mardi 6 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2206602 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BERREBI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2022, M. A B, représenté par Me Berrebi, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de la délivrance d'un titre de séjour en qualité de résident, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 71-3 du code de justice administrative, sous réserve qu'il se désiste lui-même de sa demande d'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- le préfet a entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation administrative, personnelle et familiale ;
- il entre de plein droit dans les catégories lui ouvrant droit à une régularisation ;
- la mesure d'éloignement en cause porte une atteinte disproportionnée au maintien de sa vie familiale ;
- il doit pouvoir bénéficier du statut de réfugié et ne peut pas retourner dans son pays d'origine dans la mesure où il risque d'y subir des mauvais traitements.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 septembre 2022 :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Berrebi, avocat de M. B, non présent à l'audience, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, tout en précisant que la demande d'aide juridictionnelle de M. B est actuellement en cours d'examen,
- le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant togolais né le 15 décembre 1986, a présenté le 11 juin 2020 une demande d'asile auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône. Par une décision du 16 février 2022, l'office français de protection des réfugiés et des apatrides a rejeté cette demande. Par un arrêté du 5 juillet 2022, dont M. B demande l'annulation, le préfet des Bouches-du-Rhône l'a, en conséquence du rejet de cette demande, obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et fixé le pays de destination de son éloignement
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits ou libertés d'autrui ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B, entré en France le 5 mars 2005, a bénéficié à compter de cette date et jusqu'en 2018, de plusieurs titres de séjour et en dernier lieu, d'une carte de résident délivrée le 22 mars 2008, arrivée à expiration le 21 mars 2018. Il est en outre constant que M. B, qui, selon ses déclarations, a perdu son passeport et n'est pas parvenu à en obtenir un nouveau auprès des autorités consulaires de son pays, n'a pas pu renouveler cette carte de résident et que c'est la raison pour laquelle, souhaitant régulariser sa situation administrative, il a présenté une demande d'asile. Il ressort également des pièces du dossier que M. B est marié à une ressortissante française depuis le 18 septembre 2004, qu'il est le père de deux enfants de nationalité française, nés le 31 mars 2009 et le 2 décembre 2011 à Marseille et que l'ensemble de la famille réside actuellement dans le 7ème arrondissement de Marseille. Par ailleurs, M. B justifie d'une véritable insertion socio-économique sur le territoire français et démontre notamment exercer une activité professionnelle en qualité d'autoentrepreneur, dans le cadre d'une entreprise de maroquinerie qu'il a créé le 1er juin 2009, ainsi que cela ressort de l'extrait Kbis édité le 28 juillet 2022, des bulletins de salaire et des articles de presse fournis au dossier. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le préfet des Bouches-du-Rhône ne saurait sérieusement faire valoir que M. B n'est pas dépourvu d'attaches personnelles et familiales au Togo et qu'il peut y mener une vie familiale normale avec son épouse, alors que l'intéressé, présent sur le territoire français depuis dix-sept ans, dont treize sous couvert de titres de séjour, a transféré en France, où il réside avec son épouse et ses deux enfants, l'ensemble de ses intérêts privés et familiaux. Ainsi, M. B est fondé à soutenir qu'en édictant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, le préfet des Bouches-du-Rhône a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 5 juillet 2022 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a obligé M. B à quitter le territoire français dans le délai de trente jours doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, la décision fixant le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
6. L'annulation de l'arrêté implique seulement que l'administration réexamine la situation de M. B et qu'il lui soit délivré une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été à nouveau statué sur son cas. Il y a lieu d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer à l'intéressé, pendant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
7. M. B, qui doit être regardé comme invoquant le bénéfice des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, a présenté, d'après les déclarations de son conseil à l'audience, une demande d'aide juridictionnelle, actuellement en cours d'examen. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Berrebi, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Berrebi de la somme de 800 euros.
D E C I D E:
Article 1 : L'arrêté du 5 juillet 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a obligé M. B à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de son éloignement est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer la situation de M. B dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Berrebi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Berrebi, avocat de M. B, la somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet des Bouches-du-Rhône et à Me Berrebi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
J. C
La greffière,
Signé
D. Sibille
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026