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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2204823

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2204823

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2204823
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantKUJUMGIAN ANGLADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juin 2022, M. A B, représenté par Me Kujumgian-Anglade, demande au tribunal d'annuler la décision du 1er mars 2022 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse.

Il soutient que la décision attaquée méconnaît l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie de ressources suffisantes et stables.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Simeray a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant tunisien, est titulaire, en dernier lieu, d'une carte de résident valable jusqu'au 12 avril 2032. Le 23 avril 2021, il a sollicité l'introduction en France de son épouse, une compatriote, au titre du regroupement familial. Par une décision du 1er mars 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à sa demande. M. B a formé un recours hiérarchique contre cette décision le 15 mars 2022, auquel il n'a pas été répondu. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de la décision du 1er mars 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / () ". Aux termes de l'article L. 434-7 du même code : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille () ".

3. Le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance, au cours de cette même période, même si, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible, pour le préfet, de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.

4. Pour refuser à M. B le bénéfice du regroupement familial sollicité, le préfet des Bouches-du-Rhône s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressé ne justifiait pas, au cours de la période de référence des douze mois précédant le dépôt de sa demande, de ressources suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille, le revenu mensuel moyen de l'intéressé s'élevant à 212 euros nets.

5. M. B exerce une activité d'auto-entrepreneur de ravalement de façade et, depuis le 1er février 2021, est salarié en qualité d'aide-poseur en contrat à durée interminée. Il ressort des bulletins de paie produits que sur la période de référence courant d'avril 2020 à avril 2021, M. B a perçu 2 466,49 euros au titre des salaires versés par son employeur entre février et avril 2021. Par ailleurs, le requérant produit, pour justifier ses revenus en qualité d'auto-entrepreneur, quatre déclarations trimestrielles de chiffre d'affaires couvrant l'année 2021, faisant apparaitre un chiffre d'affaires, pour le premier trimestre 2021, de 2 475 euros. Toutefois, le calcul des ressources d'un entrepreneur se fonde sur les produits que son entreprise est capable de générer régulièrement, déduction faite des charges. Dès lors, en se bornant à faire état de son chiffre d'affaires, le requérant ne justifie pas que ses revenus seraient supérieurs à 212 euros nets mensuels sur la période de référence, et donc au salaire minimum de croissance qui s'élevait à 1 218,60 euros nets en 2020 et à 1 230,60 euros nets à compter du 1er janvier 2021. M. B ne justifie pas davantage, par la production de ses bulletins de salaire pour les mois de mai, juin, juillet, août et septembre 2021 et de déclarations de chiffres d'affaires pour les troisième et quatrième trimestres 2021, s'élevant respectivement à 1 850 euros et 1 785 euros, que ses revenus seraient supérieurs au salaire minimum de croissance pour la période de douze mois précédant la décision attaquée. Il en résulte qu'en rejetant la demande de M. B au motif que ses ressources étaient insuffisantes, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas méconnu l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 1er mars 2022 présentées par M. B doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Simeray, première conseillère,

Mme Delzangles, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024

La rapporteure,

Signé

C. Simeray

Le président,

Signé

P-Y. GonneauLa greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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