vendredi 30 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2208087 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2022, Mme A D, représentée par Me Kaled, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 28 septembre 2022 par laquelle le directeur de la police aux frontières de l'aéroport de Marseille lui a refusé son entrée sur le territoire et l'a maintenu en zone d'attente.
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle s'est présentée au point de passage frontalier de Marseille munie de son titre de séjour délivré à Mayotte et de sa qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français ;
- elle n'avait pas à détenir un visa en application de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile des étrangers.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 30 septembre 2022 , , représenté par la SCP SAIDJI ET MOREAU conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas caractérisée ;
- aucune atteinte manifestement grave et illégale n'est portée à une liberté fondamentale ;
- l'intéressée est démunie de visa, et n'établit pas l'existence d'une vie privée et familiale en France ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile des étrangers ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Machado, greffier d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :
- Me Kaled, pour Mme D qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens. Il fait également valoir que le droit à un recours effectif de Mme D a été méconnu car elle n'a pas pu se rendre devant la présente instance. Il soutient également que la décision de refus d'entrée sur le territoire national méconnaît l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle fait obstacle à ce qu'elle puisse rendre visite à son enfant. Me Kaled insiste également sur le fait que Mme D ne souhaite pas s'établir en France mais y séjourner seulement jusqu'au 25 novembre 2022, date de son billet de retour et que le fils de l'intéressé est scolarisé à Limoges
Le ministre de l'intérieur et des Outre-Mer n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. "
2. Aux termes de l'article L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : " 1° Des documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur. " L'article L. 441-8 du même code dispose : " Sans préjudice des dispositions des articles L. 121-1 et L. 121-3, les titres de séjour délivrés par le représentant de l'Etat à Mayotte, à l'exception des titres délivrés en application des articles L. 121-3, L. 313-4, L. 313-8, du 6° de l'article L. 313-10, de l'article L. 313-13 et du chapitre IV du titre 1er du livre III, n'autorisent le séjour que sur le territoire de Mayotte. Les ressortissants de pays figurant sur la liste, annexée au règlement (CE) n°539/2001 du Conseil du 15 mars 2001 des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des Etats membres, qui résident régulièrement à Mayotte sous couvert d'un titre de séjour n'autorisant que le séjour à Mayotte et qui souhaitent se rendre dans un autre département doivent obtenir un visa. Ce visa est délivré, pour une durée et dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat, par le représentant de l'Etat à Mayotte après avis du représentant de l'Etat dans le département où ils se rendent, en tenant compte notamment du risque de maintien irrégulier des intéressés hors du territoire de Mayotte et des considérations d'ordre public Les conjoints, partenaires liés par un pacte civil de solidarité, descendants directs âgés de moins de vingt et un ans ou à charge et ascendants directs à charge des citoyens français bénéficiant des dispositions du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne relatives aux libertés de circulation sont dispensés de l'obligation de solliciter l'autorisation spéciale prenant la forme d'un visa mentionnée au présent article. "
3. Sous la qualification de " visa ", ces dispositions instituent une autorisation spéciale, délivrée par le représentant de l'Etat à Mayotte, que doit obtenir l'étranger titulaire d'un titre de séjour délivré à Mayotte dont la validité est limitée à ce département, lorsqu'il entend se rendre dans un autre département. La délivrance de cette autorisation spéciale, sous conditions que l'étranger établisse les moyens d'existence lui permettant de faire face à ses frais de séjour et les garanties de son retour à Mayotte, revient à étendre la validité territoriale du titre de séjour qui a été délivré à Mayotte, pour une durée qui ne peut en principe excéder trois mois. En vertu du dernier alinéa de l'article L. 832-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile repris à l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les ascendants à charges d'enfants sont dispensés de l'obligation de solliciter ce visa lorsqu'ils bénéficient des dispositions du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne relatives aux libertés de circulation.
4. Il résulte de ces dispositions combinées que l'exercice des libertés dont peuvent jouir les étrangers sur le territoire français est subordonné à la régularité de leur entrée et de leur séjour au regard des conventions internationales et des lois et règlements en vigueur. Le contrôle aux frontières s'effectue pour les personnes à la première frontière extérieure de l'espace Schengen qu'elles traversent et elles doivent remplir les conditions d'entrée relatives au pays par lequel elles entrent dans l'espace Schengen.
5. Il ressort des pièces soumises au juge des référés que Mme D de nationalité comorienne née le 12 décembre 1985, est arrivée à l'aéroport de Marseille le
28 septembre 2022 à 8h50 par le vol n° ET 724 de la compagnie Ethiopan Airline. Elle a été contrôlée au point de passage frontalier et une décision de refus d'entrée sur le territoire français a été prise à son encontre le 28 septembre 2022. Par une décision du même jour, l'intéressée a été placée en zone d'attente.
6. La décision du 28 septembre 2022 refusant l'entrée en France de Mme D a été prise au motif qu'elle présente un titre de séjour délivré à Mayotte, non valide pour l'entrée dans l'Espace Schengen et n'est pas en possession d'un visa consulaire. L'intéressée fait valoir qu'elle dispose d'un titre de séjour en cours de validité qui ne comporte pas de limitation géographique. Or, il ressort des pièces soumises au juge des référés que le titre de séjour qui a été délivré à Mme D l'a été à Mayotte au titre de la vie privée et familiale et ne l'autorise à séjourner que sur le territoire de Mayotte. Elle ne démontre, ni même soutient, avoir satisfait à l'obligation de présenter une autorisation spéciale pour entrer sur le territoire de France métropolitaine. Par ailleurs, elle ne justifie pas entrer dans une des exceptions prévues par l'article L. 441-8 précité, et notamment être une ascendante à charge de citoyens français de son fils B né le 28 septembre 2012. Mme D n'établit dès lors pas remplir les conditions pour circuler sur le territoire métropolitain. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 441-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté. Mme D ne peut, par suite, se prévaloir d'une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté fondamentale d'aller et venir à l'encontre de la décision refusant son entrée en France.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Si Mme D fait valoir que son fils, de nationalité française, réside sur le territoire métropolitain, il résulte de l'instruction que Mme D réside habituellement à Mayotte et qu'elle ne justifie aucunement se rendre habituellement sur le territoire métropolitain comme elle l'allègue. Elle n'apporte aucun élément de nature à établir qu'elle contribuerait à l'éducation et à l'entretien de son fils. En conséquence, Mme D n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige par laquelle le directeur de la police aux frontières de l'aéroport de Marseille lui a refusé son entrée sur le territoire a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
9. Si la possibilité d'assurer de manière effective sa défense devant le juge a le caractère d'une liberté fondamentale, Mme D ne conteste pas qu'aucune disposition ne lui fait obligation de comparaître personnellement devant le Tribunal administratif de Marseille, alors même qu'elle a été représentée par son conseil à la présente audience. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision du ministre de l'intérieur porte à son droit d'assurer de manière effective sa défense devant le juge une atteinte grave manifestement illégale ;
10. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la demande de Mme D en toutes ses conclusions et ce y compris celle tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O.R.D.O.N.N.E:
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à MmeAmina D et au Ministère de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Marseille, le 30 septembre 2022.
La juge des référés,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026