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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2205994

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2205994

mercredi 22 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2205994
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP AMIEL - SUSINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 et 31 juillet 2022,

Mme B D et M. C A, représentés par Me Caviglioli, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 janvier 2022 par lequel la maire d'Aix-en-Provence a accordé un permis de construire deux bâtiments collectifs de vingt-deux logements sur les parcelles cadastrées section BM n° 118, n° 119 et n° 120, situées au 51 avenue Saint-Jérôme, ainsi que les décisions portant rejet de leur recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Aix-en-Provence et de la SARL SLC1 une somme de 4 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le permis de construire méconnaît l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 431-10 du même code ;

- il méconnaît les articles L. 111-11 et L. 332-15 du même code ;

- il méconnaît les articles UM3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) et l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article UM6 du règlement du PLU ;

- il méconnaît l'article UM7 du règlement du PLU ;

- il méconnaît l'article UM9 du règlement du PLU et est entaché de fraude ;

- il méconnaît l'article UM11 du règlement du PLU ;

- il méconnaît l'article UM12 du règlement du PLU ;

- il méconnaît le règlement de zonage pluvial ;

- il méconnaît les dispositions du PLU applicables en zone inondable ;

- il méconnaît le règlement de gestion de collecte des déchets.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2022, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Andreani, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge des requérants une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2023, la SARL SLC1, représentée par Me Susini, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de chaque requérant une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens présentés par les requérants ne sont pas fondés.

Par lettre du 10 octobre 2023, le tribunal a informé les parties qu'il envisageait de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et les a invités à présenter des observations en ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance par le projet :

- de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme ;

- des articles L. 111-11 et L. 332-15 du même code ;

- de l'article UM3-2.1 du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- de l'article UM12 du plan local d'urbanisme.

Un mémoire en observations, enregistré le 16 octobre 2023, a été présenté pour la SARL SLC1 et communiqué le même jour.

Par lettre du 19 octobre 2023, le tribunal a informé les parties qu'il envisageait de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et les a invitées à présenter des observations en ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance par le projet des dispositions du D de l'article 1.1 des dispositions particulières du règlement du PLU applicables dans les secteurs repérés en bleu, et en jaune concernant le niveau des planchers créés à la cote PHE + 0,20 mètre pour les zones en bleu et à TN + 0,20 mètre pour les zones en jaune.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Arniaud,

- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,

- les observations de Me Caviglioli, représentant les requérants, celles de Me Tosi, représentant la commune d'Aix-en-Provence, et celles de Me Susini, représentant

la SARL SLC1.

Considérant ce qui suit :

1. Le 25 janvier 2022, la maire d'Aix-en-Provence a accordé à la SARL SLC1 un permis de construire deux bâtiments collectifs de vingt-deux logements avenue Saint-Jérôme sur les parcelles cadastrées section BM n° 118, n° 119 et n° 120. Par la présente requête,

Mme D et M. A demandent au tribunal d'annuler la décision du 25 janvier 2022 et la décision du 7 juin 2022, de rejet de leur recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ". Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de cette décision ou s'il a privé les intéressés d'une garantie.

3. D'une part, les requérants soutiennent que l'avis du service d'incendie et de secours (SDIS) a été rendu au regard d'un dossier incomplet dès lors que le pétitionnaire a, postérieurement au premier avis rendu le 2 août 2021, modifié son projet. Il ressort toutefois des pièces versées à l'appui de ces modifications que le pétitionnaire a entendu créer un accès spécifique aux services de secours, dont l'accessibilité est améliorée. Il ressort également des autres pièces du dossier que le SDIS a de nouveau été consulté le 28 décembre 2021 et que l'autorité compétente disposait donc des éléments nécessaires pour se prononcer en connaissance de cause sur le projet en litige.

