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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2204008

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2204008

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2204008
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantMAZEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 mai 2022, le 10 mars 2023 et le 28 avril 2023, M. B A, représenté par Me Mazel demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 novembre 2021 par lequel le maire de Marseille a délivré à la SAS OZ Invest un permis de construire un immeuble de 9 logements sur un terrain situé 10 rue Robert Jean ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 12 janvier 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille et de la SAS Oz Invest la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est recevable ;

- la décision contestée est signée par un auteur incompétent ;

- elle méconnait l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme ;

- elle viole l'article UC 4 a) du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;

- elle viole l'article UC 7 du même règlement ;

- elle viole l'article UC 9g) du même règlement ;

- elle viole l'article UC 10 du même règlement ;

- elle viole l'article UC 12 du même règlement.

Par des mémoires, enregistrés le 16 janvier 2023, le 7 avril 2023 et le 5 mai 2023, la SAS Oz Invest, représentée par Me Bineteau, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et, en toutes hypothèses, demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive ;

- les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2023, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 12 décembre 2023, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,

- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique,

- et les observations de Me Mazel, représentant M. A et de Me Borderieux, représentant la SAS Oz Invest.

Considérant ce qui suit :

1. Le 12 novembre 2021, la SAS Oz Invest a obtenu un permis de construire en vue de construire un bâtiment de 9 logements sur un terrain sis 10 rue Robert Jean à Marseille. Le 12 janvier 2022, M. A a demandé le retrait de cette autorisation auprès du maire qui n'a pas répondu. Par la présente requête, l'intéressé demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 12 novembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par Mme D C, 11ème adjointe au maire en charge de l'urbanisme et du développement harmonieux de la ville, qui disposait d'une délégation de signature consentie par le maire de Marseille par arrêté du 24 décembre 2020, régulièrement publié et affiché, à l'effet de signer, notamment les actes relatifs à l'urbanisme et au droit du sol. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ". Aux termes de l'article R. 423-53 du même code : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie. ".

4. La commune de Marseille a produit une attestation de saisine en date du 12 juillet 2021 de la direction de la voirie de la Métropole dans le cadre de l'instruction du permis de construire en litige. Cette attestation indique qu'un avis favorable tacite est né de l'absence d'observations sur la modification des accès du projet à la voie publique. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées et de l'incomplétude du dossier de demande d'autorisation doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article UC 7 a) du règlement du PLUi : " En l'absence de polygone constructible sur le règlement graphique, l'emprise au sol au sens du présent PLUi* de la totalité des constructions est inférieure ou égale à : - en UCt1, 20 % de la surface du terrain* ; - dans les autres zones, 30 % de la surface du terrain*. Les locaux techniques* ne sont pas concernés par cette disposition ". Le lexique du PLUI définit l'emprise au sol comme la " Surface résultante de la projection verticale des volumes des constructions (y compris les avant-corps* et les constructions annexes* dont les piscines) qui s'élèvent à 60 centimètres ou plus par rapport au terrain fini*, à l'exception : - des saillies* sur les 2,5 premiers mètres d'avancée (au-delà, l'avancée de ces saillies** constitue de l'emprise au sol) ; - des ornements tels que les éléments de modénature* et les marquises ; - des murs de clôture, des murs de plateforme* et des murs de soutènement* - et des pergolas* telles que définies par le lexique " et les saillies comme un " Elément de la construction en débordement ponctuel de la façade (mais pouvant se répéter à chaque étage) et sans appui au sol à l'exception des corniches, modénatures* et appuis de fenêtre. Il peut donc s'agir de balcons, d'auvents, de bow-windows ".

6. Il ressort des plans de coupe qu'aucun balcon ne dépassent une largeur de 2, 50m, ils ne devaient donc pas être pris en compte dans le calcul de l'emprise au sol, qui a été calculée à bon droit à une superficie de 166, 98m². Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article UC 7 a) du même règlement : " En l'absence de polygone constructible sur le règlement graphique, la distance (d) mesurée horizontalement entre tout point d'une construction et le point le plus proche d'une limite séparative* est supérieure ou égale et à la moitié de la différence d'altitude (DA) entre ces deux points sans être inférieure à 3 mètres soit : d = DA/2 et d = 3 mètres. L'altitude de la limite doit être mesurée au niveau du fonds voisin et non au niveau du terrain* du projet ".

