lundi 20 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2205537 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | CHERIGUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 1er juillet 2022 et le 28 février 2023, M. D B, représenté par Me Cherigui, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la contrainte émise le 2 juin 2022 par le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) des Bouches-du-Rhône en vue du recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 5 219 euros pour la période du 1er mai 2016 au
31 décembre 2017 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône ainsi qu'à la CAF de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et de la CAF la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-7 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est recevable ;
- la contrainte méconnait les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle ne mentionne pas la qualité de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'article L. 161-1-5 de la sécurité sociale ne prévoit pas la possibilité de procéder au recouvrement de l'allocation de logement sociale par voie de contrainte ;
- les modalités de calcul du montant de l'indu réclamé sont erronées ; la période prise en compte pour calculer le montant de l'indu, du 1er mai 2016 au 31 décembre 2017, est erronée dès lors qu'il a cessé toute activité salariale l7 novembre 2017 ;
- la CAF a commis une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'avait pas connaissance de l'obligation de déclarer à la CAF la modification de sa situation professionnelle ; il déclarait sa situation de bonne foi auprès de pôle emploi et a transmis ses bulletins de salaire pour 2018 à la CAF ; les services de la CAF n'ont pas pris en considération les justificatifs qu'il a communiqués.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2023, la CAF des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Lefèbvre, substituant Me Cherigui, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B fait opposition à la contrainte émise à son encontre le 2 juin 2022 par le directeur de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône réclamant une somme de 5 219 euros concernant un trop-perçu d'allocation de logement sociale pour la période du
1er mai 2016 au 31 décembre 2017 au motif d'un changement de situation professionnelle depuis le 1er juin 2016
En ce qui concerne la régularité de la contrainte :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre./Les aides personnelles au logement comprennent : / () 2° Les allocations de logement : () b) L'allocation de logement sociale. " et selon l'article
L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. " et aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée et sans préjudice des articles L.133-4 du présent code et L.725-3-1 du code rural et de la pêche maritime, le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixés par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine "
3. En raison des effets qui s'y attachent, la contrainte est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision, à moins que ces informations aient été adressées auparavant au débiteur, la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.
4. En l'espèce, contrairement à ce qui est allégué par le requérant, la contrainte mentionne notamment, sans contradiction, l'objet de la prestation réclamée, soit l'allocation de logement sociale et non pas l'aide personnalisée au logement. M. B était dès lors en mesure de comprendre la nature et l'étendue précise de la créance de la CAF et le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la contrainte doit être rejeté.
5. En deuxième lieu, l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ". Si son article L. 212-2 prévoit certaines exceptions, limitativement énumérées, à cette règle, celles-ci ne concernent pas les contraintes délivrées par les organismes de sécurité sociale à des particuliers.
6. Contrairement à ce qui est allégué par le requérant, la contrainte en litige, dont le document complet a été produit en cours d'instance, mentionne la qualité de directeur de
M. C, signataire de la contrainte. Dès lors, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
7. En troisième lieu, il résulte des dispositions citées au point des articles L. 823-9 et
L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation ainsi de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale, dans leur version applicable à la date du recouvrement par la contrainte en litige, que le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut délivrer une contrainte pour le recouvrement d'une prestation d'allocation de logement sociale. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu mis à la charge de M. B :
8. Aux termes de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation : " Les contestations des décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes payeurs doivent faire l'objet d'un recours administratif préalable devant l'organisme payeur qui en est l'auteur, selon des modalités fixées par voie réglementaire ".
9. Il résulte de l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation précité qu'un recours contentieux tendant à l'annulation d'une décision du directeur de la caisse d'allocations familiales ordonnant le reversement d'un indu d'allocation de logement familiale doit faire l'objet, à peine d'irrecevabilité, d'un recours administratif préalable. En revanche, une opposition à contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonne pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable du même recours administratif. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu que s'il a exercé le recours administratif prévu à l'article L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation.
10. Il résulte des règles rappelées au point précédent que le destinataire d'une contrainte relative à l'allocation de logement familiale peut former directement opposition contre cette contrainte devant le tribunal administratif. Mais il ne pourra alors que contester la forme de la contrainte. Pour contester l'existence et le montant de l'indu, le requérant doit, en revanche, avoir au préalable, exercé un recours auprès de l'organisme payeur.
11. Dans sa requête par laquelle il forme opposition à la contrainte émise à son encontre le 2 juin 2022 en vue du recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 5 219 euros, M. B fait valoir que la période prise en compte pour calculer le montant de l'indu, du 1er mai 2016 au 31 décembre 2017, est erronée dès lors qu'il a cessé toute activité salariale le l7 novembre 2017, que la CAF a commis une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'avait pas connaissance de l'obligation de déclarer la modification de sa situation professionnelle alors qu'il a déclaré sa situation de bonne foi auprès de pôle emploi et a transmis ses bulletins de salaire pour 2018 à la CAF. Ce faisant, il doit être regardé comme contestant uniquement le bien-fondé de l'indu mis à sa charge. Or, si M. B justifie avoir adressé à la CAF un recours administratif le 23 février 2023, ce recours n'a pas été exercé auprès de l'organisme payeur préalablement à l'enregistrement de la requête, tel que cela est prévu par les dispositions précitées de l'article
L. 825-2 du code de la construction et de l'habitation. Par suite, les moyens tirés de la contestation du bien-fondé de l'indu objet de la contrainte sont irrecevables et doivent être rejetés.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par
M. B doivent être rejetées, ainsi que ses conclusions aux fins d'injonction et, par voie de conséquence, celles présentées au titre des dispositions de l'article 37 de la loi n°91-647 du
10 juillet 1991 et de l'article L. 761-7 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera faite à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2023.
La magistrate désignée,
signé
E. ALa greffière,
signé
S. IBRAM
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026