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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2207919

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2207919

mardi 20 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2207919
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantTOUHLALI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2022, M. A C représenté par Me Touhlali, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à Me Touhlali sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté a été pris sans examen de sa demande de titre de séjour étudiant ;

- la décision implicite du 7 octobre 2019 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour mention " étudiant " est illégale dès lors qu'il en remplissait les conditions ;

- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur de base légale et d'une erreur de droit en ce qu'elle n'a pas été prise sur le fondement de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 31 juillet 1993 ;

- il remplit les conditions posées par l'article 9 de la convention franco-congolaise ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Par une décision en date du 16 août 2022, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 12 décembre 2022, en présence de Mme Ibram, greffière d'audience, le rapport de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant congolais, demande l'annulation de l'arrêté du

20 juin 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que M. C a présenté le 9 décembre 2021 une demande tendant à la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, quand bien même elle a été présentée sur un formulaire utilisé pour les demandes d'admission exceptionnelle au séjour. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône, en examinant sa demande uniquement sur le fondement de la vie privée et familiale, sans se prononcer sur son droit au séjour en qualité d'étudiant, n'a pas procédé à un examen de sa situation particulière. Il en résulte que le moyen tiré de ce défaut d'examen doit être accueilli.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 20 juin 2022 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C doit être annulée. Par voie de conséquence la décision portant obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de destination doivent être annulées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

4. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer la demande de M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Touhlali, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 000 euros à Me Touhlali au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de délivrer à M. C un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer la situation de

M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Sous réserve que Me Touhlali renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, ce dernier versera une somme de 1 000 euros à Me Touhlali, avocat de

M. C, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du

10 juillet 1991.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Touhlali et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au procureur de la République près le tribunal judicaire de Marseille.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Gonneau, président,

Mme Fabre, première conseillère,

Mme Journoud, conseillère,

Assistés de Mme Ibram, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.

Le président,

signé

P-Y. BL'assesseure la plus ancienne,

signé

É. FABRE

La greffière,

signé

S. IBRAM

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en cheffe,

La greffière

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