lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2205547 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | Cabinet KOSZCZANSKI & BERDUGO |
Vu la procédure suivante :
A une requête, enregistrée le 7 juillet 2022, M. E B, représenté A Me Koszczanski, demande au tribunal :
1°) d
'annuler l'arrêté du 5 juillet 2022 A lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé son transfert aux autorités bulgares responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'annuler l'arrêté du même jour A lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a assigné à résidence ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale et de lui délivrer une attestation de demande d'asile dite " Procédure normale " ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation administrative, dans un délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros A jour de retard ;
4°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
5°) de mettre une somme de 1 000 euros à la charge de l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous condition que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté de transfert est insuffisamment motivé ;
- les stipulations de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ont été méconnues dès lors qu'il n'est pas établi qu'il s'est vu remettre, dans une langue qu'il comprend et A écrit, les brochures d'information prévues A ces dispositions ;
- les stipulations de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 ont été méconnues dès lors qu'il n'est pas établi que l'entretien individuel prévu A ces dispositions a effectivement eu lieu, de façon confidentielle et dans une langue qu'il comprend ;
- le préfet ne justifie pas de la saisine régulière des autorités bulgares ;
- cet arrêté de transfert méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 compte tenu des graves maltraitances dont il a fait l'objet il risque en cas de transfert de subir à nouveau des traitements inhumains ou dégradants ; pour ces motifs, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
- il court le risque d'être renvoyé vers son pays d'origine sans examen de sa demande d'asile ;
- il n'a pas été mis en mesure de présenter des observations sur la décision d'assignation à résidence et de se faire assister d'un mandataire de son choix ;
- le préfet ne lui a pas remis l'information prévue à l'article L. 732-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- le préfet ne justifie pas son assignation à résidence sur le fondement d'une requête de prise ou de reprise en charge qui aurait été communiqué à l'Etat requis ;
- la décision l'assignant à résidence est disproportionnée et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
A un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés A M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc, magistrate désignée
- les observations de Me Atger, substituant Me Koszczanski représentant M. B, assisté de Mme C, interprète en langue pachto. Me Koszczanski déclare se désister du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan, a sollicité l'asile le 29 mars 2022 auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Après consultation du fichier Eurodac, le préfet des Bouches-du-Rhône, estimant que la France n'était pas responsable de sa demande d'asile, a saisi les autorités bulgares le 6 avril 2022, lesquelles ont donné leur accord implicite pour reprendre en charge l'intéressé. Le 5 juillet 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris à l'encontre de l'intéressé un arrêté portant transfert aux autorités bulgares et un arrêté l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. B demande l'annulation de ces arrêtés.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée A un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, A le président de ce bureau, A la juridiction compétente ou A son président.
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 17 du règlement du 26 juin 2013 : " 1. A dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée A un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
5. M. B fait valoir de manière constante, y compris lors de son entretien individuel auprès des services de la préfecture le 29 mars 2022, que lors de son passage en Bulgarie il a été systématiquement frappé et qu'il a été enfermé lors de son passage dans un camp pendant plus de vingt jours, dans une cellule avec une vingtaine d'autres personnes, dans des conditions sanitaires dégradées. Interrogé à l'audience, ses déclarations précises et circonstanciées ont confirmé ces constatations, lesquelles ne sont pas sérieusement contredites A le préfet des Bouches-du-Rhône. M. B a A ailleurs déclaré à l'audience, en des termes personnalisés et empreints de vécu, avoir été dénudé pour ensuite être violenté devant ses compatriotes. Dans les circonstances de l'espèce, il apparait que le transfert de M. B en Bulgarie est susceptible d'entrainer un risque qu'il y subisse à nouveau des traitements inhumains et dégradants. A suite la décision en litige du 5 juillet 2022 de transfert aux autorités bulgares, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés à son encontre, doit être annulée. A voie de conséquence, la décision du même jour assignant M. B à résidence doit également être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. La présente décision implique que le préfet des Bouches-du-Rhône enregistre la demande d'asile de M. B en procédure normale et lui permettre de saisir l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, ce dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Koszczanski, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à Me Vanessa Koszczanski au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 5 juillet 2022 A lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de transférer M. B à destination de la Bulgarie est annulé.
Article 3 : L'arrêté du 5 juillet 2022 du préfet des Bouches-du-Rhône assignant M. B à résidence est annulé.
Article 4 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône d'enregistrer la demande d'asile de M. B en procédure normale dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement et de lui permettre de saisir l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Article 5 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Koszczanski renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera une somme de 1 000 euros à Me Vanessa Koszczanski , avocate de M. B, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, à Me Vanessa Koszczanski et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
La magistrate désignée,
Signé
F. DLa greffière,
Signé
J. Saint-Etienne
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026