jeudi 8 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2206674 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MORA |
Vu la procédure suivante :
Vu l'ordonnance du magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux en date du 2 août 2022 par laquelle celui-ci a transmis la requête de M. I au tribunal administratif de Marseille.
Par une requête et des mémoires accompagnés de pièces, enregistrés les 30 juillet, 26 et 29 août 2022, M. H I, de nationalité chilienne, représenté par Me Mora, demande au Tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision en date du 28 juillet 2022 par laquelle la préfète de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans et l'a inscrit dans le système d'information Schengen (SIS) ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pendant le temps de ce réexamen et de mettre en oeuvre la procédure d'effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, la somme de
1 200 euros a` verser à son conseil, qui s'engage, dans ce cas, a` renoncer a` percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- il a méconnu le droit d'être entendu ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales (CEDH) ;
- sa situation démontre qu'il n'existe aucun risque de fuite ;
- la décision d'interdiction de retour est entaché d'un défaut de base légale ;
- cette décision est manifestement disproportionnée ;
- l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour, prive de base légale la décision portant inscription au fichier SIS.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2022, la préfète de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le traité sur l'Union européenne ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Par décision du 1er avril 2022, la présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 septembre 2022 :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Mora, pour M. I, et les observations de M. I.
La préfète de la Gironde n'était ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été produite le 5 septembre 2022 pour M. I.
Considérant ce qui suit :
1. M. I, de nationalité chilienne, qui déclare être entré en France en octobre 2021, a fait l'objet d'un arrêté en date du 28 juillet 2022 par lequel la préfète de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement, lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a inscrit dans le système d'information Schengen (SIS) pour la même durée. Il demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En vertu de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. I, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par Mme E G, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, de l'ordre public et du contentieux, qui disposait d'une délégation en vertu d'un arrêté préfectoral du 21 juin 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Gironde du 21 juin 2022, en l'absence ou en cas d'empêchement de M. A D et de Mme C F, à fin de signer notamment " toutes décisions, documents ou correspondances pris en application des livres II, IV, V, VI, VI et VIII (parties législative et réglementaire) ", dont font partie les mesures en litige. Il n'est ni démontré ni même allégué que M. D et Mme F n'étaient pas absents ou empêchés à la date de signature de l'acte. Par suite, le moyen tiré du défaut de compétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. En deuxième lieu, si, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Toutefois, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
5. Le requérant, qui reconnait d'ailleurs avoir été entendu préalablement à l'arrêté en litige pris le même jour, n'a pas, contrairement à ce qu'il indique, été empêché de présenter l'ensemble des éléments tirés de sa situation personnelle en lien avec son séjour en France, liés notamment à son activité professionnelle. Il ressort en effet de son audition par les services de police le 28 juillet 2022 qu'il a pu exposer qu'il était hébergé sur le territoire français par sa conjointe depuis fin mars 2022. Il a en outre, à cette occasion, produit aux services de police deux promesses d'embauche. Il a également été informé qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement à destination de son pays d'origine ou d'un pays dans lequel il est légalement admissible et interrogé sur les observations qu'il souhaitait apporter quant à cette mesure. M. I a ainsi pu porter à la connaissance de l'administration les éléments dont il se prévaut dans des délais utiles, nonobstant la circonstance que l'arrêté a été pris le même jour que son audition. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation du principe d'être entendu avant l'intervention de l'obligation de quitter le territoire français attaquée manque en fait et doit, par suite, être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. I soutient qu'il a noué une relation sentimentale avec une ressortissante française avec laquelle il vit en concubinage et souhaite se marier, et qu'en tant que musicien, il s'est professionnellement inséré en France où se situe le centre de ses intérêts privés. Toutefois, alors qu'il est âgé de 41 ans, le requérant présente, au titre de ses perspectives d'insertion professionnelle, des promesses d'embauche pour se produire à des concerts ou de recrutement, une promesse de résidence permanente pour l'année 2022/2023, et des attestations de participation à un atelier voix et musique au lycée Victor Hugo à Marseille et à des activités pédagogiques ou culturelles ou concerts qui, si elles traduisent une reconnaissance de ses compétences musicales et pédagogiques et une sérieuse volonté d'intégration dans la société française, ne permettent pas d'établir la fixation durable du centre de ses intérêts en France, cette insertion datant seulement de janvier 2022, ni l'existence de relations anciennes sur le territoire. Par ailleurs, il ne justifie pas de l'absence d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, où résident ses parents et son enfant âgé de 22 ans. Dans ces circonstances, M. I, séparé depuis janvier 2022 de son épouse de nationalité argentine et italienne et qui ne présente au soutien de la relation de concubinage dont il se prévaut qu'une attestation de sa compagne et une facture, n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit ainsi être écarté. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
8. Pour les mêmes motifs que ceux visés aux points 5 et 7 du présent jugement, et alors qu'il ressort également de l'arrêté en litige que ses déclarations et les éléments qu'il a produits ont été pris en compte, nonobstant l'absence de mention spécifique à son activité professionnelle, l'acte attaqué n'est pas entaché d'un défaut d'examen complet de la situation personnelle de M. I.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Selon l'article L. 612-2 de ce code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;
() .".
