mercredi 20 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2205187 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BAESA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juin 2022, M. B C, représenté par Me Carmier, demande au juge des référés du Tribunal, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 16 mai 2022 par lequel le maire de Port de Bouc lui a infligé la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de ses fonctions de gardien-brigadier pour une durée de six mois dont trois mois avec sursis, à compter du 1er juin 2022 jusqu'au 1er septembre 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Port de Bouc une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision en litige lui cause, d'une part, un préjudice financier suffisamment immédiat dans la mesure où la sanction qui lui est infligée le prive de rémunération pendant trois mois, soit 2 500 euros par mois, outre la perte de ses droits à l'avancement et à la retraite durant cette période, et alors qu'il est séparé de son épouse, n'a aucune épargne et doit faire face à de nombreuses charges, d'autre part, un préjudice moral, dès lors qu'il souffre d'un syndrome anxio-dépressif réactionnel ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige dès lors que :
- les manquements dont se prévaut la Commune pour justifier la sanction prise à son encontre sont entachés d'une erreur de faits dès lors, en premier lieu, que le prétendu manquement au devoir d'obéissance hiérarchique, invoqué de manière évasive, se réfère aux rapports hiérarchiques établis par M. A et Mmes D et Ramdane, dont la valeur probante est douteuse, en deuxième lieu, que le prétendu manquement à l'obligation de réserve se fonde également sur le rapport établi le 9 octobre 2020 alors qu'il conteste avoir tenu des propos diffamatoires envers ses supérieurs hiérarchiques et envers la municipalité, en troisième lieu, que le prétendu manquement à l'obligation de servir loyalement au motif qu'il aurait bénéficié de dix jours de congés non justifiés ne résultent pas de son fait mais de son supérieur hiérarchique, M. A ;
- la sanction disciplinaire de 3ème groupe qui lui est infligée est disproportionnée alors que, dans son avis du 7 mars 2022, le conseil de discipline a proposé une exclusion de fonctions d'un mois, qui était déjà sévère ;
- la décision est entachée de détournement de pouvoir dès lors que la Commune a manifestement cherché à le sanctionner pour avoir dénoncé la mise en place par son chef de service d'un système irrégulier d'octroi d'heures supplémentaires.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2022, la commune de Port de Bouc, représentée par Me Baesa, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que le requérant a attendu un mois pour contester la décision en cause et introduire une requête en référé et, qu'au jour du dépôt de la requête, la mesure avait été exécutée pour un tiers, que le simple fait de perdre son traitement ne justifie pas à lui seul la condition d'urgence, que les pièces produites par le requérant ne permettent pas de justifier de son préjudice, que le requérant ne justifie ni de sa séparation ni que ses deux filles sont à sa charge, que le requérant ne justifie pas de la pension qu'il reçoit du fait de sa carrière militaire antérieure, qu'il n'est pas établi que le syndrome anxio-dépressif invoqué par le requérant serait en lien avec sa situation professionnelle ;
- la légalité en litige n'est entachée d'aucun doute sérieux dès lors, d'une part, que l'ensemble des manquements sont avérés, d'autre part, que si le requérant entend se prévaloir devant le juge du référé de la disproportion de la sanction, l'argument est inopérant dès lors qu'il ne se prévaut d'aucun doute sérieux sur la légalité de la décision en litige, enfin, qu'aucun détournement de pouvoir n'est établi par le requérant.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'avis du conseil de discipline du 7 mars 2022 ;
- la requête enregistrée sous le n° 2205186 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Markarian, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 19 juin 2022 à 14 heures en présence de Mme Faure, greffière d'audience, et après lecture du rapport, et remise à Me Baesa des pièces complémentaires produites par le requérant :
Ont été entendus :
- Me Carmier, pour M. C, qui précise que la condition de l'urgence est satisfaite au regard de la jurisprudence qu'il cite, le requérant étant privé de ressources et à découvert de 1 800 euros, que la décision préjudicie de manière grave à sa situation compte tenu de charges mensuelles conséquentes, ses filles si elles sont jeunes majeures étant à sa charge, et alors qu'il est en instance de divorce ; Concernant le doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, c'est la dénonciation de faits crapuleux qui est à l'origine de la sanction, que s'agissant du manquement au devoir d'obéissance, ses notations sont bonnes, que s'agissant du manquement à l'obligation de réserve, l'attestation qu'il produit démontre que les manquements qui lui sont reprochés sont mensongers, que s'agissant du manquement à l'obligation de servir loyalement, le montant des heures en cause ne lui a pas été expliqué alors qu'il avait droit également au versement d'heures supplémentaires, que la sanction est six fois supérieure à celle proposée par la commission de discipline et qu'à supposer même que certains faits puissent lui être reprochés, la sanction qui lui est infligée est disproportionnée alors qu'il est agent de catégorie C et qu'il n'a pas commis d'actes justifiant une telle sanction ;
- Me Baesa pour la commune de Port de Bouc, qui précise, sur l'urgence, que la condition d'urgence n'est pas satisfaite dès lors que la requête a été introduite tardivement à l'encontre de la sanction qui a pris effet le 1er juin 2022, que les pièces versées qui sont tronquées ne permettent pas d'apprécier la situation financière du requérant, qui aurait d'autres comptes et perçoit semble-t-il une retraite de pompier, qu'il a touché la prime du 13ème mois au mois de juin et que sa fille aînée a déposé une déclaration de revenus ; Sur les moyens sérieux, que si une enquête a été menée concernant la fraude aux heures supplémentaires, les manquements reprochés au requérant s'inscrivent dans le cadre d'une autre enquête sans lien avec la première compte tenu de tous ces manquements, le requérant, dont l'ensemble des évaluations sont produites, ayant du mal à respecter les consignes de sa hiérarchie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. Il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés que, par un arrêté du 16 mai 2022, le maire de Port de Bouc a infligé à M. B C une sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de ses fonctions de gardien-brigadier de police municipale, pour une durée de six mois dont trois mois avec sursis, à compter du 1er juin 2022 jusqu'au 1er septembre 2022, sanction relevant du 3ème groupe. M. C demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cet arrêté.
3. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit, enfin, être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés statue.
4. M. C soutient, au titre de la condition d'urgence, que la sanction contestée le prive de sa rémunération pendant trois mois, soit environ 2 500 euros par mois, et que cette perte de rémunération lui cause un préjudice financier suffisamment immédiat puisqu'il ne dispose d'aucune épargne, doit faire face à de nombreuses charges notamment d'emprunt, avec deux filles à charge, étant de surcroît en instance de divorce. Toutefois, la commune de Port de Bouc en défense fait valoir, sans être contestée, que le requérant bénéficie également d'une retraite qui lui est versée compte tenu de ses états de service antérieurs comme militaire et que la prime du treizième mois lui a été versée au mois de juin, qu'il ne justifie pas que ses deux filles âgées de 22 et 21 ans soient à sa charge. Dans ces conditions, et alors que la mesure était déjà exécutée au tiers de sa durée lorsqu'il a saisi le juge du référé, M. C ne justifie pas, à la date de la présente décision, de l'atteinte suffisamment grave et immédiate à ses intérêts. La condition d'urgence ne peut être regardée comme étant remplie. Dès lors, l'une des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas satisfaite, la demande de suspension présentée par M. C doit être rejetée. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par la commune de Port de Bouc sur le même fondement.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Port de Bouc sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à la commune de Port de Bouc.
Fait à Marseille, le 20 juillet 2022.
La Juge des référés
Signé
G. Markarian
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026