jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2204885 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une lettre, enregistrée le 17 février 2022, et un mémoire, enregistré le 11 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Bocognano, demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la commune de Barbentane, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard, de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 1902375 du 16 juin 2021 par lequel le tribunal a annulé l'arrêté du maire de cette commune du 18 janvier 2019 la plaçant en disponibilité d'office à compter du 13 novembre 2018 pour six mois, soit :
- reconstituer sa carrière en versant notamment aux organismes de retraite les cotisations dues sur la période du 13 novembre 2018 au 31 mars 2019 ;
- régulariser sa situation juridique et administrative en prenant une décision pour la période concernée par l'arrêté annulé ;
2°) de condamner la commune de Barbentane à lui verser la somme de 25 000 euros en réparation du préjudice qu'elle a subi ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Barbentane la somme de 2 400 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa demande de condamnation de la commune à réparer les troubles dans les conditions d'existence et le préjudice moral qu'elle a subis est recevable ;
- la commune n'a versé aucune cotisation pour sa retraite pour la période du 13 novembre 2018 au 31 mars 2019 ;
- le maire n'a pris aucune décision la plaçant dans une position statutaire pour cette même période.
Par une ordonnance du 9 juin 2022, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n°1902375 rendu le 16 juin 2021.
Par deux mémoires, enregistrés les 29 novembre 2022 et 18 janvier 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la commune de Barbentane, représentée par Me Hequet, conclut au rejet des demandes de Mme B.
Elle fait valoir que :
- la demande indemnitaire de la requérante est irrecevable dans le cadre d'une demande d'exécution du jugement ;
- elle a procédé à une correcte exécution du jugement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le jugement du tribunal administratif de Marseille n° 1902375 du 16 juin 2021 ;
- le décret n° 60-58 du 11 janvier 1960 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative, notamment ses articles L. 911-4 et R. 921-6.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Felmy, rapporteure,
- les conclusions de M. Ouillon, rapporteur public,
- et les observations de Me Bocognano représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 18 janvier 2019, le maire de Barbentane a placé Mme B en disponibilité d'office pour raisons de santé pour une durée de six mois à compter du 13 novembre 2018. Par une ordonnance du 28 mars 2019, le juge des référés du tribunal a suspendu l'exécution de cette décision à la demande de Mme B. Le tribunal a ensuite annulé cette décision par un jugement n° 1902375 du 16 juin 2021, au motif que la commune n'avait pas invité Mme B à présenter une demande de reclassement dans un autre emploi de la commune ou d'une autre collectivité publique en méconnaissance des dispositions de l'article 19 du décret du 13 janvier 1986. Mme B demande l'exécution de ce jugement en application de l'article L. 911-4 du code de justice administrative et forme par ailleurs des conclusions indemnitaires à fin de réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi.
Sur les conclusions à fin d'exécution du jugement :
2. Il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
3. En premier lieu, l'article 17 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux dispose, dans sa version applicable au litige, que : " () Lorsque le fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du comité médical. En cas d'avis défavorable, () il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis de la commission de réforme. Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite () ". Il résulte de ces dispositions, qui ont pour objet de garantir la rémunération des fonctionnaires à l'issue de leurs droits statutaires à congé pour raisons de santé en cas d'attente d'une décision de l'administration en matière de réintégration, de reclassement ou de mise en disponibilité, que Mme B aurait dû, si elle n'avait pas été mise en disponibilité sans proposition de reclassement, se voir maintenir le demi-traitement qui lui était versé au cours de ses congés de maladie ordinaire jusqu'à ce qu'une décision soit prise sur sa situation à l'issue de ses droits à congés de maladie ordinaire.
4. Il résulte de l'instruction, en particulier du bulletin de salaire de la requérante du mois de novembre 2018 produit par la commune, que Mme B a bénéficié du versement de son plein traitement et de la nouvelle bonification indiciaire de 25 points pour 18 jours puis du versement d'un demi-traitement pour 7 jours, ce demi-traitement ayant été maintenu jusqu'au 13 janvier 2019 ainsi qu'il résulte des bulletins de salaire des mois suivants. Mme B a ensuite perçu, à compter du 14 janvier 2019 et jusqu'à fin mars 2019, l'indemnité de coordination prévue par le décret du 11 janvier 1960 relatif au régime de sécurité sociale des agents permanents des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial, déduction faite de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise. La commune de Barbentane fait également valoir sans être contestée qu'elle a, à la suite de l'ordonnance susmentionnée du juge des référés, procédé au retrait de l'arrêté du 18 janvier 2019 et il résulte de l'instruction que la commune a versé à la requérante, à compter du mois d'avril 2019 et jusqu'au mois de novembre 2019, un plein traitement diminué de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, ainsi que les cotisations sociales dues, incluant les cotisations de retraite. Mme B a ensuite été admise à la retraite, par arrêté du maire de Barbentane du 14 août 2019, à compter du 1er décembre 2019, conformément à la demande qu'elle a présentée le 27 mai 2019.