10. Il ressort de la décision attaquée que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire pour l'exécution de l'obligation de quitter le territoire à laquelle M. I a été contraint, la préfète de la Gironde a relevé que le requérant, entré en octobre 2021 sur le territoire français en provenance de l'Espagne, n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour à l'expiration du délai de trois mois après cette entrée et s'était ainsi irrégulièrement maintenu en France alors qu'il ne remplit aucune condition pour y résider. Si M. I soutient qu'il justifie d'une adresse à Marseille et d'une relation suivie de concubinage, et qu'il a remis son passeport aux autorités, ces circonstances ne suffisent pas à elles seules à écarter le risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par conséquent, c'est sans erreur de fait, de droit et sans erreur manifeste d'appréciation que la préfète a retenu, par la décision en litige, l'existence d'un risque que l'intéressé se soustraie à l'exécution de la mesure d'éloignement.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
12. Il ressort de la décision en litige que la préfète de la Gironde a retenu que le requérant s'est irrégulièrement maintenu en France depuis une date indéterminée et invérifiable, dans le but de s'y installer, qu'il est sans ressources légales sur le territoire national et qu'il ne justifie ni de l'intensité ni de l'ancienneté de ses liens en France. Toutefois, s'il est constant que M. I ne peut se prévaloir d'une ancienneté de séjour sur le territoire français et si sa relation de concubinage avec une ressortissante française n'existe que depuis mars 2022, les diverses attestations produites, relatives à son activité artistique en France, mentionnées au point 7 du présent jugement, permettent d'établir que le requérant s'est notamment investi dans les milieux associatif et artistique et qu'il a également participé à des projets éducatifs. En outre, il est constant qu'il n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, la durée de la mesure lui interdisant le retour sur le territoire français apparait, dans les circonstances de l'espèce, disproportionnée au regard des relations qu'il a nouées en France et est, par suite, entachée d'une erreur d'appréciation.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. I est seulement fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle la préfète de la Gironde lui a interdit le retour sur le territoire pendant deux ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
14. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006./ Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ".
15. L'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français implique nécessairement que le signalement dont a fait l'objet M. I aux fins de non-admission dans le SIS soit supprimé. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de la Gironde, sous réserve d'un changement de circonstances de droit ou de fait, de prendre, dans un délai de deux mois, toute mesure propre à mettre fin au signalement de l'intéressé dans le SIS procédant de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée à son encontre le 28 juillet 2022.
16. Compte tenu de ce qui précède, le présent jugement n'implique aucune autre mesure d'exécution, ni aucune astreinte.
Sur les frais liés au litige :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique à verser à Me Mora, sous réserve pour cette dernière, le cas échéant, de renoncer à percevoir la part contributive de l'État à l'aide juridique. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, la même somme sera directement versée à l'intéressé.
DECIDE :
Article 1er : M. I est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'article 2 de l'arrêté de la préfète de la Gironde en date du 28 juillet 2022, relatif à l'interdiction de retour sur le territoire français de M. I pendant une durée de deux ans, est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de la Gironde de mettre en œuvre, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve d'un changement de circonstances de fait ou de droit, la procédure d'effacement du signalement de M. I aux fins de non-admission dans le SIS.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. I à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Mora à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Mora la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. I, la même somme lui sera versée.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. I est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. H I et à la préfète de la Gironde.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 8 septembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
E. BLe greffier,
Signé
T. Marcon
La République mande et ordonne à la préfète de la Gironde en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
N°2206674
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026