4. D'autre part, l'avis d'Enedis du 31 août 2021 a été rendu au regard d'un projet prévoyant un raccordement de 40 mètres, depuis le poste de la résidence Les Cerisiers, lui-même situé à l'Est de la voie privée jusqu' à l'entrée de cette voie, alors que les plans communiqués à la commune postérieurement à cet avis font état d'un point de raccordement plus éloigné, situé à l'angle sud-ouest du projet, nécessitant une extension supplémentaire d'environ soixante-quinze mètres. Si la commune fait valoir qu'il appartiendra au pétitionnaire d'opérer le branchement au point de raccordement mentionné dans l'avis rendu par Enedis le 31 août 2021, le permis de construire en litige ne comporte pas une telle prescription. Par ailleurs, si ce permis prescrit à l'article 6 le paiement d'une contribution financière au profit d'Enedis dont le montant et les modalités sont fixés dans l'avis du 31 août 2021 annexé, cette contribution ne correspond pas au projet tel que modifié en décembre 2021, dont les coûts de raccordement s'avèreront substantiellement modifiés. Les requérants sont dès lors fondés à soutenir que les services instructeurs se sont prononcés sur la base d'un avis obsolète et n'ont pu se prononcer en connaissance de cause sur le projet dont ils ont été saisis.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ". Selon l'article L. 332-15 du même code : " L'autorisation peut également, avec l'accord du demandeur et dans les conditions définies par l'autorité organisatrice du service public de l'eau ou de l'électricité, prévoir un raccordement aux réseaux d'eau ou d'électricité empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve que ce raccordement n'excède pas cent mètres et que les réseaux correspondants, dimensionnés pour correspondre exclusivement aux besoins du projet, ne soient pas destinés à desservir d'autres constructions existantes ou futures ". Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement, en prenant en compte les perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité. Il en résulte qu'un permis de construire doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.

6. Si le pétitionnaire a attesté, dans un courrier du 20 octobre 2021, prendre en charge le financement de l'extension du réseau tel que défini dans l'avis d'Enedis rendu le 31 août 2021, il n'a pris aucun engagement concernant la prise en charge des travaux d'extension du réseau tels qu'ils résultent des modifications substantielles envisagées après l'émission de cet avis. Il s'ensuit qu'à la date du permis en litige, la commune n'a pu être valablement en mesure d'indiquer ni le délai nécessaire à la réalisation des travaux d'extension du réseau, telle que prévu par le projet approuvé, ni le coût de ces travaux en méconnaissance des articles L. 111-11 et L. 332-15 du code de e l'urbanisme.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 c) du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ".

8. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

9. Il ressort des pièces du dossier de demande d'autorisation que celui-ci comprend un document graphique d'insertion, un plan de situation, un plan d'insertion du projet dans son environnement immédiat, des plans côtés en trois dimensions et des photographies du terrain. La notice architecturale comprend également des photographies de présentation qui illustrent les parcelles assiettes du projet dans leur environnement immédiat au regard en particulier des ensembles immobiliers situés au sein du lotissement existant. Par suite, l'ensemble de ces éléments ont été suffisants pour permettre aux services instructeurs d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement proche et lointain. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.

10. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article UM 3-2.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune : " les voies* privées existantes () ouvertes à la circulation publique desservant de nouvelles opérations doivent avoir une emprise minimum () de 5 mètres pour les voies* à double sens de circulation ".

11. Il ressort des pièces du dossier que des panneaux " voie privée, sauf service public ", " impasse " et " interdiction de stationner " ont été apposés à l'entrée de la voie qui constitue une impasse, utilisée principalement par les résidents. S'il n'y a pas de barrière faisant obstacle à la circulation à l'entrée de la voie, les panneaux installés révèlent une volonté des propriétaires, existante à la date du dépôt de la demande de permis de construire, de ne pas ouvrir cette voie privée à la circulation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article

UM 3-2.3 est inopérant et doit être écarté.

12. D'autre part, l'article UM 3-1 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que " Les accès* doivent être adaptés aux usages et aux besoins de l'opération, de la construction ou de l'aménagement desservi, notamment en termes d'entrecroisement des véhicules, ainsi qu'au trafic sur la voie* de desserte ".

13. Il ressort des pièces du dossier que l'accès à la voie privée depuis l'avenue Saint-Jérôme est suffisamment large et comporte un espace où les véhicules entrant et sortant peuvent s'arrêter sans gêner la circulation. Les photographies transmises ne font apparaître aucune difficulté de visibilité concernant l'accès à la voie privée ou à la sortie des véhicules depuis cette voie sur l'avenue Saint-Jérôme. Par suite, cette branche du moyen doit également être écarté.

14. Enfin, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article UM 3-2.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Toute construction ou aménagement doit être desservi par des voies* publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance et à la destination* de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles qui y sont édifiés, notamment en ce qui concerne les exigences de sécurité routière, de secours et de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des déchets ".

