lundi 22 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2206970 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BADENES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 août 2022, M. A C, placé au centre de rétention administrative du Canet à Marseille, représenté par Me Badenes, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 août 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le principe général du droit de l'Union européenne pour toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- lui-même dispose d'un droit au séjour dès lors qu'il a déposé plusieurs demandes d'asile dans différents Etats de l'espace Schengen ;
- cette décision méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la décision de l'inscrire dans le système d'information Schengen est illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône demande au tribunal de rejeter la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 22 août 2022 :
- le rapport de Mme D ;
- les observations de Me Badenes, avocat, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; il soutient, en outre, que la régularité de l'audition du requérant par les services de police n'est pas établie, qu'il n'a jamais été interrogé dans sa langue par un interprète, que les pièces de procédure ne peuvent être communiquées au préfet qu'avec l'accord du procureur de République, qu'aucune décision à caractère personnel ne peut intervenir sur la base d'un traitement automatisé de données, que seul le bulletin n° 2 du casier judiciaire peut être utilisé, que l'origine des informations utilisées par le préfet est inconnue, que le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation dès lors qu'il n'a pas tenu compte de l'existence de sa relation de nature privée avec une ressortissante belge résidant en Belgique et qu'il ne peut être réadmis que dans les Etats de l'espace Schengen dans lesquels il a déposé une demande d'asile ;
- les observations de M. C, assisté de M. B, interprète en langue arabe, qui, après avoir confirmé les moyens exposés par son avocat, répond aux questions posées par le tribunal dans le cadre de l'instruction ;
-le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 18 juillet 1993, serait entré pour la première fois en 2017 sur le territoire français. Par un arrêté du 15 août 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans à son encontre. Le requérant demande au tribunal de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle et d'annuler l'arrêté du 15 août 2022.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".
5. La décision attaquée vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Par ailleurs, elle mentionne que M. C est de nationalité algérienne, qu'il n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, qu'il ne peut pas justifier être entré régulièrement sur le territoire français, qu'il ne remplit pas les conditions requises pour prétendre à la régularisation de sa situation administrative, qu'il est célibataire sans enfant, qu'il ne justifie pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, qu'il a fait l'objet d'un transfert, dont le délai a expiré, auprès des autorités néerlandaises suite à une demande d'asile. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée manque en fait et doit dès lors être écarté.
6. En deuxième lieu, si, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.
7. Toutefois, ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
8. Il ressort de son audience par les services de police le 15 août 2022 que
M. C a pu indiquer qu'il était hébergé sur le territoire français par l'un de ses cousins depuis 2019, qu'il avait fait une demande d'asile la même année et n'avait pas été avisé des suites données à cette demande et qu'il a été informé qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement à destination de son pays d'origine ou d'un pays dans lequel il est légalement admissible et interrogé sur les observations qu'il souhaitait apporter quant à cette mesure. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas du procès-verbal d'audition, qui fait foi jusqu'à preuve contraire, qu'il a indiqué qu'il avait déposé des demandes d'asile dans différents Etats de l'espace Schengen et qu'il souhaitait retrouver sa compagne qui réside en Belgique et qui dispose de cette nationalité. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation du principe d'être entendu avant l'intervention de l'obligation de quitter le territoire français attaquée manque en fait et doit, par suite, être écarté.
9. Par ailleurs, d'une part, contrairement à ce que soutient M. C, il a bénéficié de l'assistance d'une interprète lors de son audition par les services de police et, d'autre part, s'il conteste plus généralement la régularité de cette audition, il n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Il en est de même pour ses moyens tirés de ce que les pièces de procédure ne peuvent être communiquées au préfet qu'avec l'accord du procureur de République, qu'aucune décision à caractère personnel ne peut intervenir sur la base d'un traitement automatisé de données, que seul le bulletin n° 2 du casier judiciaire peut être utilisé et que l'origine des informations utilisées par le préfet est inconnue. Ainsi, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure au terme de laquelle est intervenue l'obligation de quitter le territoire français en litige manque en fait et doit, par suite, être écarté en toutes ses branches.