5. D'une part, s'il est constant que la commune n'a pris aucune décision afin de placer la requérante dans une position conforme à la réintégration juridique découlant nécessairement de la suspension puis de l'annulation prononcées par le tribunal par les décisions citées au point 1, celle-ci fait valoir qu'elle a saisi le comité médical d'une demande concernant la situation de son agent, ainsi qu'il ressort de l'accusé de réception du 12 juin 2019 de ce comité versé au dossier, et que Mme B a fait obstacle, en ne se rendant pas aux convocations dont elle a fait l'objet, comme l'ont indiqué le médecin expert le 9 octobre 2019 et le comité médical le 29 octobre 2019, à ce que le comité médical puisse se prononcer sur sa situation juridique, c'est-à-dire son placement en congé de longue maladie, en disponibilité d'office ou sa réintégration conformément aux dispositions citées au point 3. Toutefois, il y a lieu, afin de rétablir Mme B dans une position régulière et dès lors que celle-ci avait épuisé ses droits à congé de maladie, d'enjoindre à la commune de la placer en situation de disponibilité d'office pour la période débutant le 13 novembre 2018 jusqu'à la date de son admission à la retraite, le 30 novembre 2019. D'autre part, ce placement en disponibilité d'office ne fait pas obstacle à ce que, conformément aux principes rappelés au point 3, la commune doive verser un demi-traitement à Mme B pour la période d'attente d'une nouvelle décision sur sa situation soumise au comité médical. Il y a dès lors lieu d'enjoindre également à la commune de régulariser le versement à l'intéressée d'un demi-traitement pour la période courant du 13 janvier jusqu'au 31 mars 2019, date à laquelle il résulte en tout état de cause de l'instruction que la commune a décidé de lui verser un plein traitement.
6. En deuxième lieu, d'une part, il ressort des bulletins de salaire de Mme B des mois de novembre et décembre 2018 que la commune a procédé au règlement de l'ensemble des cotisations patronales pour cette période. Si la requérante fait valoir que la CNRACL ne retient, dans son décompte définitif de pension, aucune cotisation patronale pour les mois de novembre et décembre 2018, en contradiction avec les pièces précitées, il lui appartient, si elle s'y croit fondée, de contester le décompte estimé erroné auprès de cet organisme. D'autre part, en interrompant le versement de son traitement et les cotisations de retraite dues aux organismes de retraites durant la période du 1er janvier au 31 mars 2019, la commune n'a pas procédé de manière complète à la reconstitution de la carrière de Mme B, l'indemnité de coordination allouée n'ayant ni le même objet ni le même effet que les sommes qui auraient dû être versées au titre de la reconstitution de ses droits sociaux pour la période précitée. Si la commune fait valoir à ce titre que les sommes perçues par Mme B à compter d'avril 2019 sont de nature à compenser le montant des cotisations non versées pour les mois de janvier à mars 2019, elle ne l'établit pas en tout état de cause.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est seulement fondée à soutenir que la commune de Barbentane devait verser aux organismes de retraite les cotisations dues sur la période du 1er janvier au 31 mars 2019 sur la base d'un demi-traitement et la placer dans une situation régulière pour la période du 13 novembre 2018 au 30 novembre 2019, date de sa mise à la retraite, avec maintien d'un demi-traitement pour la période allant du 13 janvier au 31 mars 2019. Par suite, il y a lieu, en exécution du jugement du tribunal du 16 juin 2021, d'enjoindre à la commune de Barbentane d'une part, de placer Mme B en position de disponibilité d'office pour la période précitée, d'autre part, de maintenir le versement à l'intéressée d'un demi-traitement du 13 janvier jusqu'au 31 mars 2019, enfin, de procéder au versement aux organismes de retraite des cotisations sur la période du 1er janvier au 31 mars 2019 sur la base d'un demi-traitement, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche, en l'état de l'instruction, pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Si Mme B demande la condamnation de la commune de Barbentane au versement de la somme de 25 000 euros en réparation de ses préjudices du fait du retard mis par la commune pour exécuter le jugement du 16 juin 2021, de telles conclusions ne sont assorties d'aucun élément permettant d'apprécier la réalité du préjudice dont elle se prévaut. Par suite, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, il y a lieu de rejeter les conclusions indemnitaires présentées par Mme B.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Barbentane, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement à Mme B d'une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est enjoint à la commune de Barbentane d'une part, de placer Mme B en position de disponibilité d'office du 13 novembre 2018 au 30 novembre 2019, d'autre part, de maintenir à celle-ci le versement d'un demi-traitement du 13 janvier jusqu'au 31 mars 2019 et, enfin, de procéder au versement aux organismes de retraite des cotisations dues sur la période du 1er janvier au 31 mars 2019 sur la base d'un demi-traitement, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à sera notifié à Mme A B et à la commune de Barbentane.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hameline, présidente,
Mme Felmy, première conseillère,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
La rapporteure,
signé
E. Felmy
La présidente,
signé
M.-L. Hameline
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026