15. Il ressort des pièces du dossier que la voie privée permettant de desservir le projet est à double sens de circulation, présente une largeur comprise entre 4,70 et 5,10 mètres, comporte un angle droit et est entourée de murs et de végétations de nature à gêner la visibilité. Le projet en litige, impliquant de remplacer trois villas par vingt-deux logements et quarante et une places de stationnements, est situé à la terminaison de cette voie. Il est de nature à augmenter sensiblement le trafic routier actuel de cette voie, principalement utilisée par les résidents pour rejoindre leurs habitations et dépourvue de tout aménagement, notamment de trottoirs pour les piétons. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le projet ne respecte pas les dispositions de l'article UM 3-2.1 du règlement du plan local d'urbanisme et méconnaît également l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

16. En cinquième lieu, aux termes de l'article UM 6-2 du règlement du plan local d'urbanisme : " la distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite existante ou future des voies* ou emprises publiques* doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans être inférieure à 5 mètres ".

17. Comme il a été dit au point 11 du présent jugement, la voie privée de desserte du projet n'est pas ouverte à la circulation du publique. Par suite, le moyen tiré de ce que la distance entre le bâtiment A et cette voie privée serait inférieure à 5 mètres, est inopérant et doit être écarté. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la distance prévue par les dispositions mentionnées ci-dessus ne soient pas respectée entre le bâtiment A et l'avenue Saint-Jérôme.

18. En sixième lieu, aux termes de l'article UM7 du règlement du plan local d'urbanisme : " La distance comptée horizontalement de tout point de la construction au point de la limite séparative* la plus rapprochée doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans être inférieure à 4 mètres ".

19. En se bornant à soutenir que le projet ne justifie pas de la règle de prospect, les requérants n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé.

20. En septième lieu, aux termes de l'article UM9 du règlement du plan local d'urbanisme : " En l'absence de linéaire de gabarit, pour les constructions ou installations d'une surface de plancher supérieure ou égale à 500 m2 à destination d'habitation, y compris des constructions existantes, l'emprise totale des constructions à destination d'habitation ne peut dépasser 35 % de la surface du terrain d'assiette ".

21. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que les emprises au sol annoncées dans le dossier de demande de permis de construire soient différentes de celles apparaissant sur les plans.

22. D'autre part, pour soutenir que le pétitionnaire aurait déclaré une superficie du terrain d'assiette supérieure à leur superficie réelle, et ainsi entaché son dossier de fraude, les requérants exposent que le terrain d'assiette du projet est constitué de trois lots n°2, n°3 et n°4 d'une surface de 1 919 m² seulement, tels qu'issus d'un lotissement datant de 1972 comportant neuf lots, et un lot en copropriété destiné à la seule voirie. S'ils transmettent à cet effet un plan de lotissement de division de 1972 et un plan cadastral de 1982, ces documents ne comportent cependant pas les mêmes numéros de lots, ne déterminent pas les parcelles et leur superficie et ne font pas apparaître de parcelle destinée à la seule voirie. Ils ne permettent ainsi pas de caractériser la fraude alléguée, alors que le pétitionnaire a indiqué dans la demande d'autorisation la surface des trois parcelles assiettes du projet, telle que mentionnée dans le cadastre actuel soit 666 m² pour la parcelle n° 118, 660 m² pour la parcelle n° 119 et 632 m² pour la parcelle n° 120, pour une surface totale de 1 958 m². Par ailleurs et en tout état de cause, les règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement créé par arrêté du 27 février 1967 sont devenues caduques en application de l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme. Enfin, à supposer même qu'une partie du terrain d'assiette du projet appartienne à la copropriété, cette circonstance implique seulement, le permis étant délivré sous réserve du droit des tiers, que la réalisation des travaux soit subordonnée à l'autorisation de l'assemblée générale de la copropriété, une contestation sur ce point ne pouvant être portée, le cas échéant, que devant le juge judiciaire. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article UM9 et de la fraude doivent être écartés.

23. En huitième lieu, aux termes de l'article UM 11.4.1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Des séquences de façade* doivent être recherchées pour celles qui présentent un linéaire supérieur à 20 mètres ".

24. Contrairement à ce qu'allèguent les requérants, les façades présentent des décrochés suffisants permettant d'atténuer leur linéarité, au sens de l'article UM 11 du règlement du plan local d'urbanisme.

25. En neuvième lieu, aux termes de l'article UM 12.3 du règlement du plan local d'urbanisme : " La surface de stationnement pour les vélos ne doit pas être inférieure à 1,5 m² par tranche de 70 m² de surface de plancher* pour les constructions à destination* d'habitation ".

