mercredi 27 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2205156 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL CABANES NEVEU ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2022, la SAS MLF Immobilier et la SA Finamur, représentées par Me Chalavon, demandent au Tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative,
- de suspendre la décision implicite de la présidente de la métropole d'Aix-Marseille-Provence née le 17 janvier 2022 rejetant la demande de réalisation des travaux de desserte et de viabilisation de la parcelle section Z n° 305 située ZAC des Florides ;
- d'enjoindre à la métropole d'Aix-Marseille-Provence de réaliser les travaux de desserte, de connexion et de viabilisation de la parcelle en cause conformément aux actes administratifs relatifs à ladite ZAC et notamment les prestations prévues au cahier des charges de cession de terrain de la ZAC, dans le délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard passé ce délai ;
- d'enjoindre à la métropole d'Aix-Marseille-Provence de leur communiquer un programme précis et contraignant de réalisation desdits travaux comprenant notamment un descriptif des travaux à réaliser ainsi qu'un planning de réalisation dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de cette date ;
- de mettre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, et au besoin de la SOLEAM, une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- sur l'urgence, la décision attaquée, qui emporte refus de réaliser les travaux de desserte, de connexion et de viabilisation de la parcelle Z n° 305 au sein de la ZAC des Florides préjudicie de manière grave et immédiate à un intérêt public tenant à la bonne gestion des deniers publics et à la bonne réalisation de la ZAC mais surtout à leur situation, notamment celle de la société MLF, compte tenu de l'impossibilité de commencer le chantier, de l'expiration prochaine du délai de validité du permis de construire, de l'impossibilité de réaliser des travaux de terrassement en automne, du préjudice financier conséquent subi par MLF et qui menace son équilibre financier ;
- sur l'existence d'un doute sérieux :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision attaquée est illégale dès lors qu'elle s'oppose à plusieurs décisions prises antérieurement, telles la délibération du 19 décembre 2008 approuvant le dossier de réalisation de la ZAC et fixant le programme des équipements publics, la délibération du 11 mai 2009 visée dans l'acte de vente approuvant le PAE " Florides " qui prévoit explicitement la réalisation par la Métropole des différents équipements publics, notamment des travaux de desserte, de connexion et de viabilisation des lots, l'arrêté communautaire du 11 mai 2009 approuvant le cahier des charges de cession de terrain de la ZAC ; alors que la Métropole leur a garanti que ces travaux étaient réalisés dans l'acte de vente du 28 juillet 2021, tel n'est pas le cas et la décision attaquée, qui emporte refus de réaliser les travaux de desserte, de connexion et de viabilisation de la parcelle Z n° 305 s'interprète comme une décision de retrait des décisions précédemment citées, alors, en tout état de cause, que les conditions de retrait ne sont pas remplies, ni le respect de la procédure contradictoire préalable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2022, la métropole d'Aix-Marseille-Provence, représentée par la SELARL Cabinet Cabanes Avocats, agissant par Me Cabanes, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des sociétés MLF Immobilier et Finamur sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de décision attaquée susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir : le cahier des charges de cession de terrain dans lequel la Métropole s'est engagée à réaliser des travaux, et dont les dispositions sont de nature réglementaire, présente un caractère contractuel et le présent litige porte sur l'exécution d'un contrat ;
- les contrats conclus en qualité d'aménageur de la Métropole sont des contrats privés puisqu'il ne s'agit ni d'un marché public, ni d'une concession et la juridiction administrative est par suite incompétente s'agissant d'un litige portant sur un contrat de droit privé, les mesures prises en exécution d'un contrat n'étant en tout état de cause soumises au délai de recours de deux mois de l'article R. 421-1 du code de justice administrative et ne constituant pas des décisions susceptibles de recours pour excès de pouvoir
- le litige ne portant pas, en toute hypothèse sur une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, la requête en référé suspension est irrecevable ;
- dans l'hypothèse où le Tribunal s'estimerait compétent, aucune des circonstances alléguées par les requérantes n'est de nature à justifier l'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ;
- le litige portant sur l'exécution d'un contrat, les sociétés requérantes ne peuvent soutenir qu'il s'agit d'une décision de retrait de décisions administratives, les seules décisions créatrices de droits correspondant à la délibération autorisant la signature du protocole d'accord et la signature de l'acte authentique de vente, lesquelles n'ont pas été retirées ; le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration étant inopérant ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 243-3 du code précité est également inopérant ;
- les demandes d'injonction seront rejetées, la réalisation de travaux de desserte, de connexion et de viabilisation ne constituant pas des mesures provisoires susceptibles d'être prises dans le cadre d'un référé suspension.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 18 juillet 2022 à 11 heures en présence de Mme Bouchut, greffière d'audience, et après lecture du rapport, ont été entendus :
- Me Chalavon pour la société MLF Immobilier et la société Finamur, qui reprend son argumentation, écarte la fin de non-recevoir qui lui est opposée en défense, sollicitant le différé de la clôture d'instruction pour y répondre utilement ;
- Me McDonagh pour la métropole d'Aix-Marseille-Provence, qui reprend également son argumentation.
A l'issue de l'audience, la clôture d'instruction a été reportée au 19 juillet 2022 à 12 heures.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Dans le cadre de la commercialisation des lots de la ZAC des Florides créée sur le territoire de la commune de Marignane, la société La Corderie s'est vu délivrer, le 5 décembre 2019, un permis de construire sur un terrain cadastré section Z n°305 constituant le lot n°24 de la ZAC. La société MLF Immobilier, qui s'est substituée à la société La Corderie, et la société Finamur, elle-même substituée à la société MLF Immobilier en qualité de preneur à crédit-bail immobilier, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite née le 17 janvier 2022 par laquelle la présidente de la Métropole a rejeté la demande tendant à ce que cette dernière réalise les travaux de desserte et de viabilisation de la parcelle Z n°305 au sein de la ZAC des Florides.
3. Il résulte de l'instruction que le litige porte sur l'exécution d'un contrat conclu entre la Métropole et la société Finamur conclu le 28 juillet 2021 ayant pour objet la vente d'une parcelle de terrain à bâtir constituant le lot 24 de la ZAC Les Florides à Marignane et cadastré section Z n° 305 et qui stipule que la Métropole, en tant qu'aménageur de la ZAC, réalise les prestations techniques d'aménagement et d'équipement prévues dans les documents de la ZAC. Eu égard à sa portée, la décision résultant, selon les sociétés requérantes, du silence gardé par la Métropole sur leur demande d'exécution des travaux de viabilisation et d'accès s'analyse nécessairement comme une mesure d'exécution du contrat, qui n'est pas susceptible d'un recours en annulation de la part des sociétés requérantes. Il s'ensuit que les conclusions présentées par ces dernières devant le Tribunal aux fins de suspension d'une telle décision sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la métropole d'Aix-Marseille-Provence qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la métropole d'Aix-Marseille-Provence au même titre et de mettre à la charge des sociétés requérantes une somme globale de 2 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société MLF Immobilier et la société Finamur est rejetée.
Article 2 : la société MLF Immobilier et la société Finamur verseront à la métropole d'Aix-Marseille-Provence une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société MLF Immobilier, à la société Finamur et à la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Fait à Marseille, le 27 juillet 2022.
La juge des référés,
Signé
G. A
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026