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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2206712

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2206712

mercredi 3 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2206712
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantGALHUID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 août 2022, Mme A B, représentée par Me Galhuid, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de renouveler son contrat d'accompagnante d'élèves en situation de handicap (AESH) ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'a pas été convoquée à un entretien préalable l'informant du non-renouvellement de son contrat ;

- l'administration a fait état de deux motifs contradictoires fondant le non-renouvellement ;

- elle a fait l'objet d'un licenciement pour insuffisance professionnelle déguisé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2023, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 23 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 26 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Busidan, première conseillère,

- et les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B a été recrutée pour occuper, au sein de deux écoles publiques à Marseille, les fonctions d'accompagnante d'élèves en situation de handicap (AESH) par un contrat à durée déterminée prenant effet du 15 mai 2019 au 31 août 2019. Ce premier contrat a été renouvelé par un contrat à durée déterminée de trois ans couvrant la période du 1er septembre 2019 au 31 août 2022. Par deux courriers datés pour le premier du 4 mai 2022, et pour le second du 31 mai 2022, le proviseur du lycée support du service mutualisateur a informé l'intéressée de la décision de ne pas renouveler son contrat à l'échéance. Mme B a formé le 20 juin 2022 un recours hiérarchique auprès du recteur, qui a été expressément rejeté par un courriel adressé le 4 juillet 2022 au conseil de Mme B. Cette dernière doit être regardée comme demandant l'annulation des décisions des 4 et 31 mai 2022, et de la décision du 4 juillet 2022 rejetant son recours hiérarchique.

2. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service et ne révélant ni inexactitude matérielle des faits, ni erreur manifeste d'appréciation, ni détournement de pouvoir. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent.

3. Pour justifier la décision de ne pas renouveler à son terme le contrat de Mme B, l'administration a donné deux motifs différents. Celui qui figure dans le courrier du 4 mai 2022 indique que " compte tenu de [son] année de naissance, la limite d'âge d'activité dans la fonction publique est de 67 ans et 6 mois. En conséquence, [son] contrat prendra fin le 31 août 2022 ". Celui qui figure dans le rejet du recours hiérarchique en date du 4 juillet " précise que la limite d'âge n'est pas le seul motif de non-renouvellement " et ajoute que " depuis l'an dernier, des comportements insuffisants et inadaptés ont été constatés ".

4. Mme B conteste exclusivement l'illégalité du motif tenant à l'insuffisance professionnelle alléguée par les services rectoraux. Mais l'intéressée, née le 28 février 1955, ne conteste pas celui tiré de ce que la limite d'âge était atteinte à l'échéance de son contrat, dès lors que ses écritures ne contestent pas le refus qui aurait été opposé à une demande de prolongation d'activité qu'elle n'établit d'ailleurs pas avoir déposée. Dans ces conditions, alors que le motif de non-renouvellement tenant à l'atteinte de la limite d'âge constitue un motif tiré de l'intérêt du service suffisant à justifier légalement la décision attaquée, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles relatives aux frais d'instance.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Hogedez, présidente,

- Mme Busidan, première conseillère,

- Mme Arniaud, première conseillère,

assistées de M. Brémond, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

H. BusidanLa présidente,

signé

I. HogedezLe greffier,

signé

A. Brémond

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier,

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