vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2206983 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL ROUANET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 août et le 12 septembre 2022, M. B D, représenté par Me Guy, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des effets de l'arrêté du 7 juillet 2022 par lequel le maire de la commune de Villard-Saint-Pancrace a accordé à Mme C A un permis de construire une maison individuelle et un garage pour une surface de plancher créée de 124 m2 ;
2°) d'indiquer au maire de la commune de Villard-Saint-Pancrace que le prononcé de la suspension impliquera l'arrêt immédiat des travaux, ce dont s'assurera sans délai, sur le terrain, l'un des agents mentionnés à l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme qui pourra, dans le cas contraire, rédiger un procès-verbal d'infraction, suivi d'un arrêté du maire, à défaut de la préfète des Hautes-Alpes, d'un arrêté interruptif de travaux et d'une transmission au procureur de la République ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Villard-Saint-Pancrace la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'autorisation de construire l'affecte directement dans les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de sa propriété dès lors que sa propriété est contigüe à celle de la pétitionnaire ;
- il n'a actuellement aucun vis-à-vis, bénéficie d'une vue à 180 % et d'un ensoleillement intégral dont il sera privé du fait de la construction projetée ;
- le projet se traduire par une perte de vue, générant un trouble dans l'intimité de sa famille ;
- la valeur patrimonial de son habitation sera affectée.
S'agissant de l'urgence :
- les travaux ont déjà commencé.
S'agissant de la condition tenant au doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- l'arrêté méconnaît la règle de prospect de l'article UB7 du règlement de la zone UB, dans la mesure où l'annexe ou le garage que le pétitionnaire prévoit d'édifier vise à contourner l'interdiction d'édifier une construction nouvelle sur les limites séparatives ;
- cette construction ne saurait être assimilée à un garage, sa superficie étant trop petite et constitue en réalité une chambre supplémentaire ;
- l'auvent prévu n'a pas été autorisé.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 septembre 2022, la commune de Villard-Saint-Pancrace conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause, dès lors que :
- la construction critiquée répond bien à la définition d'une annexe, au sens du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et de son article 5, du lexique national d'urbanisme et d'une réponse ministérielle ; elle comprend aussi la notion de garage ;
- elle présente toutes les caractéristiques techniques d'une annexe et peut donc être implantée en limite séparative puisqu'elle est de faible dimension et ne comporte aucun accès direct avec le bâti principal ;
- si le projet initial prévoyait un garage, il a dû être reconsidéré, les services de l'Etat soulignant sa vulnérabilité au regard du plan de prévention des risques inondation ;
- une demande de permis de construire est une démarche déclarative et si une utilisation non conforme venait à être constatée, il appartiendra au requérant de signaler l'infraction à la commune ;
- aucune règle d'urbanisme n'interdit qu'une annexe soit dotée d'une fenêtre permettant de l'éclairer en plein jour ;
- le requérant ne peut donc prétendre à une tentative de fraude ;
- les plans produits attestent de la réalisation de trois places de stationnement, conformément aux prescriptions de l'article UB12 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- la requête présente un caractère abusif.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2206830.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Hogedez, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 septembre 2022 à 11 heures, en présence de M. Brémond, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Hogedez, juge des référés ;
- les observations de Me Guy, pour M. D, qui a renouvelé, en les développant ou les précisant, les moyens de la requête ;
- les observations de Me Rouanet, pour la commune de Villard-Saint-Pancrace ;
- et celles de Mme A.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une ordonnance de suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion cumulative de l'existence d'une situation d'urgence et d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
2. Il résulte de l'instruction que, le 5 avril 2022, Mme A a déposé une demande de permis de construire une maison individuelle et d'un garage sur un terrain situé 30 rue principale du Bourg, sur le territoire de la commune de Villard-Saint-Pancrace. Elle a ensuite modifié ce projet pour tenir compte de l'avis des services de l'Etat mettant en évidence la vulnérabilité de son projet au titre du risque inondation, remplaçant la porte de garage initialement prévue par une fenêtre surmontant un muret. Par arrêté du 7 juillet 2022, le maire de la commune de Villard-Saint-Pancrace lui a accordé le permis de construire cette maison et l'annexe qui la complètera désormais. Par la présente requête, M. D, voisin immédiat de Mme A, demande au juge des référés de prononcer la suspension de l'exécution des effets de ce permis de construire sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
3. A l'appui de sa requête, M. D soutient que l'arrêté de permis de construire méconnaîtrait la règle de prospect de l'article UB7 du règlement de la zone UB de la commune, dans la mesure où la construction de l'annexe ou du garage que Mme A prévoit d'édifier viserait à contourner l'interdiction d'édifier une construction nouvelle sur les limites séparatives. Le requérant déduit ainsi de certains éléments du dossier l'intention de frauder de Mme A qui, en lieu et place d'une simple annexe, chercherait à construire une chambre supplémentaire en limite séparative, ce qu'interdit le règlement du plan local d'urbanisme communal. Il ajoute également qu'un auvent, dont la construction est prévue, n'aurait pas été autorisé.
4. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun de ces moyens n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension présentées par M. D, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence. Par suite, les autres conclusions de sa requête, tendant à demander au juge qu'il indique au maire de la commune de Villard-Saint-Pancrace la conduite à tenir en raison de l'illégalité du permis et de l'irrégularité des travaux entrepris par Mme A ne peuvent, et en tout état de cause, qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative: " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que les conclusions présentées par M. D, partie perdante à l'instance, ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de M. D une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Villard-Saint-Pancrace, et non compris dans les dépens, en application de ces mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : M. D versera à la commune de Villard-Saint-Pancrace la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B D, à la commune de Villard-Saint-Pancrace et à Mme C A.
Fait à Marseille, le 16 septembre 202La juge des référés,
signé
I. Hogedez
La République mande et ordonne à la préfète des Hautes-Alpes en ce qui la concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
P/le greffier en chef,
Le greffier.
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026