550 euros ".
4. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le CIA est versé à titre facultatif et qu'il est, le cas échéant, modulé en fonction de l'engagement professionnel et de la manière de servir de l'agent concerné au vu de son compte-rendu d'entretien professionnel au titre de l'année concernée. En outre, si la manière de servir de l'agent ne peut être prise en compte que dans le cadre de son évaluation annuelle, son engagement professionnel peut toutefois être apprécié au regard d'autres critères.
5. Pour fixer à la somme de 365 euros le montant du CIA de M. A au titre de l'année 2021, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, dans sa lettre du 6 avril 2022, indique que le CIA servi à l'ensemble des agents concernés par l'année de première application du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel au titre de l'année 2021 devait être forfaitairement déterminé en fonction du corps et du grade de l'agent, sans par suite tenir compte de l'engagement professionnel et de la manière de servir des intéressés ainsi que le prescrivent les dispositions précitées du décret du 20 mai 2014. Par suite, M. A est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'erreur de droit.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 6 avril 2022 par laquelle le ministre de la transition écologique, de la cohésion des territoires et de la mer a rejeté sa demande de réexamen du montant de son CIA au titre de l'année 2021 et la décision fixant le montant de son CIA à 365 euros au titre de l'année 2021 révélée par le bulletin de paie de décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique que le ministre de la transition écologique, de la cohérence des territoires et de la mer procède au réexamen du montant du CIA accordé à M. A au titre de l'année 2021 au regard de son engagement professionnel et de sa manière de servir, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a cependant pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 770 euros à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision fixant le montant de son complément indemnitaire annuel au titre de l'année 2021 à 365 euros révélée par le bulletin de paie de décembre 2021 ainsi que la décision du 6 avril 2022 refusant de réexaminer ce montant sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de la transition écologique, de la cohérence des territoires et de la mer de procéder au réexamen du montant du CIA accordé à M. A au titre de l'année 2021 au regard de son engagement professionnel et de sa manière de servir dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 770 euros à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de la transition écologique, de la cohésion des territoires et de la mer.
Délibéré après l'audience du 13 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
M. Cabal, premier conseiller,
Mme Fayard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
La rapporteure,
Signé
A. FAYARD
Le président,
Signé
F. SALVAGE La greffière
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de la cohésion des territoires et de la mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026