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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2207331

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2207331

mardi 6 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2207331
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGOMEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 août 2022, M. H G, représenté par Me Gomez, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 30 août 2022 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français ;

3°) d'annuler la décision du même jour par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire ;

4°) d'annuler la décision du même jour par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a fixé le pays de destination ;

5°) d'annuler la décision du même jour par laquelle le préfet de Bouches-du-Rhône lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

6°) d'annuler la décision du même jour par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône l'a inscrit dans le système d'information Schengen ;

7°) de se voir communiquer l'ensemble des pièces sur lesquelles le préfet des Bouches-du-Rhône s'est fondé pour prendre les décisions litigieuses ;

8°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, qui s'engage dans ce cas à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- le signataire de ces décisions ne justifie pas d'une délégation de signature régulière ;

- ces décisions sont insuffisamment motivées au regard des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elles ne précisent pas la date de sa première arrivée en France, qu'elle indiquent à tort qu'il n'aurait pas exécuté une première mesure d'éloignement prise à en son encontre en 2019 et qu'enfin, il ne saurait lui être reproché le fait qu'il n'a pas déposé de demande de titre de séjour alors qu'il n'était sur le territoire français que depuis trois jours lors de son interpellation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée dans la mesure où il ne représente aucune menace pour l'ordre public et qu'il n'a jamais fait obstruction à une précédente mesure d'éloignement ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant aucun délai de départ volontaire et a ainsi fait une application mécanique des critères énoncés aux articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- les dispositions des articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues dès lors que les critères qu'énumèrent ces dispositions sont cumulatifs et limitatifs ;

- la durée de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée au regard de la vie privée et familiale dont il dispose en France et en Suisse ainsi du fait qu'en l'absence de toute condamnation pénale prononcée à son encontre, il ne représente aucune menace pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que pour statuer sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle, en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, dans le cadre de l'exercice des fonctions de juge de l'éloignement.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 septembre 2022 :

- le rapport de Mme C qui, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, a informé les parties de ce que le jugement était susceptible d'être sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la mesure d'inscription du requérant dans le système d'information Schengen,

- les observations de Me Gomez, avocate de M. G, présent et assisté de M. A, interprète en langue arabe,

- le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. H G, ressortissant algérien né le 6 août 1990, se disant Mohamed Youssef, ressortissant marocain né le 6 août 1995, a été interpellé le 29 août 2022 à Marseille dans le cadre d'un contrôle routier. Le 30 août 2022, il a fait l'objet d'un arrêté par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur ce territoire pour une durée de deux ans. M. G, placé en rétention administrative, demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". En application de ces dispositions, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. G, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions tendant à la communication par l'administration de l'ensemble des pièces sur lesquelles elle s'est fondée pour prendre la décision contestée :

3. L'affaire est en état d'être jugée, le principe du contradictoire a été respecté et il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'ensemble des pièces sur lesquelles s'est fondé le préfet des Bouches-du-Rhône pour prendre la décision contestée.

Sur l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation du signalement de M. G aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen :

4. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ". Lorsqu'elle prend, à l'égard d'un étranger, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Il suit de là que les conclusions de M. G à fin d'annulation de cette mesure sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

5. L'arrêté attaqué a été signé par Mme F E, adjointe au chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile, qui a reçu par un arrêté n° 13-2021-08-31-00005 du 31 août 2021, publié au recueil des actes administratifs n° 13-2021-247 de la préfecture des Bouches-du-Rhône, délégation de signature pour l'ensemble des attributions exercées par M. D B, chef du bureau, qui a lui-même reçu délégation de signature du préfet notamment pour les obligations de quitter le territoire français, les décisions relatives au délai de départ volontaire, celles fixant le pays de destination et les interdictions de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. G a été interpellé le 29 août 2022 par les services de police dans le cadre d'un contrôle routier et que, non titulaire d'un titre de séjour en cours de validité, il n'a pu justifier être entré régulièrement sur le territoire français muni du visa normalement requis conformément à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. L'intéressé ne saurait utilement soutenir à cet égard qu'il ne peut lui être reproché de ne pas avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour alors qu'il ne se trouvait en France que depuis trois jours lorsqu'il a été interpellé dès lors, d'une part, que l'obligation de quitter le territoire français en litige est fondée sur le défaut de visa, document dont il doit être titulaire à défaut de titre de séjour pour entrer sur le territoire français, d'autre part, qu'il ne démontre pas, en tout état de cause, être entré sur le territoire français le 25 août 2022. Par suite, M. G se trouvait bien dans le cas, visé au 1° des dispositions précitées, où le préfet peut édicter une obligation de quitter le territoire français.

