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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2206747

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2206747

lundi 12 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2206747
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBRUGGIAMOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

G une requête et un mémoire enregistrés le 4 août et le 5 septembre 2022, M. A C, représenté G Me Bruggiamosca, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2022, G lequel le Préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un délai d'un an et a fixé le pays de destination ;

3°) d'ordonner la communication de l'ensemble des documents sur lesquels le préfet a fondé sa décision ;

4°) d'enjoindre de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour avec une autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, injonction assortie d'une astreinte fixée à 100 euros G jour de retard, en application de l'article L.911-3 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- le signataire de l'arrêté est incompétent ;

-elle est entachée d'une insuffisante motivation révélant un défaut d'examen particulier de sa situation ;

-elle est entachée d'une méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;

-au regard de son état de santé, la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

-la décision porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne le refus d'un délai de départ volontaire :

-la décision est illégale G exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

-elle est entachée d'une insuffisante motivation ;

-elle est entachée d'une erreur de fait ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

-la décision est illégale G exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ de volontaire ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

-la décision est illégale G exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

-elle est entachée d'un défaut de motivation révélant l'absence d'examen particulier de sa situation ;

G un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. E pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 septembre 2022 :

- le rapport de M. Grimmaud, premier conseiller,

- les observations de Me Bruggiamosca, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins G les mêmes moyens et précise en premier lieu que ni M. C, ni l'association OSIRIS qui gérait ses documents administratifs, n'ont jamais reçu une quelconque décision de rejet de sa demande de titre de séjour " étranger malade " qu'il avait présenté en 2016 ou une quelconque décision portant obligation de quitter le territoire français qui aurait émise en 2017, le préfet ne produisant d'ailleurs aucune de ces décisions ni leur preuve de notification ; en deuxième lieu que le préfet disposait, avant de prendre la décision attaquée du 2 août 2022, d'indices sérieux quant à l'état de santé de M. C, celui-ci ayant notamment indiqué la posologie de son traitement lors de son audition, mais n'a nullement sollicité le service médical du collège des médecins de l'OFII comme il lui incombe, le préfet se bornant à citer dans sa décision un avis du médecin-inspecteur de l'agence régionale de santé, dénomination antérieure à la réforme du code de l'entrée et du séjour des étrangers qui renvoie nécessairement à un avis remontant à 2017 ; en troisième lieu, l'interruption de son traitement de substitution aurait de graves conséquences, or celui-ci n'est pas disponible en Bosnie ; en quatrième lieu, M. C ne s'est jamais soustrait à une obligation de quitter le territoire français datant de 2017 dès lors qu'il n'en a jamais eu connaissance, aucune décision et preuve de notification n'étant d'ailleurs produite au soutien de ces allégations ; en cinquième lieu que les allégations du préfet selon lesquelles M. C serait défavorablement connu des services de police sont dépourvues du moindre fondement, celui-ci n'ayant fait l'objet d'aucune poursuite ou condamnation ; en sixième lieu, le préfet n'a pas examiné la possibilité d'une admission exceptionnelle au séjour et l'existence de circonstances humanitaires, les très nombreuses attestations des professionnels des associations Bus31/32 et Osiris établissant les efforts d'intégration et le comportement exemplaire de M. C, devenu bénévole de l'une d'elle, ainsi que son long parcours de soins pour surmonter le stress post-traumatique résultant de son enrôlement alors qu'il était mineur lors de la guerre civile yougoslave ; en septième et dernier lieu, le préfet n'a pas examiné le risque d'exposition à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour en Bosnie ;

- les observations de M. C,

- le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant bosnien né le 12 avril 1976 à Banjaluka (Yougoslavie), déclare être entré en France le 10 octobre 2014. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " étranger malade " le 27 octobre 2016. G arrêté du 2 août 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour pendant un an et a fixé le pays de destination. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée G la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur la communication de l'ensemble des documents sur lesquels le préfet des Bouches-du-Rhône a fondé sa décision :

3. L'affaire est en état d'être jugée, le principe du contradictoire a été respecté.

Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'entier dossier détenu G l'administration.

Sur les conclusions en annulation :

4. Aux termes de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. " Aux termes de l'article R.611-1 du même code : " Pour constater l'état de santé de l'étranger mentionné au 9° de l'article L. 611-3, l'autorité administrative tient compte d'un avis émis G un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration () ". Aux termes de son article R. 611-2 : " L'avis mentionné à l'article R. 611-1 est émis dans les conditions fixées G arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu : 1° D'un certificat médical établi G le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier ; 2° Des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ".

5. Aux termes de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable . La décision de délivrer cette carte de séjour est prise G l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies G décret en Conseil d'Etat.".