26. Compte tenu de la surface de plancher du projet, ce dernier implique la création d'une surface de stationnement pour les vélos de 38 m². Il ressort des pièces du dossier qu'un local vélo de 24m² est prévu au rez-de-chaussée du bâtiment A. Par ailleurs, deux locaux de 17,50 m² chacun sont prévus en sous-sol pour les deux-roues. Dans ces conditions, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du projet que ces locaux ne puissent pas être utilement partagés entre les vélos et les autres " deux-roues ", le projet comporte une surface de stationnement suffisante pour les vélos et le moyen doit donc être écarté.

27. En dixième lieu, en se bornant à soutenir que le dossier ne comprend pas les dimensions du bassin de rétention ni le débit de fuite maximum, les requérants n'assortissent pas leur moyen tiré de la méconnaissance du règlement de zonage pluvial des précisions suffisantes permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé. En outre, il ressort des pièces du dossier que la notice du projet précise le ratio demandé par le règlement pluvial dans la zone " Secteur du centre-ville et de La Torse ", de 1 000 m³ par hectares aménagés avec un débit maximum de fuite de 10l/s/ha. Il précise que pour une surface imperméabilisée de 1 083 m² un volume de rétention de 109 m³ et un débit minimal de 3 l/s est prévu. Par suite, le moyen doit être écarté.

28. En onzième lieu, aux termes des dispositions du D de l'article 1.1 des dispositions particulières du règlement du PLU applicables dans les secteurs repérés en bleu, et en jaune, au document graphique : " Sont autorisés sous conditions : / Les constructions nouvelles, les changements de destination*, extensions* et aménagements des équipements publics ou d'intérêt collectif et des bâtiments existants, sous réserves de ne pas aggraver la vulnérabilité*, de prendre les mesures de mitigation adaptées, et que le niveau des planchers créés soit calé à la cote PHE + 0,20 mètre pour les zones en bleu et à TN + 0,20 mètre pour les zones en jaune () ".

29. Le bâtiment A projeté est situé en partie en zone jaune. Toutefois, la notice de présentation architecturale précise à cet égard que les planchers habitables des rez-de-chaussée sont situés au-dessus de la cote PHE + 20 cm pour la zone bleue et au-dessus de la cote TN +

20 cm pour la zone jaune. Ces indications ne sont pas contredites par les plans. Par ailleurs, à la lecture du lexique annexé au PLU, la vulnérabilité mentionnée par l'article ci-dessus mentionné s'attache au bâtiment déjà existant, lorsque la destination de ce dernier est modifié, et non à une construction nouvellement édifiée. Par suite, dès lors que le projet prévoit la démolition des constructions existantes, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions mentionnées au point 28 doit être écarté.

30. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance du " règlement de collecte des déchets ménagers ", inopérant en application du principe d'indépendance des législations, doit être écarté.

31. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 25 janvier 2022 et la décision portant rejet du recours gracieux des requérants méconnaissent l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, les articles L. 111-1 et L. 332-15 de ce même code et les articles UM 3-2.1 du règlement du PLU et R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Sur les conséquences de l'illégalité de l'arrêté du 25 janvier 2022 :

32. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

33. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

34. Les vices dont le présent jugement reconnaît qu'ils entachent d'illégalité le permis de construire en litige, relatifs à la méconnaissance de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, des articles L. 111-1 et L. 332-15 de ce même code et des articles UM 3-2.1 du règlement du PLU et R. 111-2 du code de l'urbanisme, apparaissent susceptibles de faire l'objet d'un permis de régularisation. En particulier, si les requérants font valoir que la voie de desserte ne pourrait pas être élargie, il est loisible au pétitionnaire de proposer un accès direct depuis l'avenue Saint-Jérôme. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la SARL SCL1 et à la commune d'Aix-en-Provence un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire les mesures de régularisation nécessaires.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 25 janvier 2022 du maire d'Aix-en-Provence et la décision portant rejet du recours gracieux sont annulés en tant que le projet autorisé méconnaît

l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme, les articles L. 111-1 et L. 332-15 de ce même code et les articles UM 3-2.1 du règlement du PLU et R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Article 2 : Le délai accordé à la SARL SLC1 pour solliciter la régularisation du permis en litige en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme est fixé à quatre mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, à

M. C A, à la commune d'Aix-en-Provence et à la SARL SLC1.

Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hogedez, présidente,

Mme Busidan, première conseillère,

Mme Arniaud, conseillère,

Assistées de M. Brémond, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2023.

La rapporteure,

signé

C. Arniaud

La présidente,

signé

I. Hogedez

Le greffier,

signé

A. Brémond

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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