mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2204072 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUINSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2022, M. A C, représenté par Me Quinson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français à destination du pays dont il a la nationalité ainsi que d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence lui permettant de travailler dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer pendant cet examen, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, dans les mêmes conditions d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 500 euros hors taxes et 1 800 euros toutes taxes comprises au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation de son conseil à percevoir l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :
- en s'abstenant de saisir la commission du titre de séjour, le préfet a commis un vice de procédure en méconnaissance de l'article L. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa demande et a entaché sa décision d'une erreur de fait ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à sa présence continue depuis le mois d'octobre 2009 au regard du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- la décision est également entachée d'une erreur d'appréciation et porte au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des dispositions de l'article 6 alinéa 1-5) de l'accord franco-algérien précité, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît également les dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa demande et a entaché sa décision d'une erreur de fait ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'illégalité par exception de l'inconventionnalité de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet méconnaît l'étendue de sa compétence en s'estimant à tort lié par les textes en fixant de manière systématique le délai de départ volontaire à trente jours ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour d'une durée de deux ans :
- la décision est entachée d'un détournement de procédure dès lors que le préfet a édicté une nouvelle décision portant interdiction de retour sans même examiner la demande de retrait de la précédente mesure d'interdiction de retour dont il faisait précédemment l'objet ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation, est disproportionnée et méconnaît les dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est également entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
- la mesure de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ayant pour conséquence de rendre impossible l'obtention d'un visa d'entrée dans l'espace Schengen, constitue une mesure d'expulsion automatique de cet espace.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 8 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 septembre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la convention d'application de l'accord de Schengen, signée le 19 juin 1990 ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique le rapport de M. B et les observations de Me Quinson pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien, né en 1985, a sollicité le 5 juillet 2021 la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'un an sur le fondement de l'article 6-1 1) de l'accord franco- algérien. Par un arrêté du 11 avril 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours suivant la notification de cet arrêté à destination du pays dont il a la nationalité, ainsi que d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans avec signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de l'interdiction de retour.
En ce qui concerne le refus d'admission au séjour :
2. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de M. C n'aurait pas fait l'objet d'un examen particulier de la part de l'administration au regard des éléments dont elle avait connaissance à la date de la décision. Par suite, le moyen tiré de l'absence de cet examen doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant () ".
4. Il ressort des pièces produites par M. C qu'il s'est marié le 18 avril 2012 en Algérie, qu'il a reçu chez un tiers un courrier relatif au renouvellement des droits à l'aide médicale d'État le 24 octobre 2012, un courrier tendant au recouvrement de découverts bancaires d'un montant de 25 euros le 6 août 2012, deux courriers relatifs à des frais de pharmacie non remboursable exposés les 26 et 27 janvier et 14 mai 2012 et un courrier de situation de compte bancaire du 9 janvier 2012 n'indiquant aucun mouvement. Ces éléments ne permettent pas de caractériser une résidence habituelle en France au cours de l'année 2012. Par suite le préfet des Bouches-du-Rhône a pu refuser le 11 avril 2022 sans erreur d'appréciation ni erreur de faits le certificat de résidence prévu par les stipulations du 1) de l'article 6 précité de l'accord franco-algérien à M. C.
5. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".
6. Si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, il n'a toutefois pas entendu écarter, sauf stipulations incompatibles expresses, l'application des dispositions de procédure qui s'appliquent à tous les étrangers en ce qui concerne la délivrance, le renouvellement ou le refus de titres de séjour. Au nombre de ces dispositions, figurent celles de l'article L. 435-1 précitées, qui prévoient que le préfet doit consulter la commission du titre de séjour lorsqu'un étranger justifie résider habituellement en France depuis plus de dix ans. Le préfet n'est toutefois tenu de saisir la commission que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement cette condition, et non de celui de tous les étrangers qui s'en prévalent.
7. Dès lors que M. C ne justifie pas résider en France habituellement depuis plus de dix ans, le préfet n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour. Par suite le moyen tiré de l'absence de consultation de cette commission doit être écarté.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5° Au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".
