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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2208246

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2208246

mardi 28 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2208246
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CARLINI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 octobre 2022, Mme A C, M. J L, Mme B L, Mme G L, M. M L, M. H L, Mme F L, M. I L, agissants en leur nom propre et en leur qualité d'ayant-droits de Mme D K épouse L, représentés par Me Danjou, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les conditions dans lesquelles Mme D L a été prise en charge à compter du 11 septembre 2017 au sein de l'hôpital de la Timone pour une hémorragie intra kystique jusqu'à son décès le 11 janvier 2020 à Martigues ;

2°) de condamner l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) au versement d'une provision d'un montant de 3 000 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'AP-HM, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que Mme D L a chuté de son lit d'hôpital dans la nuit du 27 au 28 septembre 2017 provoquant une fracture per-trochantérienne gauche, suite à un défaut dans l'organisation et le fonctionnement du service public hospitalier. Toutefois l'AP-HM a considéré, par un courrier daté du 12 juillet 2022, que cette chute n'était pas fautive.

Par une lettre enregistrée le 13 octobre 2022, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes Alpes, informe que Mme D L, a été prise en charge au titre du risque maladie.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2022, l'AP-HM, représentée par Me Carlini, conclut au rejet de la requête et demande au juge des référés de réserver les dépens.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme E , première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'expertise :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". Il résulte de ces dispositions que la prescription d'une mesure d'expertise est subordonnée au caractère utile de cette mesure. Il appartient, dès lors, au juge des référés, saisi d'une demande d'expertise préalable à une action en responsabilité du fait des conséquences dommageables d'un acte médical, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, notamment du rapport de l'expertise prescrite par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux s'il existe, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon la demande, la mesure sollicitée. Si la nouvelle demande a en réalité pour objet de contester la manière dont l'expert désigné a rempli sa mission ou les conclusions de son rapport, elle relève du tribunal administratif saisi du fond du litige, à qui il reste loisible d'ordonner, s'il l'estime nécessaire, toute mesure d'instruction.

2. Il résulte de l'instruction que Mme A C, M. J L, Mme B L, Mme G L, M. M L, M. H L, Mme F L, M. I L, agissants en leur nom propre et en leur qualité d'ayant-droits de Mme D K épouse L ont demandé une expertise portant sur les conditions dans lesquelles Mme D L a été prise en charge à compter du 11 septembre 2017 au sein de l'hôpital de la Timone pour une hémorragie intra kystique jusqu'à son décès le 11 janvier 2020 à Martigues. Si la circonstance de la requête au fond ne prive pas nécessairement par elle-même d'utilité la demande d'expertise présentée au juge des référés, ce n'est qu'à la condition que la mesure prononcée par le juge des référés puisse, eu égard aux circonstances propres au litige, être regardée comme ayant une utilité distincte de celle que les juges du fond seront eux-mêmes, en vertu de leur pouvoir de direction d'instruction, en mesure d'ordonner s'ils ne trouvent pas au dossier les éléments de fait leur permettant de trancher le litige dont ils sont saisis. Il résulte de l'instruction que la mesure d'expertise demandée par Mme A C, M. J L, Mme B L, Mme G L, M. M L, M. H L, Mme F L, M. I L, agissants en leur nom propre et en leur qualité d'ayant-droits de Mme D K épouse L, ne diffère en rien de celle que peut ordonner le juge du fond, qu'ils ont également saisi. Ainsi l'expertise sollicitée ne présente pas, au regard de la possibilité pour le juge du fond d'ordonner la même mesure, le caractère d'utilité requis par l'article R. 532-1 précité du code de justice administrative. Par voie de conséquence, la demande d'expertise n'est pas fondée et par suite la requête doit être rejetée.

Sur la demande provision :

3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".

4. Il résulte de ces dispositions, que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.

5. Il résulte de l'instruction, que la responsabilité de l'AP-HM, n'est pas suffisamment établie. Dès lors, l'existence de l'obligation dont les intéressés se prévalent ne présente pas le caractère non sérieusement contestable exigé par les dispositions de l'article R.541-1 du code de justice administrative précitées. Par suite, les conclusions tendant au versement d'une provision, doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

6.Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A C, M. J L, Mme B L, Mme G L, M. M L, M. H L, Mme F L, M. I L, est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à de Mme A C, M. J L, Mme B L, Mme G L, M. M L, M. H L, Mme F L, M. I L, à l'Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes Alpes.

Fait à Marseille, le 28 mars 2023.

La juge des référés,

Signé

M. E

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour une expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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