mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2206383 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MARQUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés les 27 juillet 2022 et 9 mars 2024, M. F A et Mme E A, représentés par Me Marques, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 9 avril 2019 par lequel le maire de la commune d'Aix-en-Provence a délivré à M. C un permis d'aménager portant sur la création d'un lotissement d'un lot sur un terrain situé avenue des Tamaris et cadastré CV 0070 et CV 0074, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours formé à l'encontre de cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge du pétitionnaire et de la commune d'Aix-en-Provence la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- l'arrêté en litige est entaché d'une incompétence de son auteur ;
- il méconnaît l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2024, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Andreani, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance, en date du 14 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er juillet 2024.
Un mémoire en réplique, enregistré le 30 juin 2024, pour M. et Mme A, représentés par Me Marques, n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice admisnirative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Marques, représentant M. et Mme A, et celles de Me Tosi, représentant la commune d'Aix-en-Provence.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 9 avril 2019, la maire de la commune d'Aix-en-Provence a délivré à M. C un permis d'aménager un lotissement composé d'un seul lot sur un terrain situé avenue des Tamaris et cadastré CV 0070 et CV 0074. M. et Mme A demandent au tribunal d'annuler cet arrêté, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours formé à l'encontre de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de la compétence du signataire du permis d'aménager :
2. L'arrêté attaqué a été signé par M. D, adjoint au maire, délégué à l'urbanisme et à l'aménagement du territoire, qui disposait d'une délégation de signature à l'effet de signer l'ensemble des autorisations relatives à l'occupation des sols consentie par le maire de la commune d'Aix-en-Provence par arrêté du 19 avril 2018, affiché en mairie du 19 avril 2018 au 18 mai 2018 ainsi que le mentionne le certificat d'affichage du 30 mai 2018. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré la méconnaissance de l'article UM3 du PLU :
3. Aux termes de l'article UM3 du règlement du plan local d'urbanisme : "1-Toute construction ou aménagement doit être desservi par des voies* publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance et à la destination* de l'immeuble ou de l'ensemble d'immeubles qui y sont édifiés, notamment en ce qui concerne les exigences de sécurité routière, de secours et de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des déchets. (). 3- les voies* privées existantes : - non ouvertes à la circulation publique doivent avoir une emprise minimum de 4 mètres ; - ouvertes à la circulation publique desservant de nouvelles opérations doivent avoir une emprise minimum de 4 mètres pour les voies* à sens unique et de 5 mètres pour les voies* à double sens de circulation ". Le lexique du même règlement définit la voie comme : " Indépendamment de son statut public ou privé, la voie doit desservir plusieurs propriétés et comporter les aménagements nécessaires à la circulation des personnes et/ou des véhicules ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle supportant le projet en litige comporte un chemin privé, nommé chemin des Tamaris. Ce chemin dessert plusieurs propriétés en sus de celle de la construction envisagée. Toutefois, alors qu'il est intégré au terrain d'assiette du lot à bâtir, le chemin évoqué constitue une voie interne au projet et non, comme le soutiennent les requérants, une voie de desserte au sens de l'article UM3 du règlement du PLU précité. Au surplus, et en tout de cause, au soutien de leur moyen, si les requérants démontrent que le chemin des Tamaris dessert plusieurs propriétés, ils ne justifient pas ni même n'allèguent que ce chemin, constitué simplement de graviers, comporterait des aménagements nécessaires à la circulation des véhicules. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire en litige méconnaîtrait l'article UM3 du PLU.
En ce qui concerne le moyen tiré la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
5. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Les risques d'atteinte à la sécurité publique visés par ce texte sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants du projet pour lequel le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers. Pour apprécier si ces risques justifient un refus de permis sur le fondement de ces dispositions, il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, d'abord, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent, ensuite d'estimer, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, si des prescriptions spéciales, n'apportant pas au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, ne permettraient pas d'accorder légalement le permis en en assurant la conformité aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.
6. Les requérants soutiennent que le permis de construire en litige ne prévoit pas de voie de retournement et que l'avis du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) fixe des prescriptions qui ne pourront pas être respectées. Alors que l'avis du SDIS est favorable et que le chemin des Tamaris est rectiligne, qu'il présente une largeur comprise entre 3,6 et 3,9 mètres et qu'il dessert un maximum de huit maisons individuelles, les requérants ne démontrent pas l'existence d'un risque, au sens des dispositions mentionnées ci-dessus, qui aurait justifié que la commune s'oppose au projet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions présentées par M. et Mme A à l'encontre du permis d'aménager en date du 9 avril 2019 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aix-en-Provence qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante la somme que les requérants demandent sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge des requérants une somme globale 1 000 euros à verser à la commune d'Aix-en-Provence en application de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : M. et Mme A verseront une somme globale de 1 000 euros à la commune d'Aix-en-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F et Mme E A, à M. B C et à la commune d'Aix-en-Provence.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Alloun, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
S. Alloun
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026