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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2205271

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2205271

mercredi 27 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2205271
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantSELARL VULPI AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 juin 2022, 7 septembre 2022 et 29 novembre 2023, M. A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er décembre 2021 par lequel le président du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) des Bouches-du-Rhône a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie à compter du 9 mars 2021 ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 24 février 2022 ;

2°) d'enjoindre au SDIS des Bouches-du-Rhône de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie et de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 9 mars 2021 avec toutes les conséquences qui s'y rattachent ;

3°) de réparer ses préjudices, notamment son préjudice moral ;

4°) d'ordonner la mise en œuvre de la protection fonctionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté ne comporte aucune référence à un arrêté de nomination à un emploi ;

- le rapport d'expertise médicale n'est pas sincère et est entaché d'irrégularité ;

- aucune enquête administrative n'a eu lieu ;

- le rapport du médecin de prévention est illégal ;

- l'avis de la commission de réforme est vicié ;

- l'arrêté du 5 août 2021 qui l'a placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service évoque un accident alors qu'il s'agit d'une maladie ;

- les dispositions de cet arrêté n'ont pas été mises en œuvre dans la mesure où il n'a pas perçu le plein traitement, les indemnités et le remboursement de ses frais médicaux ;

- son syndrome anxio-dépressif d'intensité sévère est directement causé par l'exercice de ses fonctions.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2023, le SDIS des Bouches-du-Rhône, représenté par Me Valette, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable car introduite après l'expiration du délai de recours contentieux ;

- elle est également irrecevable car les moyens de légalité qui l'assortissent n'ont pas été soulevés dans le délai de recours contentieux ;

- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Forest,

- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,

- et les observations de M. B, et celles de Me Valette représentant le SDIS des Bouches-du-Rhône.

Considérant ce qui suit :

1. Sapeur-pompier professionnel au grade de capitaine depuis le 1er décembre 2001, M. B a été muté au sein du SDIS des Bouches-du-Rhône à compter du 1er juillet 2007 et est affecté, depuis le 1er octobre 2015, au service de santé et de secours médical de Bouc-Bel-Air. Par courrier du 9 mars 2021, il a demandé au SDIS des Bouches-du-Rhône de reconnaitre sa maladie comme imputable au service. Le président du SDIS l'a placé, à titre temporaire, en congé pour invalidité temporaire imputable au service par arrêté du 5 août 2021. A la suite d'un avis défavorable de la commission de réforme, émis le 28 octobre 2021, le président du SDIS a, par arrêté du 1er décembre 2021, refusé de reconnaitre la maladie de M. B comme imputable au service. Par courrier du 24 février 2022, remis le lendemain à son administration, M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté et sollicité en conséquence la réparation de ses préjudices et la prise en charge de ses frais de justice à venir. Le SDIS a implicitement rejeté cette demande. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 1er décembre 2021 et de la décision implicite de rejet de sa demande formée le 24 février 2022. Il demande également à ce qu'il soit enjoint au SDIS de le placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 9 mars 2021, de réparer ses préjudices et de lui octroyer la protection fonctionnelle.

Sur la recevabilité de la requête :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " () le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ". Aux termes de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête ".

4. Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires, la date à prendre en considération pour apprécier si un recours contentieux adressé à une juridiction administrative par voie postale a été formé dans le délai de recours contentieux est celle de l'expédition du recours, le cachet de la poste faisant foi.

5. Par un courrier dont il n'est pas contesté qu'il a été remis le 25 février 2022 à son administration, M. B a formé un recours gracieux contre l'arrêté du 1er décembre 2021, sollicité la réparation de ses préjudices et la prise en charge de ses frais de justice. La décision implicite de refus du SDIS née le 25 avril 2022 a fait courir, en application des dispositions exposées au point 3, le délai de recours de deux mois. Si la requête de M. B, expédiée au plus tard le 27 juin 2022 par voie postale et enregistrée le 28 juin 2022, a été introduite, eu égard aux considérations exposées au point 4, dans le délai de recours contentieux, celle-ci se bornait toutefois à contester l'arrêté du 1er décembre 2021 sans exposer aucun moyen. Elle ne contenait, par ailleurs, ni conclusions en indemnisation ni conclusions tendant à obtenir la protection fonctionnelle. Les moyens développés à l'appui de la requête, qui n'ont été présentés que par un mémoire enregistré au greffe le 7 septembre 2022, ont été exposés pour la première fois après l'expiration du délai de recours contentieux, et n'étaient dès lors plus susceptibles de régulariser le défaut de motivation de la requête, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. La circonstance que la production tardive d'un mémoire motivé par M. B ait fait suite à une mise en demeure de produire le mémoire complémentaire annoncé, adressée par le greffe au requérant le 9 août 2022 après l'expiration du délai de recours, reste sans influence à cet égard.

6. Par suite, la requête de M. B qui ne comportait l'énoncé d'aucun moyen et n'a pas été régularisée dans le délai de recours contentieux, ne peut qu'être rejetée comme irrecevable en toutes ses conclusions.

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B la somme demandée par le SDIS des Bouches-du-Rhône au titre des frais exposés dans l'instance sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le SDIS des Bouches-du-Rhône sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au service départemental d'incendie et de secours des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 5 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Gaspard-Truc, première conseillère,

Mme Forest, première conseillère,

Assistées par Mme Faure, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

H. Forest

La présidente,

Signé

M.-L. Hameline

La greffière,

Signé

N. Faure

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

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