mercredi 22 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2207345 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er septembre 2022 et 27 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Tarlet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 juillet 2022 par laquelle la maire de la commune d'Aix-en-Provence a prononcé son licenciement à compter du 27 septembre 2022 ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Aix-en-Provence de le réintégrer dans ses fonctions, de lui verser les salaires qu'il aurait dû percevoir et de régler les cotisations s'y rapportant ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision de licenciement contestée est entachée d'un vice de procédure dans la mesure où l'administration n'a pas recueilli l'avis de la commission consultative paritaire ;
- elle n'est pas motivée ;
- le projet de licenciement n'était pas accompagné des pièces démontrant les fautes reprochées ;
- les faits reprochés sont matériellement inexacts et l'administration n'en rapporte pas la preuve ;
- il a été mis de côté dès 2022, en ce que les élus ont ignoré la plupart de ses courriels et ne l'ont plus convié aux réunions, et en ce qu'il a été harcelé par les élus afin de démissionner et dans l'obligation d'initier un suivi psychologique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2022, la commune d'Aix-en-Provence, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions " indemnitaires " présentées par M. B sont irrecevables dès lors que celui-ci n'a pas présenté de demande préalable ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le décret n° 2016-1858 du 23 décembre 2016 ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Forest,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Tarlet, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté à compter du 1er décembre 2020 par un contrat à durée déterminée en qualité de collaborateur d'un groupe d'élus de la commune d'Aix-en-Provence pour une durée de trois ans à mi-temps. Par une décision du 20 juillet 2022, la maire de la commune d'Aix-en-Provence a prononcé son licenciement à compter du 27 septembre 2022. Le requérant demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre à la commune d'Aix-en-Provence de le réintégrer dans ses fonctions, de lui verser les salaires qu'il aurait dû percevoir et de s'acquitter des cotisations s'y rapportant.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 20 du décret du 23 décembre 2016 relatif aux commissions consultatives paritaires de la fonction publique territoriale : " I.- Les commissions consultatives paritaires connaissent : 1° Des questions d'ordre individuel relatives : a) Au licenciement d'un agent contractuel intervenant postérieurement à la période d'essai, à l'exception de l'agent recruté en application des articles 47,110 et 110-1 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été recruté sur le fondement de l'ancien article 110-1 de la loi du 26 janvier 1984. Il ne peut ainsi utilement se prévaloir de l'absence de consultation de la commission consultative paritaire prévue par les dispositions précitées de l'article 20 du décret du 23 décembre 2016.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 42-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " Lorsqu'à l'issue de l'entretien (), l'autorité territoriale décide de licencier un agent, elle lui notifie sa décision par lettre (). Cette lettre précise le ou les motifs du licenciement, ainsi que la date à laquelle celui-ci doit intervenir compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis ".
5. La décision de licenciement contestée fait référence à l'entretien préalable au licenciement qui s'est tenu le 15 juin 2022 et est fondée sur la perte du lien de confiance inhérent à l'exercice des fonctions de M. B résultant de l'absence d'exécution des tâches confiées, son incapacité à travailler en équipe, la prise d'initiatives personnelles sans validation ni information aux élus du groupe et le fait d'avoir proféré des menaces à l'encontre des élus à l'occasion de l'entretien préalable. Ainsi, cette décision précise les motifs du licenciement au sens des dispositions précitées. Ces mentions étaient suffisamment explicites pour permettre à l'intéressé de comprendre ces motifs par la seule lecture de cette décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de celle-ci manque en fait et doit être écarté.
6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a été, comme il devait l'être s'agissant d'une mesure de licenciement prise en considération de la personne, mis en mesure de prendre connaissance le 9 juin 2022 de son dossier, lequel contenait, en particulier, selon ses observations portées sur l'attestation de consultation, la convocation à l'entretien préalable, qui énonçait précisément les motifs de la rupture du lien de confiance, et le courrier que les élus lui avaient fait parvenir le 7 février 2022 au cours d'une absence pour maladie. Le moyen tiré de ce le projet de licenciement n'aurait pas été accompagné de pièces relatives aux fautes reprochées doit ainsi être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 110-1 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, devenu l'article L. 333-12 du code général de la fonction publique au 1er mars 2022 : " Les agents contractuels territoriaux recrutés sur le fondement du code général des collectivités territoriales pour exercer les fonctions de collaborateur de groupe d'élus ou de groupe de délégués sont engagés par contrat à durée déterminée pour une durée maximale de trois ans, renouvelable, dans la limite du terme du mandat électoral de l'assemblée délibérante concernée () ". Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que le juge de l'excès de pouvoir contrôle que la décision mettant fin aux fonctions d'un collaborateur de groupe d'élus ne repose pas sur un motif matériellement inexact ou une erreur de droit et n'est pas entachée de détournement de pouvoir.
8. La décision de licenciement contestée est fondée sur la rupture du lien de confiance existant entre M. B et le groupe d'élus de l'opposition pour lequel il travaillait, compte tenu de l'absence d'exécution des tâches confiées, de son incapacité à travailler en équipe et de ses prises d'initiatives personnelles sans validation ni information aux élus du groupe, auxquelles s'ajoutent des propos menaçants à l'encontre de ce groupe. Par deux courriers, l'un du 7 février 2022, adressé par les élus au requérant, l'autre du 16 mai 2022, adressé à la maire d'Aix-en-Provence, l'ensemble de ces élus a exposé de manière précise et circonstanciée les faits reprochés au requérant, concernant l'absence d'animation de leur site internet par des publications régulières, de réalisation de la lettre d'actualités demandée, et de remontée d'éléments pour une conférence de presse en janvier 2022, le refus de communiquer ses codes d'accès aux journaux à sa collègue et de participation à certaines réunions, ainsi que le fait de s'être approprié le site internet des élus en excluant l'administrateur initial sans leur aval et, enfin, celui d'avoir proféré des menaces à l'encontre du groupe le jour de l'entretien préalable. M. B indique ne plus avoir été convié aux réunions, avoir adressé des courriels aux élus restés sans réponse, et avoir fait l'objet de la part de ces derniers de menaces pour qu'il démissionne. Toutefois, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations de mise à l'écart et de menaces. Il soutient par ailleurs qu'il a parfaitement réalisé les tâches demandées, mais que le travail n'était pas organisé et qu'il ne disposait ni de fiche de poste ni de fiche d'horaires, et produit, à cet égard, différents documents rédigés dans le cadre de son travail à la demande des élus, dont quatre revues de presse, deux transcriptions de discours, trois propositions de courriers et un projet de lettre d'actualités. Si ces documents permettent de constater qu'il réalisait correctement certaines des tâches demandées, et notamment celles afférentes à la réalisation au moins partielle d'une lettre d'actualités, leur volume est peu important au regard du nombre de mois travaillés, et ne ainsi sont pas de nature à remettre en cause la matérialité des faits reprochés, en particulier ses difficultés à travailler en équipe et le refus de communiquer ses codes d'accès à sa collègue, le fait de s'être approprié le site internet des élus en excluant l'administrateur initial sans l'aval de ces derniers et les menaces proférées à l'encontre du groupe à l'occasion de l'entretien préalable. Il ne ressort donc pas des pièces du dossier que la décision contestée reposerait sur un motif matériellement inexact.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B, doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir qui leur est opposée en défense, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aix-en-Provence, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a par ailleurs pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune au titre des mêmes frais exposés par elle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Aix-en-Provence au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Aix-en-Provence.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Balussou, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère,
Assistées par Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
H. Forest
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026