vendredi 31 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2205955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | IGLESIAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2022, Mme C D, représentée par Me Iglesias, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui renouveler sa carte de séjour temporaire et l'a obligée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " étudiant " dans un délai de deux mois ou, à titre très subsidiaire, de réexaminer sa demande sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros à Me Iglesias sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur la décision de refus de renouvellement de la carte de séjour temporaire
- le signataire de la décision attaquée était incompétent ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Devictor a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D est entrée régulièrement en France le 5 septembre 2017 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Elle a bénéficié de deux cartes de séjour temporaire mention " étudiant " et en dernier lieu, d'une carte de séjour temporaire mention " travailleur temporaire " valable jusqu'au 31 décembre 2020. Le 19 janvier 2022, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Mme D demande l'annulation de l'arrêté du 23 mai 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de faire droit à sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. L'arrêté du 23 mai 2022, par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté la demande de renouvellement de la carte de séjour temporaire de Mme D n'est assortie que d'une invitation à quitter le territoire français, et non d'une obligation de quitter le territoire français. Les conclusions tendant à l'annulation d'une obligation de quitter le territoire français, dirigées contre une décision inexistante, sont, par suite, irrecevables.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision de refus de renouvellement de la carte de séjour temporaire :
3. En premier lieu, la décision a été signée par Mme B A, cheffe du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile de la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui a reçu, par un arrêté du 31 août 2021 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 1er septembre 2021, délégation de signature à l'effet de signer l'arrêté en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit par suite être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne les articles applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment l'article L. 435-1 ainsi que l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que Mme D ne démontre pas d'insertion sociale ou professionnelle significative sur le territoire français et ne fait valoir aucun motif exceptionnel ni considération humanitaire justifiant son admission exceptionnelle au séjour. La décision en litige comporte ainsi de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait se rapportant à la situation personnelle de l'intéressée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision doit être écarté.
5. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme D était titulaire en dernier lieu d'une carte de séjour temporaire mention " travailleur temporaire " valable jusqu'au 31 décembre 2020. Parallèlement à son master II, elle a été recrutée en juin 2019 en contrat à durée déterminée en qualité d'agent contractuel par l'université d'Aix-Marseille pour assurer les fonctions d'ingénieure d'études pour une durée d'un mois. Son contrat a été renouvelé de septembre 2019 à janvier 2020 puis de janvier à mai 2020 et enfin de décembre 2020 à juin 2021. Si elle fait valoir qu'elle est membre d'une association depuis 2019 et qu'elle s'est inscrite dans un nouveau master pour l'année universitaire 2021/2022, ces circonstances ne révèlent pas des motifs exceptionnels ou des circonstances humanitaires de nature à pouvoir prétendre à une mesure de régularisation sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur de fait et une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle doit être écarté.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Mme D, âgée de trente-neuf ans, célibataire et sans charge de famille, a vécu dans son pays d'origine au moins jusqu'à l'âge de trente-cinq ans et ne justifie pas y être dépourvue d'attaches dès lors que ses parents et son frère y résident. En outre, elle ne justifie pas d'une insertion socio-professionnelle suffisante sur le territoire ainsi qu'il a été dit précédemment. Par suite, au regard de la durée et de ses conditions de séjour en France, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, quand bien même l'un de ses frères résiderait en France.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 23 mai 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que la demande présentée sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.
La rapporteure,
Signé
É. DevictorLe président,
Signé
P-Y. Gonneau
La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026