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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2204093

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2204093

lundi 28 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2204093
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSANGUINETTI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mai 2022, M. D A, représenté par Me Sanguinetti, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 2 mars 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a fixé au 3 janvier 2022 la date de consolidation de son état de santé, l'a placé en congé de maladie ordinaire du 3 janvier au 13 mars 2022 et n'a retenu aucun taux d'incapacité permanente partielle imputable à son accident de service ;

2°) d'enjoindre au département des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 30 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant dire droit une mesure d'expertise ;

4°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le signataire de la décision est incompétent ;

- l'administration a commis une erreur d'appréciation en fixant la date de consolidation de son état de santé au 3 janvier 2022 et en le plaçant en congé de maladie ordinaire à compter de cette date ;

- elle a commis une erreur d'appréciation en considérant que ses lésions ne justifiaient pas l'application d'un taux d'incapacité permanente partielle.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2024, le département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,

- les conclusions de Mme Pilidjian, rapporteure publique,

- les observations de Mme B, représentant le département des Bouches-du-Rhône.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est employé par le département des Bouches-du-Rhône en qualité d'adjoint technique territorial principal de deuxième classe. Le 3 novembre 2021, il a été victime d'un accident de trajet et a été placé en arrêt de travail à compter de ce jour jusqu'au 13 mars 2022. Un rapport d'expertise diligentée par l'administration a conclu que l'accident de M. A n'entraînait aucune incapacité permanente partielle et a fixé la date de consolidation de son état de santé au 3 janvier 2022. Par une décision du 2 mars 2022 dont M. A demande au tribunal l'annulation, la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a reconnu son accident de trajet imputable au service, a fixé la date de consolidation de son état de santé au 3 janvier 2022, a refusé de lui appliquer un taux d'incapacité permanente partielle et l'a placé en congé de maladie ordinaire du 3 janvier au 13 mars 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par l'article 10 d'un arrêté du 1er février 2022, Mme C, adjointe au chef du service des positions, a reçu délégation de la présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône à l'effet de signer, en cas d'empêchement des délégataires précédemment désignés à l'article 8 du même arrêté, notamment les actes relatifs aux accidents de travail et aux congés de maladie ordinaire des agents. Dès lors, Mme C était compétente pour prendre la décision contestée du 2 mars 2022. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la date de consolidation correspond au moment où les lésions se fixent et se stabilisent et acquièrent un caractère permanent, ce qui permet alors d'apprécier un taux d'incapacité permanente partielle résultant d'une pathologie ou d'un accident. La consolidation de l'état de santé ne peut, en revanche, être assimilée à la guérison et ne constitue pas davantage une circonstance impliquant nécessairement la fin des soins nécessités par cette pathologie ou l'accident.

4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'expertise menée par un médecin agréé le 2 mars 2022, que l'état de santé de M. A, caractérisé notamment par une contracture musculaire des trapèzes, consécutif à son accident de trajet survenu le 3 novembre 2021, a été regardé comme consolidé le 3 janvier 2022. Le requérant conteste cette date de consolidation en soutenant que son état de santé n'était pas encore stabilisé à cette date et produit à cet effet trois certificats de prescription médicale des 17 janvier, 21 février et 10 mars 2022. Toutefois, ces ordonnances, qui se bornent à prescrire un traitement anti-inflammatoire et antalgique à l'intéressé, ne sont pas suffisantes pour remettre en cause la date de consolidation fixée par l'expert agréé après examen médical du requérant réalisé le 17 février 2022. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait commis une erreur d'appréciation en fixant la date de consolidation de son état de santé au 3 janvier 2022.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 822-21 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à / 1° Un accident reconnu imputable au service, () / ". L'article L. 822-22 de ce code dispose : " Le fonctionnaire bénéficiaire d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite ".

6. Il résulte de ces dispositions que doivent en particulier être pris en charge au titre d'un accident de service les honoraires médicaux et frais concernant les troubles présentant un lien direct et certain avec celui-ci, y compris, le cas échéant, s'ils sont exposés postérieurement à la date de consolidation constatée par l'autorité compétente.

7. Il ressort des termes de la décision attaquée que le département des Bouches-du-Rhône a reconnu les lésions de M. A " trauma cervicale, lombaire " imputables à l'accident de trajet du 3 novembre 2021. Si l'intéressé soutient que l'administration a commis une erreur d'appréciation en le plaçant en congé de maladie ordinaire à compter du 3 janvier 2022, date de consolidation, dès lors qu'il souffrait encore à cette date d'une contracture des trapèzes consécutive à son accident de trajet, les seules pièces médicales produites postérieurement à la date de consolidation, soit les ordonnances de prescription médicale mentionnées au point 4, ne se prononcent pas sur l'existence de lésions persistantes consécutives à l'accident de service de M. A. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que ce dernier présentait un état antérieur de contracture, traumatisme et entorse cervicale consécutifs à quatre accidents de trajet et de service survenus entre 2012 et 2020. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas le caractère direct du lien entre ses troubles de santé postérieurs à la date de consolidation et l'accident du 3 novembre 2021. Le moyen tiré de ce que l'administration a commis une erreur d'appréciation en le plaçant en congé de maladie ordinaire à compter du 3 janvier 2022 doit donc être écarté.

8. En quatrième lieu, il ressort des termes des conclusions du 2 mars 2022 que l'expert n'a retenu aucune incapacité permanente partielle au regard du barème des pensions civiles et militaires. Si le requérant soutient qu'une telle incapacité aurait due être retenue au regard de son traumatisme cervical reconnu imputable au service, il ne le démontre par aucune pièce du dossier.

9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de recourir à une nouvelle expertise ainsi que le demande le requérant à titre accessoire, que les conclusions présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au département des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 20 mars 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Le Mestric, première conseillère,

Mme Fabre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2025.

La rapporteure,

signé

E. Fabre

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2204093

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