lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2205431 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | COHEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er juillet 2022 et le 7 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 avril 2022 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours contre la décision du 25 mai 2021 de la ministre des armées lui concédant une pension militaire d'invalidité définitive à compter du 27 février 2021 au taux global de 20% pour l'infirmité " séquelles de choc lombaire : raideur rachidienne douloureuse avec distance doigts-sol à 47 cm et indice de Schober à 10 + 2, sciatalgie gauche L5 tronquée, absence d'amyotrophie, absence de déficit sensitivo-moteur " ;
2°) d'enjoindre au ministre des armées de fixer le taux d'invalidité de son infirmité " séquelles de choc lombaire () " au taux de 25% ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise avant-dire droit ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 600 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le taux d'invalidité de son infirmité doit être fixé à 25% dès lors que ce taux est celui qui a été retenu par l'expert.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 11 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Devictor, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A s'est engagé le 6 octobre 2010 dans la légion étrangère et a été radié des contrôles le 8 mars 2020. Par un arrêté ministériel du 30 décembre 2019, une pension militaire d'invalidité temporaire lui a été concédée à titre temporaire, pour la période du 27 février 2018 au 26 février 2021, au taux global de 25% pour l'infirmité " séquelles de choc lombaire: persistance d'une raideur rachidienne douloureuse avec distance doigts sol à 60 cm et SCHOBER à 10 + 11,5, sciatalgie gauche L5 avec Lasègue à 45°. Absence d'amyotrophie, ni de déficit sensitivo moteur des membres inférieurs. Absence d'état antérieur " imputable à un accident de service survenu le 9 août 2013 en opération extérieur. Par une demande, enregistrée le 5 juin 2020, il a sollicité le renouvellement de sa pension militaire d'invalidité. Par un arrêté ministériel du 25 mai 2021, une pension militaire d'invalidité définitive lui a été concédée au taux d'invalidité de 20%, à compter du 27 février 2021, au titre de l'infirmité renommée " séquelles de choc lombaire : raideur rachidienne douloureuse avec distance doigts-sol à 47 cm et indice de Schober à 10 + 2, sciatalgie gauche L5 tronquée, absence d'amyotrophie, absence de déficit sensitivo-moteur ". M. A a formé un recours administratif devant la commission de recours de l'invalidité contre cette décision pour contester le taux d'invalidité de son infirmité. Par une décision du 13 avril 2022, dont il demande l'annulation, la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Ouvrent droit à pension : 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service () ". Aux termes de l'article L. 121-5 du même code : " La pension est concédée :1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le taux d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10 % ;() ". Concernant la névralgie sciatique, le guide-barème des invalidités préconise : " () a. Névralgie sciatique légère, confirmée (en dehors du signe de Lasègue et des points douloureux) par l'existence de signes objectifs, modifications du réflexe achilléen, atrophie musculaire, scolioses, etc. mais sans trouble grave de la marche : 10 à 20% ;/ b. Névralgie sciatique, d'intensité moyenne, avec signes objectifs manifestes, gêne considérable de la marche et du travail : 25 à 40% ; / c. Névralgie sciatique grave, rendant le travail et la marche impossibles nécessitant souvent le séjour au lit : 45 à 60% ;/ d. Névralgie sciatique compliquée de réaction causalgique plus ou moins intense ou de retentissement sur l'état général : 40 à 80% ".
3. Il résulte de l'instruction que pour confirmer le taux de 20% d'invalidité retenu par le ministre des armées, la commission de recours de l'invalidité a relevé que si l'expert médical avait constaté, dans son rapport du 1er mars 2021, que M. A présentait un indice de Schôber de 10/12, une distance doigts-sol à 47 cm, une inclinaison latérale à 6 cm à droite et à 4 cm à gauche, un Lasègue de 45° à gauche, que M. A déclarait pouvoir marcher 30 à 40 minutes au mieux avec des lombalgies irradiant au genou gauche, il n'avait en revanche, pas relevé de douleurs à la palpation, ni d'anomalie de la marche, de la statique ou des courbures, ni d'anomalie neurologique, ni encore d'amyotrophie ou de déficit de la force musculaire. La commission de recours de l'invalidité note également que le médecin chargé des pensions militaires d'invalidité a, dans son avis du 26 avril 2021, proposé un taux d'invalidité de 20% pour cette infirmité compte tenu de l'amélioration des séquelles de M. A depuis l'expertise réalisée le 10 septembre 2019, en particulier de la raideur rachidienne, avec un indice de Schôber mesuré à 10/12 en 2021 contre 10/11,5 en 2019. La commission de recours de l'invalidité note enfin que M. A ne produit aucun document médical permettant de remettre en cause l'analyse réalisée par le médecin chargé des pensions militaire d'invalidité. Toutefois, il résulte de l'instruction, en particulier de la comparaison entre les rapports d'expertise du 10 septembre 2019 et du 1er mars 2021, que si M. A présente bien une amélioration de la distance doigts sol passée de 60 cm en 2019 à 47 cm en 2021, il présente toutefois toujours un signe de Lasègue de 45° à gauche, une sciatalgie gauche L5 séquellaire, et une amélioration infime de l'indice de Schôber passé de 10/11,5 en 2019 à 10/12 en 2021. Le rapport d'expertise du 1er mars 2021 note également que M. A présente des lombalgies irradiant le genou gauche et une sciatalgie gauche nécessitant des séances de kinésithérapie trois fois par semaine et limitant son périmètre de marche à 30/40 minutes. Il conclut que M. A présente des séquelles de traumatisme lombaire avec sciatalgie gauche en L5 séquellaire et estime que le taux d'invalidité de son infirmité doit être maintenu à 25%. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que l'amélioration de l'état de M. A soit telle qu'elle permette de qualifier son infirmité de névralgie sciatique légère et non plus de névralgie sciatique d'intensité moyenne pour laquelle le guide-barème des invalidités prévoit un taux d'invalidité compris entre 25 et 40%. Par suite, le ministre des armées a commis une erreur d'appréciation en fixant le taux d'invalidité de l'infirmité de M. A à 20%.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner une mesure d'expertise, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 13 avril 2022 de la commission de recours de l'invalidité et à ce qu'une pension militaire d'invalidité lui soit allouée au taux de de 25% au titre de l'infirmité " séquelles de choc lombaire : raideur rachidienne douloureuse avec distance doigts-sol à 47 cm et indice de Schober à 10 + 2, sciatalgie gauche L5 tronquée, absence d'amyotrophie, absence de déficit sensitivo-moteur " à compter 27 février 2021.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 13 avril 2022 de la commission de recours de l'invalidité est annulée.
Article 2 : Une pension militaire d'invalidité est allouée à M. A au taux de 25 % au titre de l'infirmité " séquelles de choc lombaire : raideur rachidienne douloureuse avec distance doigts-sol à 47 cm et indice de Schober à 10 + 2, sciatalgie gauche L5 tronquée, absence d'amyotrophie, absence de déficit sensitivo-moteur " à compter du 27 février 2021.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 500 euros à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre des armées et des anciens combattants.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Devictor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
É. DevictorLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
N°2205431
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026