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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2205013

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2205013

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2205013
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCabinet KOSZCZANSKI & BERDUGO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 juin 2022 et 13 janvier 2023 sous le numéro 2205013, Mme A D, représentée par Me Atger, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros à Me Atger en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ce qui révèle un défaut d'examen de sa situation ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de communication de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et de preuve qu'il répond aux conditions de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;

- le préfet ne rapporte pas la preuve de la compétence du collège de médecins de l'OFII ;

- le préfet devait solliciter un second avis du collège de médecins de l'OFII à jour du traitement de leur fille ;

- l'arrêté méconnaît les articles L. 425-9 et 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'état de santé de sa fille nécessite une prise en charge médicale qui n'est pas accessible dans son pays d'origine ;

- le préfet s'est cru en situation de compétence liée par l'avis de l'OFII ;

- l'arrêté méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 juin 2022 et le 13 janvier 2023 sous le numéro 2205014, M. B C, représenté par Me Atger, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa demande et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 200 euros à Me Atger en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991,

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ce qui révèle un défaut d'examen de sa situation ;

- il est entaché d'un vice de procédure en l'absence de communication de l'avis du collège de médecins de l'OFII et de preuve qu'il répond aux conditions de l'arrêté du 27 décembre 2016 ;

- le préfet ne rapporte pas la preuve de la compétence du collège de médecins de l'OFII ;

- le préfet devait solliciter un second avis du collège de médecins de l'OFII à jour du traitement de leur fille ;

- l'arrêté méconnaît les articles L. 425-9 et 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que l'état de santé de sa fille nécessite une prise en charge médicale qui n'est pas accessible dans son pays d'origine ;

- le préfet s'est cru en situation de compétence liée par l'avis de l'OFII ;

- l'arrêté méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Mme D et M. C ont obtenu l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 20 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Simeray ;

- les observations de Me Atger pour Mme D et M. C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D et M. C, ressortissants géorgiens, déclarent être entrés en France le 25 mars 2021 avec leurs deux enfants, nés en septembre 2015 et en avril 2017, pour y demander l'asile. Leur demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 31 mai 2021. Le 2 juillet 2021, ils ont sollicité leur admission au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par des arrêtés du 14 mars 2022, dont ils demandent l'annulation, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de leur délivrer le titre de séjour sollicité.

Sur la jonction :

2. Les requêtes n° 2205013 et n°2205014 présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

3. Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". L'article R. 425-12 du même code dispose que : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article () ".

4. L'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté () ".

5. En l'espèce, les arrêtés en litige visent l'avis émis par le collège des médecins de l'OFII le 9 septembre 2021, que le préfet des Bouches-du-Rhône, qui n'était pas tenu de le communiquer aux requérants ni avant ni après l'édiction des arrêtés litigieux, a produit dans le cadre de la présente instance permettant tant aux requérants qu'au juge de vérifier que ce collège a été effectivement saisi. Par ailleurs, cet avis est signé par les trois médecins du collège de médecins de l'OFII, qui sont par ailleurs compétents dès lors qu'ils ont été désignés par une décision ministérielle du 10 août 2021. Il suit de là que le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.

6. En visant l'avis du 9 septembre 2021 du collège de médecins de l'OFII et en relevant que le défaut de prise en charge de l'état de santé de la fille de Mme D et de M. C ne devrait pas entrainer de conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'arrêté indique de manière suffisamment précise, au regard du secret couvrant les éléments relatifs à l'état de santé de l'enfant, les motifs de fait pour lesquels le préfet a rejeté la demande d'admission au séjour au titre de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions doit être écarté.

7. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9 () se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après un avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".

8. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins du service médical de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

9. Dans son avis du 9 septembre 2021, le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de la fille des requérants nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner pour elle des conséquences d'une exceptionnelle gravité.

10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Bouches-du-Rhône se serait cru tenu par l'avis du collège des médecins de l'OFII pour refuser les titres de séjour demandés et qu'il n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation des requérants, les arrêtés attaqués faisant notamment référence à leur situation familiale. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur de droit et du défaut d'examen particulier de leur demande doivent être écartés.