8. Le projet respecte les distances minimales autorisées par rapport aux limites séparatives, dès lors que la prise en compte de la côte 63, 27 correspond à celle du terrain naturel de la parcelle voisine en contrebas et à l'aplomb du mur de clôture ainsi que cela ressort du plan de coupe AA. Par suite, la toiture, la terrasse et les gardes corps sont implantés en application des dispositions précitées et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 7 a) doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article UC 9 g) du même règlement : " " Sur les façades donnant sur un espace public ou privé ouvert au public, les installations techniques* doivent être encastrées, sans saillie* par rapport au nu de la façade, de façon à être intégrées à la construction ou dissimulées. (..) ".

10. Le requérant ne peut utilement soutenir que l'implantation du local poubelle au Nord-Est du projet le long de la voie de desserte méconnaitrait les dispositions précitées, qui ne s'appliquent qu'aux installations techniques, telles les antennes, cheminées, appareils énergétiques et non aux locaux techniques dont font partie les locaux à ordures ménagères au sens du lexique du PLUi. Par suite, le moyen ne saurait être accueilli.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article UC 10 du même règlement : " " () b) La surface totale des espaces végétalisés* est supérieure ou égale à 60 % de la surface du terrain*. () d) Dans le cadre de l'application des articles 10b) et 10c) précédent, la surface totale des espaces de pleine terre* est supérieure ou égale aux deux tiers de la surface totale des espaces végétalisés* exigés. () ". Le lexique du PLUI définit les espaces végétalisés comme une " " Surface totale des espaces libres* constitués : ' des espaces au sol végétalisés (hormis les espaces sous saillies) ; ' et des dalles de couverture, dont la hauteur par rapport au terrain naturel est inférieure ou égale à 60 centimètres, qui sont végétalisées, à condition que l'épaisseur de terre végétale qui les recouvre soit au moins égale à 50 centimètres ". Il définit les espaces de pleine terre comme " Surfaces perméables qui laissent infiltrer l'eau jusqu'au centre de la terre, sans rencontrer d'obstacle en sous-sol autres que les ouvrages d'infrastructure et d'équipements urbains (tunnels, canalisation). Les espaces de pleine terre* sont donc mesurés en déduisant notamment, de la surface totale du terrain* : () - les autres surfaces imperméables telles que les bassins de rétention à fond imperméable, les piscines, les aires de stationnement et voies bitumées(). ".

12. En l'espèce, la circonstance que la notice hydraulique indique un rejet préférentiel dans le caniveau en raison de la faible perméabilité du terrain ne démontre pas que le bassin de rétention serait imperméable. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 10 doit être écarté.

13. En dernier lieu, aux termes de l'article UC 12 du même règlement : " Pour accueillir une construction nouvelle, un terrain* doit être desservi par une emprise publique* ou une voie*, existante ou créée, dans le cadre du projet et dont les caractéristiques permettent de satisfaire : - aux besoins des constructions et aménagements ; - et aux exigences de sécurité routière, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des ordures ménagères ".

14. En l'espèce, le projet consiste en la construction de 9 logements avec un accès aux 9 places de stationnements situées en sous-sol large et sans obstacle de visibilité assorti d'un accès piétons clairement dissocié de l'entrée parking. Le projet sera desservi par la rue Robert François, voie de 3 m environ de large, à double sens. Avec trottoir, cette voie présente toutefois une largeur de 6 m environ. Elle dessert pour le reste d'autres maisons individuelles, et ne subit pas un flux important de circulation. Dans ces conditions, la voie de desserte répond aux besoins de la future construction et aux exigences de la sécurité routière et de la défense contre l'incendie. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance des accès et desserte ne peut qu'être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation des décisions contestées doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros à verser à la SAS Oz Invest au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : M. A versera à la SAS OZ Invest une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la SAS Oz Invest et à la commune de Marseille.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président,

Mme Le Mestric, première conseillère,

Mme Fayard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.

La rapporteure,

Signé

F. LE MESTRIC

Le président,

Signé

F. SALVAGE La greffière

Signé

F. FOURRIER

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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