mardi 28 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2205746 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MICHEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juillet 2022 et 17 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Michel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mai 2022 par laquelle le président-directeur général du centre national de la recherche scientifique (CNRS) a suspendu le versement de son traitement à compter du mois de mai 2022 ;
2°) d'enjoindre audit président-directeur général, sous peine d'astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir :
- de procéder au rétablissement de ses traitements dus à compter du mois de mai 2022 ;
- de procéder à sa réintégration effective conformément à l'avis de l'expert rendu le 5 janvier 2022 ;
- de procéder à la reconstitution de ses droits sociaux et de sa carrière ;
3°) de mettre à la charge du CNRS la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la procédure à l'issue de laquelle elle a été prise est irrégulière ;
- la décision est entachée d'une rétroactivité illégale puisqu'elle n'a été notifiée que le 9 juin 2022 ;
- la décision est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation ;
- la décision en litige constitue une sanction déguisée par la conjonction des éléments objectif et subjectif, au vu du contexte global et contentieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2024, le CNRS conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 octobre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2024 à 12H.
Un mémoire présenté par le CNRS a été enregistré le jour même à 12H54, postérieurement à la clôture et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,
- les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique,
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 25 mai 2022, le président-directeur général du CNRS a suspendu le versement du demi-traitement de Mme B, ingénieure d'études, à compter du mois de mai 2022. Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'alinéa 6 de l'article 25 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " L'administration peut faire procéder à tout moment à l'examen du demandeur par un médecin agréé. Elle fait en outre procéder à cet examen au moins une fois après une période de congé de maladie de six mois consécutifs. Le fonctionnaire se soumet à cet examen sous peine d'interruption du versement de sa rémunération ".
3. Aux termes de l'article 27 du même décret alors applicable : " Lorsqu'un fonctionnaire a obtenu pendant une période de douze mois consécutifs des congés de maladie d'une durée totale de douze mois, il ne peut, à l'expiration de sa dernière période de congé, reprendre son service sans l'avis favorable du conseil médical : en cas d'avis défavorable, s'il ne bénéficie pas de la période de préparation au reclassement prévue par le décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984 pris en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat en vue de faciliter le reclassement des fonctionnaires de l'Etat reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, il est soit mis en disponibilité, soit reclassé dans un autre emploi, soit, s'il est reconnu définitivement inapte à l'exercice de tout emploi, admis à la retraite après avis d'un conseil médical. Le paiement du demi-traitement est maintenu, le cas échéant, jusqu'à la date de la décision de reprise de service, de reclassement, de mise en disponibilité ou d'admission à la retraite. Le fonctionnaire qui, à l'expiration de son congé de maladie, refuse sans motif valable lié à son état de santé le ou les postes qui lui sont proposés peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire ".
4. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de l'accident dont elle a été victime le 12 décembre 2014, reconnu imputable au service le 1er avril 2016, le président-directeur général du CNRS a, par une décision du 26 septembre 2018, affecté Mme B, à compter du 15 octobre 2018, sur un emploi d'ingénieur en techniques d'analyse chimique au sein du laboratoire de chimie pour l'environnement à Marseille. Cette décision a été annulée par le tribunal administratif de Marseille par un jugement du 1er avril 2021 n°1808344 devenu définitif, notamment au motif tiré de l'absence de consultation du comité médical en vertu de l'article 7 du décret du 14 mars 1986, et a enjoint au président-directeur général du CNRS de procéder au réexamen la situation de Mme B dans un délai de deux mois. En exécution de ce jugement, le comité médical du CNRS a convoqué l'intéressée par courrier du 11 décembre 2021 à une visite médicale devant un médecin agréé le 5 janvier 2022 afin de permettre au comité médical de statuer sur sa situation, expertise médicale à laquelle elle s'est rendue. Le comité médical a adressé un nouveau courrier à Mme B le 21 février 2022 notifié le 1er mars suivant, la convoquant à un nouvel examen médical le 9 mars 2022, dans des termes identiques à ceux utilisés pour le premier courrier sans aucune explication sur les raisons de la tenue d'une nouvelle expertise. Contrairement à ce que soutient le CNRS, la requérante a, par un courrier du 4 mars 2022 réceptionné le 7 mars 2022, demandé au comité médical, après avoir indiqué qu'elle n'avait pas encore été destinataire du rapport de l'expertise médicale du 5 janvier 2022 et qu'elle s'interrogeait sur la nécessité d'une nouvelle expertise, de reporter la date de cette nouvelle expertise médicale. Dans ces conditions, Mme B ne saurait être considérée comme ayant refusé de se soumettre à un examen médical indispensable pour statuer sur sa situation faisant obstacle à toute reprise de service et justifiant de la suspension de son demi-traitement, alors au surplus que le médecin agréé dans son rapport d'expertise établi le jour même de l'expertise le 5 janvier 2022 concluait que l'état de santé de Mme B ne justifiait pas d'un changement d'affectation au 15 octobre 2018, qu'il ne justifiait pas davantage un congé maladie depuis le 30 novembre 2018 et qu'à cette date elle était apte à une reprise d'activité. Dès lors, le CNRS en suspendant le traitement de Mme B a entaché la décision attaquée d'erreur de droit.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision du 25 mai 2022 par laquelle le président-directeur général du CNRS a suspendu le versement du demi-traitement de Mme B doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique seulement que le président-directeur général du CNRS procède au rétablissement des traitements de Mme B à compter du mois du 1er mai 2022, sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait dans un délai de deux mois à compter de sa notification, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte. Il n'y a pas lieu de faire droits aux autres conclusions d'injonction présentées par la requérante.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le CNRS demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du CNRS une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du président-directeur général du CNRS du 25 mai 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président-directeur général du CNRS de procéder au rétablissement des traitements de Mme B à compter du mois de mai 2022, sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Les conclusions présentées par le CNRS sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre national de la recherche scientifique.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Simon, présidente,
Mme Hétier-Noël, première conseillère,
Mme Diwo, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.
La rapporteure,
signé
C. Hétier-Noël
La présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
R. Berkat
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
La greffière,
No 2205746
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026