6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que, dès lors qu'il dispose d'éléments d'information suffisamment précis permettant d'établir qu'un étranger, résidant habituellement en France, présente un état de santé susceptible de le faire entrer dans la catégorie des étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire, le préfet doit, lorsqu'il envisage de prendre une telle mesure à son égard et alors même que l'intéressé n'a pas sollicité le bénéfice d'une prise en charge médicale en France, recueillir préalablement l'avis du médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " étranger malade " le 27 octobre 2016 pour lequel il s'était vu remettre une autorisation provisoire de séjour et qu'il fait l'objet d'une prise en charge médicale et psychologique depuis 2014, en particulier G l'association OSIRIS dont l'objet est notamment le " soin aux personnes victimes de traumatismes induits G l'homme de type torture, viols, déplacement forcé, humiliations, massacres ". Il ressort également du dossier que le Dr B, médecin spécialisé en psychiatrie - praticien hospitalier au sein de l'APHM Hôpitaux Sud - attestant le 12 mai 2017 que celui-ci, dont elle assurait alors le suivi médical présentait " un tableau de stress post-traumatique grave compliqué d'un état dépressif chronique grave avec risque suicidaire élevé, avec des comorbidités somatique invalidantes (syndrome douloureux chronique et handicap fonctionnel en lien avec des blessures de guerre), et dont le retard de prise en charge et le défaut de soins adaptés ont aggravé le pronostic ", ledit tableau étant en lien avec l'enrôlement de M. C, alors mineur, dans les combats de la guerre civile en Bosnie au début des années 1990 qui a fini G le conduire ensuite à une vie d'errance. Le Dr B a détaillé les graves symptômes psychiatriques caractéristiques d'un stress post-traumatique qui font l'objet de soins intensifs et pluridisciplinaires nécessaire à la stabilisation de son état de santé G consultations et traitements médicamenteux, régulièrement réévalués, en collaboration avec sa prise en charge au sein du CSAPA Bus 31/32 et du centre de psychothérapie spécialisé OSIRIS. S'il ressort de ce certificat médical que l'intéressé avait, à l'époque, adhéré aux soins grâce à cette prise en charge et des liens de confiance avec les soignants, il restait néanmoins " très fragile sur le plan psychiatrique, ce qui impose un suivi intensif et coordonné entre les différentes structures impliquées dans la prise en charge des troubles ". Le Dr B précisait que l'interruption des soins aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité comportant un risque de décompensation psychotique et risque de passage à l'acte suicidaire.

8. Il ressort également des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition du 2 août 2022, que M. C a immédiatement fait part de son traitement à base de méthadone, de sa prise en charge G l'association OSIRIS précitée ainsi que de sa demande antérieure de titre de séjour pour motifs de santé. Ainsi, au regard de ses seuls éléments, le préfet des Bouches-du-Rhône disposait d'élément suffisamment sérieux pour examiner la possibilité que M. C entre dans le champ de la protection prévue au 9° de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Or, il ressort de l'examen de la décision attaquée que le préfet se réfère à un avis du " médecin-inspecteur de l'agence régionale de santé " correspondant à la rédaction du 11° de l'article L313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers alors en vigueur en 2017, impliquant nécessairement que le préfet des Bouches-du-Rhône s'est fondé sur un avis recueilli cinq années auparavant, et dont il ne ressort pas au surplus du dossier que M. C en aurait eu connaissance, sans avoir saisi, malgré les indices sérieux dont il disposait, le service médical du collège des médecins de l'OFII conformément aux dispositions de l'article L425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers applicable afin de recueillir un avis actualisé sur l'état de santé de M. C et des conséquences d'une mesure d'éloignement.

9. En outre, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'attestation de M. D, psychologue clinicien au sein de l'association OSIRIS, que M. C fait toujours l'objet d'un suivi étroit et reste une personnalité fragile dont l'intégration active en qualité de bénévole au sein de l'association Bus 31/32 contribue à l'efficacité de la prise en charge médicale et au maintien d'un équilibre psychique ainsi qu'à son adhésion aux soins et traitements qui lui sont prodigués, en particulier, comme l'indique le certificat médical du 16 août 2022, du Dr F la continuité des traitements de substitution nécessaire à la réduction d'une addiction liée aux traumatismes subis.

10. Au regard de ses éléments, il ne ressort pas des termes de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français du 2 août 2022 que le préfet aurait procédé à une réévaluation de la situation de M. C tenant compte de l'évolution éventuelle tant de son état de santé que de l'effectivité de l'accès aux soins en Bosnie nécessités G cet état, ainsi que l'exigent les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que la mesure d'éloignement en date du 2 août 2022 est entachée d'un défaut d'examen de sa situation.

11. Il résulte ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 2 août 2022 G lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a fait obligation à M. C de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et l'a interdit de retour sur le territoire français doit être annulé.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

12. L'annulation de l'obligation de quitter le territoire français dont a fait l'objet M. C implique que l'administration réexamine sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et délivre à l'intéressé, pendant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour.

Sur les frais liés au litige :

13. M. C est provisoirement admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle. G suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Bruggiamosca, avocate de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bruggiamosca de la somme de 1200 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C G le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1200 euros sera versée à M. C.

D E C I D E:

Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à titre provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 2 août 2022 G lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a fait obligation à M. C de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de délivrer à M. C une autorisation provisoire de séjour sans délai et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Bruggiamosca renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Bruggiasmosca, avocate de M. C, une somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C G le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1200 euros sera versée à son profit.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Claire Bruggiamosca et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu public G mise à disposition au greffe le 12 septembre 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

J-M. E

La greffière,

Signé

D. Sibille

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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