vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2204768 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CONSTANZA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2022, M. C A et Mme B A, représentés par Me Susini, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 9 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal d'Allauch a décidé la cession de la parcelle cadastrée section DM n° 37 au profit de Mme G F et de Mme E D au prix de 208 000 euros, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Allauch la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération en litige a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, en méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, dès lors que les conseillers municipaux n'ont pas été destinataires d'une note de synthèse ou d'information préalablement au vote ;
- le principe d'égalité entre les candidats à l'achat de la parcelle en cause n'a pas été respecté dès lors qu'ils n'ont pas été informés de l'avis de la division des missions domaniales et de la direction générale des finances publiques et que l'unique critère du prix, alors qu'aucune date de remise des offres n'était fixée, est insuffisant ;
- ils ont entretenu la parcelle en cause depuis 34 ans et cette parcelle n'est accessible que par un chemin privé sur lequel les attributaires n'ont aucun droit.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 juillet 2022, la commune d'Allauch, représentée par Me Constanza, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 600 euros soit mise à la charge solidaire de M. et Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à Mmes G F et E D, qui n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Niquet,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- et les observations de Me Susini pour les requérants, ainsi que celles de Me Constanza pour la commune d'Allauch.
Une note en délibéré, présentée pour M. et Mme A et enregistrée le 28 juin 2024, n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 8 mars 2021, le conseil municipal d'Allauch a décidé du principe de la mise en vente de la parcelle communale cadastrée section DM n° 37, au plus offrant, et a autorisé son maire à effectuer les démarches nécessaires à cette cession. M. et Mme A, en leur qualité de riverains de cette parcelle, ont été invités par courrier du 26 mai 2021 à formuler, s'ils le souhaitaient, une offre en vue de l'acquisition de la parcelle en cause. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler la délibération du 9 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal d'Allauch a décidé de céder la parcelle concernée à Mmes G F et E D, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-12 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal () ". Et aux termes de l'article L. 2121-13 de ce code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".
3. Il résulte de ces dispositions que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, la convocation aux réunions du conseil municipal doit être accompagnée d'une note explicative de synthèse portant sur chacun des points de l'ordre du jour ; que le défaut d'envoi de cette note ou son insuffisance entache d'irrégularité les délibérations prises, à moins que le maire n'ait fait parvenir aux membres du conseil municipal, en même temps que la convocation, les documents leur permettant de disposer d'une information adéquate pour exercer utilement leur mandat. Cette obligation, qui doit être adaptée à la nature et à l'importance des affaires, doit permettre aux intéressés d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit des mesures envisagées et de mesurer les implications de leurs décisions.
4. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du procès-verbal de constat d'huissier du 18 octobre 2022 qu'ont été mis à disposition des conseillers municipaux, dans l'outil informatique Idelibre, le 3 décembre 2021, un projet de délibération suffisamment précis et étayé, accompagné de l'offre des consorts H, des avis du pôle " évaluation domaniale " de la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône émis le 3 décembre 2020 et le 23 novembre 2021 et d'un plan de situation. Eu égard à la nature et l'importance de l'affaire soumise à leur délibération et aux pièces justificatives ainsi transmises, les conseillers municipaux ont ainsi été mis à même d'appréhender le contexte ainsi que de comprendre les motifs de fait et de droit de la mesure envisagée et de mesurer les implications de leur décision. Par ailleurs, la sélection de l'acquéreur ayant été opérée sur le seul critère objectif du prix, la circonstance que le projet de délibération comme la délibération elle-même ne font pas mention de l'offre des consorts A n'est pas de nature, par elle-même, à regarder insuffisante l'information des conseillers. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 2241-1 du code général des collectivités territoriales : " Toute cession d'immeubles ou de droits réels immobiliers par une commune de plus de 2 000 habitants donne lieu à délibération motivée du conseil municipal portant sur les conditions de la vente et ses caractéristiques essentielles. Le conseil municipal délibère au vu de l'avis de l'autorité compétente de l'Etat. Cet avis est réputé donné à l'issue d'un délai d'un mois à compter de la saisine de ce service ".
6. A l'appui de leur contestation, M. et Mme A font valoir en deuxième lieu que le principe d'égalité entre les candidats a été méconnu. Toutefois, si la date limite de réception des offres d'acquisition était fixée au 25 juin 2021, l'offre de Mmes F et D est parvenue aux services de la commune par courriel du 24 juin 2021 à 20h20, par l'application Dotelec, soit dans le délai fixé. La seule circonstance que l'offre des consorts H soit intervenue quelques jours seulement après celle des consorts A et que leur offre ait été supérieure de seulement 7 000 euros n'est pas de nature à rendre, par elle-même, illégale la procédure de sélection. En outre, l'unique critère de sélection fixé par le conseil municipal d'Allauch dans sa délibération du 8 mars 2021 était celui du prix. Or, les requérants n'invoquent aucune disposition législative ou réglementaire y faisant obstacle. De plus, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un autre critère de sélection aurait été davantage adapté, s'agissant d'un terrain nu dont la commune souhaitait simplement se défaire en vue, grâce au prix versé, de " participer au financement des équipements publics ", " d'alléger l'appel à l'impôt et de minimiser l'appel à l'emprunt " ainsi que cela ressort des termes mêmes de cette délibération. Enfin, les requérants soutiennent que leur offre à 201 000 euros était très supérieure à l'estimation à 75 000 euros du pôle " évaluation domaniale " de la direction régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône émise le 3 décembre 2020, et qu'ils n'ont pas eu connaissance du second avis de ce service, émis le 23 novembre 2021, selon lequel " la valeur vénale du bien proposée dans le cadre d'une cession n'appelle pas d'observation d'un point de vue domanial soit 208 000 € HT et HC ". Toutefois, alors que ce second avis avait pour seul objet de se prononcer sur la proposition émise par l'acquéreur le plus offrant et était seulement de nature à éclairer le conseil municipal préalablement à la décision de cession de la parcelle en cause, la commune n'était pas tenue de le communiquer aux consorts A préalablement à l'adoption de la délibération en litige. La circonstance que le montant de leur offre ait été très supérieur au montant de l'estimation initiale des services de l'Etat est sans incidence sur la légalité de la délibération contestée. Dans ces conditions, le moyen soulevé doit être écarté dans toutes ses branches.
7. En dernier lieu, les seules circonstances, au demeurant non établies, selon lesquelles d'une part, les époux A auraient procédé à l'entretien du bien en cause pendant trente-quatre ans, et d'autre part, cette parcelle ne serait desservie que par un chemin privé auquel les acquéreuses n'auraient pas accès, ne sont pas de nature à entacher d'illégalité la délibération en litige.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du conseil municipal d'Allauch du 9 décembre 2021 qu'ils contestent.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions des requérants tendant à leur application et dirigées contre la commune d'Allauch, qui n'est pas partie perdante. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que cette commune présente au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Allauch au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, premier dénommé en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, pour l'ensemble des requérants, à Mmes G F et E D et à la commune d'Allauch.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Ollivaux, première conseillère,
Assistées de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
A. Niquet
La présidente,
Signé
M. Lopa Dufrénot
Le greffier,
Signé
P. Giraud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026