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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2204016

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2204016

mardi 11 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2204016
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantDECAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 mai 2022, Mme C A, représentée par Me Decaux, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21janvier 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans cette attente un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros, à verser à Me Decaux qui s'engage dans ce cas à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :

- la décision est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de communication de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ce qui ne la met pas en mesure de s'assurer ni que cet avis a été effectivement recueilli dans le respect des exigences de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni d'en identifier les auteurs ;

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa demande ;

- la décision est entachée d'erreurs de droit en ce que le préfet s'est estimé lié par l'avis de l'autorité médicale et en ce qu'il retient le seul critère de l'existence d'un traitement approprié sans vérifier la disponibilité et l'accessibilité du traitement ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que d'une part le traitement médical qui lui est nécessaire ne lui est pas accessible au Sénégal et où d'autre part, elle justifie en tout état de cause de circonstances humanitaires exceptionnelles ;

- la décision de refus de séjour en litige contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- le préfet a méconnu les dispositions du 9° de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 8 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 septembre 2022 à 12 heures.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique du 27 septembre 2022 le rapport de M. D.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C A, de nationalité sénégalaise, née en 1966, a sollicité, le 26 juillet 2021, son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 21 janvier 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à sa demande et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle établit être légalement admissible. Mme A en demande l'annulation.

En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 21 janvier 2022 est signé par M. E B, chef du bureau de l'éloignement du contentieux et de l'asile à la direction des migrations, de l'intégration et de la nationalité de la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui bénéficiait à cet effet d'une délégation de signature accordée par arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 31 août 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Bouches-du-Rhône le 1er septembre 2021. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. ( )". L'article R. 425-12 du même code prévoit que : "Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. ()". Aux termes de l'article R. 425-13 dudit code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () L'avis est transmis au préfet territorialement compétent, sous couvert du directeur général de l'office.".

4. En l'espèce, l'arrêté en litige vise l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 14 octobre 2021, que le préfet des Bouches-du-Rhône, qui n'était pas tenu de le communiquer à Mme A ni avant ni après l'édiction dudit arrêté, a produit dans le cadre de la présente instance permettant tant à la requérante qu'au juge de vérifier que ledit collège a été effectivement saisi. Par ailleurs, cet avis est signé par les trois médecins du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Il suit de là que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.

5. En visant notamment l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en relevant que l'état de santé de Mme A ne nécessite pas son maintien sur le territoire dès lors qu'elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié au Sénégal l'arrêté indique de manière suffisamment précise les motifs de fait et de droit pour lesquels le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de titre de séjour de Mme A. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.

6. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Bouches-du-Rhône se serait cru tenu par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration pour refuser le titre de séjour demander. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ".

8. Il résulte des dispositions énoncées au point précédent qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou à l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

9. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle.

10. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

11. Il ressort des pièces du dossier que par un avis du 14 octobre 2021, le collège de médecins de l'Office Français de l'immigration et de l'intégration a estimé que si l'état de santé de la requérante nécessite des soins dont le défaut de prise en charge pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine vers lequel elle peut voyager sans risque, ce que conteste la requérante. Il ressort des pièces du dossier que Mme A souffre d'un diabète de type 2, d'une hypertension artérielle et est atteinte du virus du VIH. Elle bénéficie de traitements médicamenteux pour traiter le diabète et l'hypertension lesquels comportent respectivement les médicaments nommés STAGID et JANUVIA dont les principes actifs sont la metformine et la sitaglipine et les médicaments nommés VERAPAMIL, bloqueur des canaux calciques et COVERSYL. Elle bénéficie également de suivis pluridisciplinaires et notamment de rendez-vous de suivi afin de surveiller sa charge virale. Si la requérante produit l'enquête continue sur la prestation des services de soins de santé au Sénégal réalisée en 2019 qui fait état d'une disponibilité de la metformine dans 17 % des établissements publics et de la disponibilité seule de bloqueurs des canaux calciques pour traiter les maladies cardio-vasculaires dans 48 % des établissements publics de soins, elle ne démontre pas par cette production que tous les médicaments qui lui sont prescrits sont indisponibles et a fortiori que les médicaments qui ne lui seraient pas disponibles ne seraient pas substituables. En outre, la requérante qui évoque l'absence de thérapie antirétrovirale au Sénégal ne peut valablement s'en prévaloir dès lors qu'elle présentait une charge virale indétectable depuis le mois d'avril 2021 et qu'elle ne suivait aucun traitement. En tout état de cause, selon les termes de l'enquête continue, une surveillance comprenant des consultations et des examens biologiques sont disponibles dans les établissements de santé sénégalais. Enfin, en soutenant qu'elle ne pourrait bénéficier de soins en raison de l'insuffisance de ses ressources et en citant plusieurs articles de chercheurs en sciences sociales datant de 2021 qui font état de dépenses de santé s'élevant à 15 à 30 jours de dépenses quotidiennes pour un ressortissant sénégalais, elle n'établit pas qu'elle ne pourrait bénéficier de l'aide de sa famille, ses trois enfants ayant affirmé par des attestations récentes de leur contribution passée et future à la prise en charge financière de l'ensemble des besoins de leur mère. En dernier lieu, si la requérante indique souffrir d'arthropathie dégénérative et produit le certificat médical du docteur F, médecin généraliste du 30 avril 2021 qui fait état d'un besoin d'une assistance en raison d'une perte d'autonomie due à une diminution de ses capacités physiques, elle ne justifie pas, compte tenu des termes généraux et peu circonstanciées de ce seul certificat, que la présence de ses enfants français à ses côtés serait indispensable au regard de son état de santé. Dans ces conditions, la requérante, qui ne démontre pas que le préfet aurait commis une erreur de droit et un défaut d'examen particulier en n'examinant que le critère du traitement approprié et n'établit pas davantage que le préfet aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, elle ne justifie pas de circonstances humanitaires exceptionnelles nonobstant le suivi médical important qui est le sien en France dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité dès lors qu'elle ne démontre pas ainsi qu'il vient d'être dit qu'un traitement adéquat ne lui est pas accessible dans son pays d'origine.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ".

13. Mme A, célibataire et âgée de 63 ans à la date de l'arrêté, ne justifie pas de l'ancienneté, de la stabilité et de l'intensité de ses liens en France dès lors que si elle se prévaut de la nationalité française de son père et de deux de ses enfants majeurs ainsi que de la situation régulière de son troisième enfant, elle n'est entrée en France que récemment, le 2 décembre 2019, afin d'y bénéficier de soins de santé, après avoir passé 60 ans dans son pays d'origine où elle a notamment été suivie pour son diabète. Ainsi, elle ne démontre pas être dépourvue de toutes attaches familiales ou personnelles au Sénégal où résiderait notamment, selon ses dires, sa mère âgée de 90 ans. En outre, comme il a été dit précédemment, elle n'établit pas que ses enfants ne pourraient pas lui rendre visite au Sénégal ni qu'ils ne pourraient pas continuer de pourvoir à ses besoins depuis la France. Ainsi, au regard notamment de la durée et des conditions de séjour de la requérante, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que la décision de refus de séjour qui lui a été opposée a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concernent l'obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de destination :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'illégalité du refus de titre de séjour doit être écarté.

15. En second lieu, et pour les motifs exposés précédemment, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté, en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français, méconnaît tant les dispositions de l'article L. 611-3 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté litigieux du 21 janvier 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées aux fins d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E:

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Simeray, première conseillère,

Mme Devictor, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.

Le président-rapporteur,

signé

P-Y D

L'assesseure la plus ancienne,

signé

C. Simeray

La greffière,

signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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