8. En second lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée () ".

9. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

10. La décision attaquée, qui vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose avec suffisamment de précision les éléments de la situation personnelle et familiale de M. G. Cette décision comporte ainsi de façon circonstanciée l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. La seule circonstance que cette décision ne ferait pas état de la date de sa première entrée en France en 2017 est sans incidence sur la régularité de cette motivation, alors que cette mention n'avait pas à y figurer, de même que la circonstance qu'elle indiquerait à tort qu'il n'aurait pas exécuté spontanément la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet en 2019, qui relève du bien-fondé des motifs de la décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en litige doit être écarté.

En ce qui concerne la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".

12. Pour refuser d'accorder à M. G un délai de départ volontaire, le préfet des Bouches-du-Rhône s'est fondé, d'une part, sur la circonstance que son comportement constituait une menace pour l'ordre public, étant défavorablement connu des services de police, d'autre part, sur la circonstance qu'il existait un risque qu'il se soustraie à la mesure d'éloignement en cause. Pour établir ce risque, le préfet des Bouches-du-Rhône a relevé qu'entré en France le 25 août 2022 selon ses dires, M. G n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes en l'absence de passeport en cours de validité et d'un lieu de résidence effectif, qu'il a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français édictée le 7 février 2019 qu'il n'a pas spontanément exécutée et qu'il a tenté de dissimuler sa véritable identité. Pour contester ces motifs, M. G se borne à soutenir, sans l'établir, qu'il justifie d'une adresse stable sur le territoire français. S'il se prévaut de la circonstance que lors de son interpellation par les services de police, il n'était présent sur le territoire français que depuis trois jours, celle-ci est sans incidence sur la légalité de la décision en cause, dès lors qu'ainsi qu'il a été dit au point 7, pour entrer et séjourner en France, il devait à tout le moins être en possession d'un visa, faute de justifier d'un titre de séjour en cours de validité. Enfin, si le requérant soutient ne pas représenter une menace pour l'ordre public, en l'absence de condamnation pénale prononcée à son encontre, d'une part, le préfet des Bouches-du-Rhône pouvait en tout état de cause se fonder sur le seul risque visé au 3° de l'article L. 612-3 pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, d'autre part, il ne conteste pas, en dépit de l'absence de condamnation pénale, être connu des services de police pour des faits de vol en réunion sans violence, vol aggravé par deux circonstances avec violence et vol aggravé par deux circonstances sans violence, ainsi que cela ressort du rapport dactyloscopique édité le 30 août 2022 par la direction générale de la police nationale. Par suite, au regard de l'ensemble de ces éléments, et alors que M. G a été en outre signalisé pour des faits de maintien irrégulier sur le territoire français, le préfet des Bouches-du-Rhône, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, n'a commis aucune erreur de droit et n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

14. Si le préfet doit tenir compte, pour décider de prononcer à l'encontre d'un étranger soumis à une obligation de quitter sans délai le territoire français une interdiction de retour et fixer sa durée, de chacun des critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces mêmes dispositions ne font pas obstacle à ce qu'une telle mesure soit décidée quand bien même une partie de ces critères, qui ne sont pas cumulatifs, ne serait pas remplie. Il résulte en outre des termes mêmes de ces dispositions que l'autorité administrative prend en compte les circonstances humanitaires qu'un étranger peut faire valoir et qui peuvent justifier qu'elle ne prononce pas d'interdiction de retour à son encontre.

15. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que M. G, qui déclare être entré en France le 25 août 2022, ne justifie pas de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, est célibataire et sans enfant, ne justifie pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales dans son pays d'origine et n'a pas exécuté la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet le 7 février 2019. Cette décision expose ainsi avec suffisamment de précision les motifs qui la fondent, sans que le bien-fondé de ces motifs ait une incidence sur la régularité de cette motivation. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision en cause doit être écarté.

16. En second lieu, contrairement à ce que soutient M. G, les critères énoncés par les dispositions de l'article L. 612-10 ne sont pas cumulatifs, ainsi qu'il a été dit au point 14. Par ailleurs, si l'intéressé conteste avoir fait obstruction à la mesure d'éloignement édictée à son encontre le 7 février 2019, il ne l'établit pas, ni davantage la circonstance que sa compagne serait de nationalité française. En outre, la circonstance que l'ensemble de ses attaches personnelles et familiales se trouveraient en Suisse est sans incidence sur la légalité de la décision en cause, qui porte interdiction de retour sur le territoire français. Enfin, si M. G fait valoir qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public, ce qui est contredit par les pièces versées au dossier, le préfet des Bouches-du-Rhône, s'il a examiné ce motif, ne s'est pour autant pas fondé dessus pour prononcer la décision en cause. Ainsi, au regard des conditions de séjour en France de l'intéressé et en l'absence de circonstances humanitaires qui justifieraient que l'autorité administrative ne prononce pas d'interdiction de retour, le préfet des Bouches-du-Rhône a pu, sans commettre d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation, prononcer à l'encontre de M. G une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. G doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. G est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. G est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement est notifié à M. H G et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 septembre 2022.

La magistrate désignée,

Signé

J. C

La greffière,

Signé

H. Ben Hammouda

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière

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