lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2206113 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | VIALE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 juillet 2022, M. B F demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale ;
2°) la communication de l'ensemble des pièces sur lesquelles s'est fondée l'autorité préfectorale ;
3°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et interdiction de retour sur ce territoire pendant un an, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et ordonné son inscription au fichier SIS ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au bénéfice de son avocat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ; il est insuffisamment motivé et a été pris sans examen suffisant de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur de base légale ;
- la décision de refus de délai de départ volontaire est entachée d'erreur de droit, d'erreur de qualification juridique des faits et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision d'interdiction de retour en France est entachée d'erreur de droit et de disproportion.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 juillet 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juillet 2022 à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de M. Boidé, magistrat désigné ;
- les observations de Me Viale, représentant M. F, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- les observations de M. F, assisté de Mme D, interprète en langue arabe, qui fait valoir qu'après le rejet de sa demande d'asile présentée en France, il a quitté le territoire le 28 mai 2019 pour se rendre en Italie où la demande d'admission au séjour présentée en sa faveur a été rejetée le 31 mars 2022 ; qu'il disposait d'un délai de recours contre cette décision qui expirait le 22 juillet 2022 mais qu'il n'a pas déposé ce recours, étant en vacances en France ; qu'au moment de son audition préalable à l'arrêté en litige, il n'était pas en possession de son passeport, qui lui a depuis été apporté par un ami depuis l'Italie et qu'il a remis aux services de la police aux frontières ; qu'il est hébergé à Marseille par une amie qu'il considère comme sa famille ; qu'il accepte de rentrer en Algérie mais souhaite que l'interdiction de retour prononcée à son encontre soit annulée.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B F, ressortissant algérien né le 23 août 1984, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui faisant interdiction de retour en France pour un an.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose que : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. La requête n'est ni manifestement irrecevable, ni manifestement dénuée de fondement. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. F au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions tendant à la production, par le préfet des Bouches-du-Rhône, du dossier sur lequel il s'est fondé pour prendre l'arrêté contesté :
4. L'affaire étant en état d'être jugée et le principe du contradictoire ayant été respecté, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'entier dossier détenu par l'administration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. E C, chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile, qui a reçu par un arrêté n° 13-2021-08-31-00005 du 31 aout 2021, publié au recueil des actes administratifs n° 13-2021-247 de la préfecture des Bouches-du-Rhône, délégation du préfet pour signer notamment les refus de délivrance de titre de séjour, les obligations de quitter le territoire français, les décisions relatives au délai de départ volontaire, celles fixant le pays de destination des mesures d'éloignement et les interdictions de retour en France. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, l'arrêté en litige comporte, au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, de manière suffisamment précise et non stéréotypée pour chacune des décisions qu'il contient, les considérations de fait et de droit qui leur servent de fondement, permettant à son destinataire d'en comprendre le sens et la portée à sa seule lecture et, par suite, de les contester utilement. En particulier, alors qu'il n'incombe pas à l'autorité préfectorale d'énoncer l'ensemble des éléments constitutifs de la situation du requérant, cet arrêté expose que M. F n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité et ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français, qu'il ne satisfait pas aux conditions d'une admission de plein droit au séjour en France prévues par les articles 6 et 7 bis de l'accord franco-algérien, qu'il est célibataire et sans enfant, non dépourvu d'attaches en Algérie, que sa demande d'asile a été rejetée par l'instance compétente le 31 août 2018 et qu'il n'établit pas qu'il serait en danger dans son pays d'origine ou de résidence habituelle, qu'il déclare être entré en France au mois d'août 2017 et avoir déposé une demande d'asile en Italie sans en justifier, qu'il ne présente pas de garanties de représentation en l'absence de passeport en cours de validité et alors qu'il a déclaré résider à Marseille pour une période de vacances, alléguant une résidence permanente en Italie sans en soi justifier. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions en litige doit être écarté. En outre, au regard de cette motivation et des pièces du dossier, M. F n'est pas davantage fondé à soutenir que l'arrêté qu'il conteste a été pris sans examen approprié de sa situation, et ce moyen doit être également écarté.
7. En troisième lieu, si M. F soutient que le préfet des Bouches-du-Rhône a entaché la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une erreur de base légale dans la mesure où seule une décision de remise aux autorités italiennes pouvait être prise à son encontre sur le fondement de l'article L. 621-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne justifie aucunement être titulaire d'un titre de séjour ou d'une quelconque autorisation de séjourner en Italie. A cet égard, il ressort des documents en langue italienne qu'il produit à la procédure que la demande d'admission au séjour présentée en sa faveur en Italie a été rejetée le 31 mars 2022, et M. F déclare à l'audience qu'il n'a pas engagé de recours à l'encontre de cette décision de refus, qui est donc définitive. Par suite, et en tout état de cause, le moyen manque en fait et doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, () ".
9. Pour refuser à M. F le bénéfice d'un délai de départ volontaire, le préfet des Bouches-du-Rhône a relevé, au visa notamment de l'article L. 612-3 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'intéressé, dont la demande d'asile a été rejetée le 31 août 2018 et qui n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, ne justifie pas de garantie de représentation suffisantes, ne présentant notamment pas un passeport en cours de validité et ne justifiant pas d'un lieu de résidence permanent. Si le requérant soutient que, ce faisant, l'autorité préfectorale a entaché sa décision d'erreur de droit, d'erreur de qualification juridique des faits et d'erreur manifeste d'appréciation, il n'établit pas le bien-fondé de ses affirmations en se bornant à soutenir qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il dispose d'une résidence en France, laquelle ne saurait être établie par la seule attestation d'hébergement versée au dossier alors que le requérant a soutenu, dans le cadre de la procédure, alternativement être en vacances en France ou y être venu pour travailler temporairement. Enfin, la circonstance que M. F ait, le 22 juillet 2022 soit postérieurement à l'édiction de l'arrêté en litige, présenté aux services de police son passeport en cours de validité, ainsi qu'il ressort de l'attestation produite au cours de l'audience, n'est pas de nature à elle seule à entacher d'illégalité la décision de refus de départ volontaire compte tenu des informations dont l'autorité préfectorales disposait à la date de cette décision. Dans ces conditions, les moyens invoqués doivent être écartés.
10. En dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / () ".
11. Il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
12. En l'espèce, la décision en litige portant interdiction de retour en France pour une durée d'un an mentionne qu'en l'absence de circonstance humanitaire, il ressort de l'examen de la situation de M. F qu'il déclare être entré en France en août 2017 et ne démontre pas y avoir résidé habituellement depuis cette date, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il est célibataire, sans enfant et dépourvu d'attaches en France alors que sa famille réside en Algérie. Eu égard à ces motifs et à ce qui a été dit ci-dessus aux points 7 et 9, en se bornant à faire valoir qu'il n'a jamais été inquiété pénalement, ce qui n'est pas contesté, le requérant n'établit pas que cette décision serait entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'elle serait disproportionnée. Les moyens ainsi invoqués doivent donc être écartés.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. F doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais de l'instance doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. F est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B F et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Délibéré le 25 juillet 2022, et lu en audience publique le même jour.
Le magistrat désigné,
Signé
M. A
La greffière,
Signé
H. Ben Hammouda
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour une expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026