9. M. C, qui a précédemment vécu avec une ressortissante française avec qui il s'est marié en 2012 et qui vit désormais depuis plusieurs années avec sa compagne, compatriote de même nationalité en situation irrégulière et leurs trois enfants, ne justifie pas d'attaches familiales suffisamment anciennes et stables en France alors que ses parents et ses frères et sœurs résident en Algérie, pays que le requérant a quitté à l'âge de vingt-huit ans. Ainsi, rien ne fait obstacle à ce que sa cellule familiale se reconstitue en Algérie. En outre, en dépit de l'occupation d'un emploi de vendeur à temps partiel de 2013 à 2020, le requérant ne démontre pas d'insertion significative sur le territoire dès lors notamment qu'il a été condamné à une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis pour agression sexuelle pour des faits ayant eu lieu le 3 décembre 2019. Dans ces conditions, le préfet des Bouches-du-Rhône, en prenant la décision litigieuse, n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquelles elle a été prise et n'a ainsi méconnu ni le 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien, ni l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
11. M. C ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces stipulations dès lors que la décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer les enfants des parents. En tout état de cause, les enfants de M. C, de nationalité algérienne, ne seront pas séparés de leurs parents en cas d'éloignement dès lors que la compagne de M. C n'a pas vocation à demeurer sur le territoire et pourront poursuivre leur scolarité en Algérie. Par suite, le préfet ne peut être regardé comme ayant porté atteinte aux droits protégés par les stipulations précitées. En outre, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de la circulaire du 28 novembre 2012 qui envisagent l'admission exceptionnelle au séjour de parents d'enfants scolarisés en France depuis trois ans dès lors que ces dispositions n'ont pas de caractère impératif.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
12. Les moyens tirés du défaut d'examen particulier de la situation du requérant, de l'erreur de fait, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences que la décision emporte sur sa situation personnelle, qui ont fait l'objet d'un examen distinct des moyens dirigés contre la décision portant refus d'admission au séjour, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux énoncés ci-dessus.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
13. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. () ".
14. En premier lieu, en prévoyant qu'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français peut, eu égard à sa situation personnelle, se voir accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours à titre exceptionnel, les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'ont pas pour objet et ne sauraient avoir pour effet de méconnaître le principe, posé par celles de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008, selon lequel ce délai, de sept à trente jours en principe, peut être prolongé en cas de nécessité au regard de circonstances propres à la situation de l'étranger. Dès lors, le moyen tiré de l'incompatibilité de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de l'article 7 de la directive 2008/115/CE doit être écarté.
15. En second lieu lorsqu'elle accorde, comme en l'espèce, le délai de trente jours, prévu par les dispositions de l'article L. 612-1 précité, l'autorité administrative n'a, par suite, pas à motiver spécifiquement cette décision, à moins que l'étranger ait demandé le bénéfice d'un délai plus long ou justifie avoir informé l'autorité administrative d'éléments suffisamment précis sur sa situation personnelle susceptibles de rendre nécessaire, au sens des dispositions précitées, l'octroi d'un délai supérieur à trente jours. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait présenté une telle demande et aurait informé le préfet de circonstances particulières. Par suite le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.
16. Enfin il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment à ce qui a été énoncé aux points précédents, que le préfet des Bouches-du-Rhône se serait cru tenu de n'accorder qu'un délai de trente jours ou aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en n'accordant pas un délai supplémentaire.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans :
17. La circonstance que M. C aurait demandé au préfet des Bouches-du-Rhône l'abrogation d'une précédente mesure du 5 décembre 2019 lui interdisant de revenir sur le territoire français ne saurait avoir d'influence sur la légalité de la décision d'interdiction de retour en litige. Par suite le moyen tiré de l'existence d'un détournement de procédure doit manifestement être écarté.
18. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. /Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "
19. Si M. C peut être regardé comme résidant en France depuis l'année 2013, il ne justifie ni d'une intégration socio-professionnelle particulière, ni d'attaches familiales en France et a fait l'objet de trois mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutés. Dans ces conditions le préfet des Bouches-du-Rhône a pu légalement interdire à M. C de revenir sur le territoire pendant deux ans.
20. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 11 avril 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire sous trente jours ainsi que d'une interdiction de retour pour une durée de deux ans. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
P-Y. B
L'assesseure la plus ancienne,
signé
C. Simeray
La greffière,
signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026