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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2205404

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2205404

mercredi 31 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2205404
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSEMERIVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juillet 2022, et un mémoire en réplique, enregistré le 24 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Taiebi, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 septembre 2020 par lequel la présidente de la métropole Aix-Marseille Provence a prononcé sa radiation des effectifs à compter du 1er octobre 2020 ;

2°) d'enjoindre à la métropole Aix-Marseille Provence de le réintégrer à compter du 1er octobre 2020 et de reconstituer sa carrière en conséquence, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la métropole Aix-Marseille Provence la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la recevabilité :

- sa requête est recevable, dès lors que l'arrêté attaqué ne lui a jamais été régulièrement notifié et qu'il n'en a eu connaissance que par courriel du 6 mai 2022 à la suite d'une intervention syndicale ; en effet, le 29 septembre 2020, date à laquelle il a été avisé à son domicile du pli contenant l'arrêté de radiation des cadres, il vivait chez sa sœur en raison de son état de santé, jugé alors particulièrement préoccupant et ayant justifié une longue série d'arrêts de travail ainsi que des hospitalisations, et souffrait d'un handicap physique directement lié à l'accident survenu en 2014 (lésion du genou gauche) ; de plus, l'administration était informée des hébergements temporaires chez ses sœurs, dans la mesure où différents courriers de la métropole ont été adressés chez celles-ci ;

S'agissant de la légalité de la décision en litige :

- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de mise en demeure préalable ;

- elle est infondée, dès lors qu'il était placé en arrêt de travail pour maladie durant toute l'année 2020, notamment entre le 27 août et le 16 octobre 2020 par un arrêt transmis à son employeur, et qu'en tout état de cause, il avait été jugé inapte à la reprise de son ancien poste et n'avait pas reçu de proposition de nouveau poste ;

- faute d'affectation régulière sur un emploi compatible avec son état de santé, son employeur ne pouvait valablement, sans commettre une erreur de droit, prononcer sa radiation des cadres pour abandon de poste ;

- l'abandon de poste n'est pas caractérisé, dès lors qu'il n'y a eu aucune intention de sa part de rompre tout lien avec le service et qu'il incombait à l'administration de le placer dans une position conforme à son statut et de saisir le comité médical afin de prolonger sa période de disponibilité pour raisons de santé, qui était expirée depuis le mois d'avril 2019, ou de le placer dans une autre position administrative.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 juin et 22 décembre 2023, la métropole Aix-Marseille-Provence, représentée par Me Semeriva, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge du requérant de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code justice administrative.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est tardive et, dès lors, irrecevable ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des postes et des communications électroniques ;

- l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Aux termes de l'article R. 421-5 de ce code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article 5 de l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux : " En cas d'absence du destinataire à l'adresse indiquée par l'expéditeur lors du passage de l'employé chargé de la distribution, un avis du prestataire informe le destinataire que l'envoi postal est mis en instance pendant un délai de quinze jours à compter du lendemain de la présentation de l'envoi postal à son domicile ainsi que du lieu où cet envoi peut être retiré. / Au moment du retrait par le destinataire de l'envoi mis en instance, l'employé consigne sur la preuve de distribution les informations suivantes : / () / - la date de distribution. / La preuve de distribution comporte également la date de présentation de l'envoi. / Les modalités de l'information du destinataire sont fixées dans les conditions générales de vente ainsi que celles relatives au retour de l'envoi postal à l'expéditeur en cas de non-distribution ". Aux termes de l'article 7 du même arrêté : " A la demande de l'expéditeur, et moyennant rémunération de ce service additionnel fixée dans les conditions générales de vente, le prestataire peut établir un avis de réception attestant de la distribution de l'envoi. Cet avis est retourné à l'expéditeur et comporte les informations suivantes : / () / - la date de présentation si l'envoi a fait l'objet d'une mise en instance ; / - la date de distribution () ".

3. En cas de contestation sur ce point, il incombe à l'administration d'établir que la notification d'une décision qu'elle a édictée a été régulièrement adressée à l'administré et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l'adresse du destinataire, la notification étant, dans cette hypothèse, réputée avoir été régulièrement accomplie à la date de vaine présentation du pli. La preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l'expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d'un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la règlementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d'une notification régulière le pli recommandé retourné à l'administration auquel est rattaché un volet " avis de réception " sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l'enveloppe ou l'avis de réception, l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis.

4. Il ressort de l'arrêté du 25 septembre 2020 en litige qu'il comporte la mention des voies et délais de recours de manière conforme aux dispositions précitées de l'article R. 421-5 du code de justice administrative. Il ressort des pièces du dossier que cet arrêté a été adressé à M. B par lettre recommandée avec accusé de réception à l'adresse déclarée par l'intéressé depuis 2018 à son employeur : chez Mme C B, 150, rue Breteuil à Marseille (13006) et que le pli, présenté le 29 septembre 2020, a été retourné par les services postaux à la métropole Aix-Marseille-Provence revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé ". A cet égard, s'il produit un courrier du 14 mai 2020 que la maison départementale des personnes handicapées des Bouches-du-Rhône lui a transmis à son adresse d'hébergement chez sa sœur, Nathalie, le requérant n'établit ni qu'il était hébergé chez celle-ci en septembre 2020, dès lors que les autres pièces contemporaines du dossier, notamment l'arrêt de travail portant sur la période du 27 août au 16 octobre 2020, mentionnent l'adresse précitée de la rue Breteuil, ni, comme il se borne à l'affirmer, qu'il aurait été mis dans l'impossibilité, du fait notamment de son état de santé, d'aller retirer le pli recommandé durant le délai de quinze jours de sa mise à disposition au bureau de poste. Par ailleurs, il ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que l'administration était informée de ses hébergements temporaires chez deux autres de ses sœurs, Eléonore en 2016 et Jeanne-Marie en 2017, soit plusieurs années avant la notification de l'arrêté litigieux. Dans ces conditions, la notification de l'arrêté attaqué est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date de vaine présentation du pli, le 29 septembre 2020. Le délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative a donc commencé à courir le 30 septembre 2020, lendemain de son déclenchement. Or, la requête présentée par M. B n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 4 juillet 2022, soit après l'expiration de ce délai, sans que l'intéressé puisse utilement soutenir n'avoir eu connaissance de l'arrêté attaqué que par un courriel du 6 mai 2022. Dès lors, la requête de M. B est tardive et doit, par suite, être rejetée comme manifestement irrecevable en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille-Provence sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la métropole Aix-Marseille-Provence sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la métropole Aix-Marseille-Provence.

Fait à Marseille, le 31 janvier 2024.

La présidente de la 8ème chambre,

Signé

K. Jorda-Lecroq

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière

3

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