11. Mme D et M. C exposent que leur fille est atteinte de spina bifida depuis sa naissance et bénéficie en France d'un suivi pluridisciplinaire. Ils produisent les comptes-rendus d'une hospitalisation en urgence à la suite d'une chute dans les escaliers le 23 août 2021, ainsi que des comptes-rendus de consultations en neurochirurgie et chirurgie orthopédique du 1er octobre 2021, 4 novembre 2021, 16 novembre 2021 et 20 avril 2022 à l'hôpital de la Timone ainsi qu'un certificat médical du chef de service de l'unité pédiatrique de l'hôpital Sainte-Marguerite, lesquels indiquent que l'enfant souffre d'une déformation cyphoscoliotique importante au niveau thoraco-lombaire, d'une vessie neurologique, de paraplégie congénitale et qu'une intervention au niveau de la colonne vertébrale sera nécessaire. Les pièces indiquent également que l'enfant bénéficie d'un suivi pluridisciplinaire et qu'elle n'a pas de problème neurochirurgical. Les requérants versent encore plusieurs pièces médicales datées de 2022 relatives à des comptes-rendus d'examen ou des suivis de consultation, faisant état des mêmes constats. Le certificat médical confidentiel adressé à l'OFII le 16 juillet 2021 indique que la maladie de l'enfant est à " un stade séquellaire avec possibilités de complications ". Toutefois, l'ensemble de ces pièces médicales, qui décrivent la pathologie dont souffre l'enfant et le suivi médical pluridisciplinaire dont elle fait l'objet, sont insuffisantes pour établir qu'un éventuel défaut de soins serait de nature à entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. En outre, les requérants n'établissent pas, par les pièces produites postérieurement à l'avis de l'OFII et notamment un compte-rendu d'IRM daté du 20 septembre 2021, qui font état, ainsi qu'il a été dit, des mêmes constats, que la pathologie dont souffre leur fille rendait obsolète l'avis du collège de médecins rendu le 9 septembre 2021. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par le préfet doivent être écartés.

12. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () ".

13. L'arrivée en France des requérants est récente, de même que la scolarisation de leurs enfants, et ils ne justifient d'aucune intégration sociale ou professionnelle. La décision attaquée n'a, en outre, pas pour effet de séparer Mme D et M. C de leurs enfants. La cellule familiale peut se reconstituer en Géorgie, l'ensemble de ses membres étant de même nationalité. Par suite, c'est sans porter une atteinte disproportionnée au droit de Mme D et M. C à mener une vie privée et familiale normale que le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de les admettre au séjour. Les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent ainsi être écartés.

14. Aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".

15. Les requérants ne justifient pas, par la seule citation d'un rapport de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés de 2019 sur l'accès aux soins de neuro réhabilitation pour les personnes paraplégiques, lequel indique que selon la Coalition for equality il existe des cas de discrimination sur la base du handicap représentant entre 7% et 9% des cas de discriminations en Géorgie en 2016 et 2017, que leur fille ne pourrait, du fait de son handicap, poursuivre sa scolarité en Géorgie. Les requérants produisent un certificat d'un centre médical géorgien daté du 3 décembre 2018, ainsi qu'un courrier du " ministère des personnes déplacées internes venues des territoires occupés, du travail, de la santé et des affaires sociales " géorgien du 25 avril 2022 indiquant qu' " aucune des méthodes de traitement pratiquées en Géorgie ne s'est avérée efficace, l'état de l'enfant mettant sa vie en danger. Le patient a besoin d'un traitement dans des cliniques de haute technologie à l'étranger ". Toutefois, cette pièce, peu circonstanciée, fait référence à l'état de santé de l'enfant avant les interventions pratiquées en France et ne suffit pas établir qu'elle ne pourrait désormais y bénéficier d'un suivi pluridisciplinaire adapté. Dans ces circonstances, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations précitées de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ni n'est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

16. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

17. Pour les mêmes motifs qu'exposés au point 11, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D et M. C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 14 mars 2022. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme D et de M. C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à M. B C et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Simeray, première conseillère,

Mme Devictor, première conseillère

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

C. SimerayLe président,

Signé

P-Y. Gonneau

La greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

N°s 2205013 ;

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