jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2207995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GILBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée 13 septembre 2022, M. A B, représenté par Me Gilbert, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à la directrice territoriale de l'OFII de lui rétablir les conditions matérielles d'accueil ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Gilbert sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il s'est retrouvé dans l'impossibilité de présenter une attestation de demande d'asile en cours de validité pendant plusieurs mois compte tenu des délais d'attente imposés par la préfecture des Bouches-du-Rhône.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Devictor ;
- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant nigérian, déclare être entré en France le 30 décembre 2020 afin d'y solliciter l'asile. Sa demande a été enregistrée en procédure dite " Dublin " le 14 janvier 2021 et il s'est vu remettre deux attestations de demande d'asile en procédure Dublin, la deuxième valable jusqu'au 17 juin 2021. Il a accepté les conditions matérielles d'accueil réservées aux demandeurs d'asile le 14 janvier 2021. Le 11 mai 2022, sa demande d'asile a été requalifiée et il s'est vu remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale valable du 11 mai 2022 au 10 mars 2023. M. B a alors sollicité le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 13 juillet 2022, la directrice territoriale de l'OFII a refusé de rétablir ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'il était dépourvu d'une attestation pour demandeur d'asile entre le 18 juin 2021 et le 11 mai 2022. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : 1° Il quitte la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; / 2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 ; / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / 4° Il a dissimulé ses ressources financières ; / 5° Il a fourni des informations mensongères relatives à sa situation familiale ; / 6° Il a présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes () Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil () ". Aux termes de l'article D. 553-25 du même code : " Sans préjudice des dispositions de l'article L. 551-14, le défaut de validité de l'attestation de demande d'asile entraîne la suspension des droits à l'allocation, sauf s'il est imputable à l'administration ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le requérant a perçu l'allocation pour demandeur d'asile après l'enregistrement de sa demande en procédure " Dublin ", jusqu'au mois de septembre 2021, son versement ayant alors été suspendu en raison du non-renouvellement de son attestation de demande d'asile. Alors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'avait pas mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, il lui appartenait, dès lors que le non-renouvellement de l'attestation de demande d'asile était imputable à l'administration, de verser l'allocation pour demandeur d'asile à compter du mois d'octobre 2021. Dans ces conditions, en refusant de rétablir les conditions matérielles d'accueil le 13 juillet 2022, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit être regardée comme ayant mis fin aux conditions matérielles d'accueil de M. B, sur le fondement de l'article L. 551-16 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. D'autre part, il ressort des termes de la décision attaquée que la directrice de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil de M. B au motif qu'il s'était maintenu irrégulièrement sur le territoire français sans attestation de demande d'asile valide durant la période du 18 juin 2021 au 11 mai 2022 et qu'il ne justifiait pas des motifs pour lesquels il s'était ainsi maintenu irrégulièrement, sans solliciter l'examen de sa demande d'asile. Il résulte de ce qui a été dit au point 1 que ces motifs sont à la fois entachés d'une erreur de fait, dès lors que M. B n'était pas en situation irrégulière, et d'une erreur de droit, dès lors que l'absence de renouvellement de l'attestation de demande d'asile n'est pas un des motifs prévus par les dispositions précitées de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile susceptibles de justifier qu'il soit mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie un demandeur d'asile. Par suite, la décision attaquée doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement implique, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que M. B bénéficie des conditions matérielles d'accueil sans interruption à compter du mois d'octobre 2021. Il y a donc lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile du mois d'octobre 2021 au mois de juillet 2022, sa demande d'asile ayant été rejetée le 12 juillet 2022, ce dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gilbert, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement de la somme de 1 200 euros à Me Gilbert.
D É C I D E :
Article 1 : La décision du 13 juillet 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil de M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de verser l'allocation pour demandeur d'asile à M. B du mois d'octobre 2021 au mois de juillet 2022 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera une somme de 1 200 euros à Me Flora Gilbert, avocate de M. B, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Flora Gilbert et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Devictor, première conseillère,
Mme Delzangles, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
É. Devictor
Le président,
Signé
P-Y. GonneauLa greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026