jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2207842 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SOPENA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2022, M. C A,
représenté par Me Sopena, substitué par Me Guarnieri, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination, l'a informé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux années ;
3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, de lui délivrer un certificat de
résidence algérien lui permettant de travailler, assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, de procéder à un nouvel examen de sa situation et de lui délivrer pendant cet examen, une autorisation de séjour lui permettant de travailler assortie d'une astreinte fixée à 100 euros par jour de retard à
compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
5°) de mettre une somme de 1 200 euros à la charge de l'État en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous condition que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur la décision dans son ensemble :
En ce qui concerne la légalité externe :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée, ce qui atteste d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
Sur la décision d'obligation de quitter le territoire français :
En ce qui concerne la légalité interne :
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention
européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle constitue une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa
situation personnelle ;
Sur la décision de refus d'accorder un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'illégalité, dans la mesure où l'obligation de quitter le territoire
français est elle-même illégale ;
Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans :
- elle est entachée d'illégalité, dans la mesure où l'obligation de quitter le territoire
français est elle-même illégale.
Par un mémoire, enregistré le 26 septembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône
conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés
fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. B pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Guarnieri, représentant M. A.
- le préfet des Bouches du Rhône n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré a été produite le 26 octobre 2022 pour M. A et a été transmise au préfet des Bouches-du-Rhône le 8 novembre 2022, lequel n'a pas produit d'observations.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, serait entré en France en 2011 ou 2012. Par un
arrêté du 18 septembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, l'a informé qu'il a fait l'objet d'un signalement dans le
système d'information Schengen et a fixé le pays de destination. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide
juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Selon l'article 61 du décret
n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article 138 du code de procédure pénale : " Le contrôle judiciaire peut être ordonné par le juge d'instruction ou par le juge des libertés et de la détention si la
personne mise en examen encourt une peine d'emprisonnement correctionnel ou une peine plus grave. Ce contrôle astreint la personne concernée à se soumettre, selon la décision du juge d'instruction ou du juge des libertés et de la détention, à une ou plusieurs des obligations ci-après énumérées : 1° Ne pas sortir des limites territoriales déterminées par le juge d'instruction ou le juge des libertés et de la détention ; () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêt de la chambre d'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence du 23 mai 2019, M. A a été placé sous contrôle judiciaire avec les obligations de ne pas sortir du territoire national métropolitain français et de se présenter une fois par semaine au commissariat central de Marseille (13002), 2, rue Antoine Becker à partir du 28 mai 2019. Il résulte de la note en délibéré produite le 26 octobre 2022 par Me Rebstock, avocat du requérant, confirmé lors de la seconde audience du 2 décembre 2022, que M. A reste soumis au contrôle judiciaire précité. Le placement du requérant sous contrôle judiciaire, dans les conditions prévues par l'article 138 du code de procédure pénale est de nature à faire obstacle à l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée par le préfet des Bouches-du-Rhône jusqu'à la levée de ce contrôle par le juge judiciaire. En l'espèce, il ne ressort pas de ce qui a été dit lors des audiences, ni des pièces du dossier qu'une mainlevée de ce
contrôle judiciaire a été prononcée par le tribunal judiciaire de Marseille.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, celui retenu par le présent jugement étant le mieux à même de régler le litige, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision en date du 18 septembre 2022 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, l'a informé qu'il a fait l'objet d'un signalement dans le
système d'information Schengen et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. Eu égard à ses motifs, le présent jugement implique que le préfet des Bouches-du-Rhône procède au réexamen de la situation de M. A. Il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au préfet de réexaminer la situation de M. A dans le délai de de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer durant cet examen une autorisation
provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le
versement à Me Sapena, avocat de M. A, d'une somme de 800 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D É C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 18 septembre 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de procéder au réexamen de la situation de M. A dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente.
Article 4 : L'État versera la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à Me Sapena qui renoncera à percevoir la contribution de l'État au titre de l'aide juridictionnelle s'il recouvre cette somme.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. M. C A et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
A-D B Le greffier,
Signé
R. Machado
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026