10. En troisième lieu, si M. C soutient qu'il partage une communauté de vie en Belgique avec une ressortissante de ce pays et que le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas tenu compte de cette relation dans l'examen de sa situation, il n'en établit pas la réalité par la seule production d'une attestation d'hébergement établie postérieurement à l'intervention de la décision attaquée. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort d'aucune pièce du dossier ni qu'il aurait déposé des demandes d'asile, toujours pendantes, dans différents Etats de l'espace Schengen ni qu'il a demandé à être transféré vers l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas pour la poursuite de la procédure de sa demande d'asile. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, fondée sur l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet des Bouches-du-Rhône n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et aurait commis une erreur de droit en considérant qu'il ne disposait d'un droit au séjour sur le territoire français au titre de l'asile.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Ces stipulations font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'une mesure d'éloignement prise à l'encontre d'un étranger un État pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne, soit du fait des autorités de cet État, soit même du fait de personnes ou groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités du pays de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.
12. M. C ne saurait utilement soutenir que l'obligation de quitter le territoire français attaquée méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que la décision attaquée n'a ni pour objet de ni pour effet de désigner le pays à destination duquel il pourrait être éloigné.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français présentées par M. C doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".
15. La décision attaque vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Elle mentionne également que M. C a été condamné le 20 avril 2021 à six mois d'emprisonnement pour transport non autorisé de stupéfiants, détention, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, acquisition non autorisée de stupéfiants et que son comportement constitue une menace pour l'ordre public. Par ailleurs, elle indique qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour après son entrée sur le territoire français, qu'il ne dispose ni d'un passeport en cours de validité ni d'un lieu de résidence permanent et qu'il déclare vouloir rester en France. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision refusant au requérant un délai de départ volontaire manque en fait et doit dès lors être écarté.
16. En second lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet des Bouches-du-Rhône n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. C en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de la décision de refus de délai de départ volontaire présentées par M. C doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
18. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Elle mentionne par ailleurs que M. C est de nationalité algérienne et qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement prise à l'encontre du requérant manque en fait et doit, par suite, être écarté.
19. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet des Bouches-du-Rhône n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. C en fixant comme pays de destination de la mesure d'éloignement soit l'Algérie, pays d'origine du requérant, soit tout Etat lui ayant délivré un titre de séjour en cours de validité ou dans lequel il établirait être légalement admissible.
20. En troisième lieu, si pour contester la décision attaquée, M. C prétend qu'il ne peut être réadmis que dans les Etats de l'espace Schengen dans lesquels il a déposé une demande d'asile, il n'établit pas, ainsi qu'il a été dit précédemment, qu'il aurait déposé des demandes d'asile, toujours pendantes, dans ces Etats.
21. En dernier lieu, si M. C soutient qu'il risque de subir des peines ou des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, il ne l'établit pas. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
22. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de la décision fixant le pays de destination présentées par M. C doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
23. En premier lieu, la décision attaquée vise les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application. Elle mentionne également que M. C déclare être entré en France en 2017 et ne démontre pas y avoir habituellement résidé depuis cette date, qu'il ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il est célibataire sans enfant et ne justifie pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine, qu'il n'a pas exécuté spontanément la mesure d'éloignement prise à son encontre le 8 janvier 2021 et rappelle sa condamnation telle que décrite au point 15.
24. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni des pièces du dossier que le préfet des Bouches-du-Rhône n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. C.
25. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
26. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les motifs, évoqués au point 23, sur lesquels le préfet des Bouches-du-Rhône a fondé la décision interdisant à M. C de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans ne seraient pas établis. Par ailleurs, d'une part, le préfet pouvait considérer que le requérant constituait une menace à l'ordre public du fait de sa condamnation et, d'autre part, les motifs retenus sont suffisants pour fonder une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans sans commettre d'erreur d'appréciation. De plus et en tout état de cause, le requérant ne saurait utilement soutenir que la décision attaquée s'oppose à la poursuite de l'examen de ses demandes d'asile dès lors que la réalité de telles demandes pendantes n'est pas établie.
27. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen () ".
28. Lorsqu'elle prend, à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Cette circonstance est, par suite, sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
29. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
30. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation () ".
31. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au conseil de M. C.
DÉCIDE :
Article 1er : M. C est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Délibéré le 22 août 2022, et lu en audience publique le même jour.
La magistrate désignée,
Signé
E-M. DLe greffier,
Signé
T. Marcon
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026