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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2207759

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2207759

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2207759
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantKTORZA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2022, complétée par un mémoire enregistré le 20 octobre 2022, M. B A représenté par Me Ktorza, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'une erreur de droit au regard des stipulations de l'article 6 alinéa 1-5 de l'accord franco-algérien, le préfet n'ayant pas tenu compte de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 27 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 novembre 2022.

Par une décision du 16 août 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hameline, présidente-rapporteure,

- et les observations de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant algérien né le 9 décembre 1976, déclare être entré en France le 21 avril 2005 et s'y être maintenu continuellement depuis lors. Il a bénéficié de la délivrance d'un certificat de résidence en qualité de conjoint d'une ressortissante française valable du 4 septembre 2014 au 3 septembre 2015. A la suite de sa demande de renouvellement de ce titre, un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français a été pris à son encontre par le préfet des Bouches-du-Rhône le 12 octobre 2016. Une nouvelle demande d'admission au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale a été rejetée par un arrêté du 16 septembre 2020 portant obligation de quitter le territoire français. Le 1er décembre 2021, M. A a formé une nouvelle demande de certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement du 5° de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 1er juillet 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".

3. Si M. A soutient résider de manière continue en France depuis le 21 avril 2005, les pièces peu nombreuses versées dans l'instance ne démontrent au mieux qu'une présence ponctuelle et ne permettent pas d'établir sa résidence habituelle sur le territoire français au cours de cette période. Le requérant présente ainsi une seule copie partielle de son passeport délivré le 20 mars 2015, où figure un tampon du 1er décembre 2015 de sortie du territoire français, un justificatif d'hébergement dans un établissement social entre octobre 2015 et avril 2022 ainsi que deux quittances de loyer des mois de mars et mai 2011. L'intéressé, divorcé et sans enfant à charge, ne fait état d'aucune attache personnelle en France. Il n'établit pas davantage être dépourvu d'attaches familiales en Algérie, où il n'est pas contesté que résident sa mère et ses trois frères et sœurs. Enfin, si M. A justifie, dans le cadre de l'accompagnement social dont il bénéficie, d'une promesse d'embauche pour un contrat de travail d'un an et d'un contrat d'un an pour une formation interne lui permettant d'acquérir une attestation de qualification professionnelle, ces seules circonstances ne suffisent pas à caractériser le transfert de ses intérêts privés sur le territoire français. Dans ces conditions, l'arrêté contesté, qui est suffisamment motivé, n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'est donc pas entaché d'une erreur de droit au regard des stipulations de l'article 6 alinéa 1-5 de l'accord franco-algérien.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris en ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au profit de son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Ronny Ktorza, et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 9 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Hameline, présidente,

- Mme Felmy, première conseillère,

- Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

La présidente-rapporteure,

signé

M-L. HamelineL'assesseure la plus ancienne,

signé

E. Felmy

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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