jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2208714 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ATGER Lucie |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 et 19 octobre 2022, M. B E demande au tribunal :
1°) de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à la préfecture des Bouches-du-Rhône de communiquer son dossier ;
3°) d'annuler l'arrêté du 17 octobre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de trois ans, assortie d'un signalement dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 000 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté en litige :
- il n'est pas établi que l'arrêté attaqué ait été pris par une autorité habilitée ;
- cet arrêté est insuffisamment motivé et résulte d'un examen incomplet de sa situation personnelle ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant du refus de délai de départ volontaire :
- cette décision, spécifiquement, est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est disproportionnée ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 octobre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu l'arrêté attaqué et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, la magistrate désignée a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Atger pour M. E, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et fait valoir en outre que la préfecture, qui a le dossier complet de M. E, aurait dû le communiquer ; que M. E a déjà bénéficié d'un titre de séjour en qualité de conjoint de français, lors d'une première union, qu'il est désormais marié depuis juillet 2017 avec une ressortissante française, union de laquelle est né un enfant en mai 2020, qu'il a deux commerces à Miramas, qu'il respecte les prescriptions de son contrôle judiciaire ; que son interpellation, lors de son rendez-vous en préfecture en vue de la délivrance d'un titre de séjour, pour lequel il était accompagné de son fils, est déloyale ; que son retour au Maroc en 2021, pour assister son père malade, était autorisé par le juge d'instruction par une ordonnance de mainlevée du contrôle judiciaire, et qu'il lui avait alors été assuré par les services de la préfecture qu'il pourrait bénéficier un visa pour son retour, étant en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour ; qu'il a contesté les deux refus de visas qui lui ont été malgré cela opposés ; que son épouse a perdu un enfant à 7 mois de grossesse en revenant du Maroc où elle s'était rendue avec lui et leur enfant, et qu'il n'a pu assister à l'accouchement et à l'enterrement de l'enfant ;
- ainsi que celles de M. E.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant marocain né en 1984, M. E demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 octobre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de trois ans.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. E, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.
Sur les conclusions à fin de communication du dossier :
3. L'affaire est en état d'être jugée, le principe du contradictoire a été respecté et il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la communication de l'ensemble des pièces sur lesquelles s'est fondé le préfet des Bouches-du-Rhône pour prendre les décisions contestées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
4. L'arrêté contesté a été signé par Mme D C, adjointe au chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile, à qui le préfet des Bouches-du-Rhône a délégué sa signature par un arrêté du 30 septembre 2022 et régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, aux fins de signer toutes décisions établies par le bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit par conséquent être écarté.
5. A l'appui de sa contestation, M. E fait valoir que l'arrêté qu'il conteste est insuffisamment motivé dès lors qu'il ne mentionne pas le fait qu'il est dirigeant de plusieurs commerces, que ses frères résident et travaillent en France, qu'il est parent d'un enfant français et qu'il était en cours de régularisation de sa situation administrative puisqu'il a d'ailleurs été interpelé à la sous-préfecture, le jour de son rendez-vous fixé depuis plusieurs mois. Toutefois, les mentions de son mariage avec une ressortissante française, de son enfant de deux ans, ainsi que des délits compte tenu desquels le préfet a retenu que le comportement de l'intéressé constitue une menace pour l'ordre public étaient de nature à renseigner suffisamment l'intéressé sur la teneur et le fondement de l'arrêté en cause. Par suite, et alors que l'arrêté en litige vise le fondement en droit des décisions qu'il contient, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 5° L'étranger ne vivant pas en état de polygamie qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans. / 6° L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un conjoint de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage et que le conjoint ait conservé la nationalité française () ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. / Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur ". Et aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
7. A l'appui de sa demande, M. E fait valoir que son épouse, avec laquelle il est marié depuis juillet 2017, ainsi que son enfant né en mai 2020 sont français, que ses frères sont tous français ou établis en France, à l'exception d'un d'entre eux, saisonnier, qui ne rejoint la France que six mois par an, qu'il est gérant de plusieurs commerces, et ainsi, d'une part, qu'il ne pouvait faire l'objet d'une mesure d'éloignement, et d'autre part, que sa vie privée et familiale est ancrée en France. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier qu'il est marié avec une ressortissante française depuis 2017, les éléments produits, notamment l'extrait d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés établi en octobre 2021 et mentionnant une adresse personnelle de M. E à l'adresse présentée comme le domicile conjugal, de même que la facture des pompes funèbres pour l'enterrement de leur enfant né sans vie en juillet 2021, ne sont pas de nature à établir la réalité de la vie conjugale, alors au demeurant, que l'épouse de M. E atteste, le 19 octobre 2022, l'héberger à son domicile, que son récépissé de demande de titre de séjour établi en mars 2021 mentionnait une adresse distincte du requérant au Pontet (84) chez un tiers, et que M. E ne produit aucun élément justifiant que cette adresse est le domicile commun des époux, notamment par des factures établies aux noms des époux. Par ailleurs, si le requérant produit des photographies de moments passés avec son fils, ainsi qu'une attestation de son épouse indiquant qu'il contribue à son éducation, et si son fils était présent au rendez-vous en préfecture lors duquel il a été interpellé, ces éléments ne sont pas suffisants pour établir la réalité de la participation de l'intéressé à l'éducation et à l'entretien de l'enfant depuis au moins deux ans, alors notamment que M. E, certes pour des raisons indépendantes de sa volonté, n'a pas pu rentrer en France entre juillet 2021 et avril 2022 alors que son fils y résidait. Le requérant soutient que son épouse et leur fils lui ont rendu visite au Maroc, mais ne démontre pas avoir participé, pendant cette période, et ainsi pendant au moins deux ans à la date de la décision, à l'entretien de l'enfant. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige aurait méconnu l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, et alors que l'intéressé a été condamné en dernier lieu en 2015 et 2018 à plusieurs reprises à des peines d'emprisonnement pour des faits de détention d'arme, violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et recel, et complicité de remise ou sortie de biens de détenu, et détention de stupéfiants, le requérant n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision en litige a porté une atteinte excessive à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
8. Aux termes de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
9. M. E fait valoir qu'il est dans l'intérêt de son fils qu'il demeure en France à ses côtés. Toutefois, les circonstances dont il est fait état ne suffisent pas pour considérer, compte tenu de ce qui a été dit au point 7, pour considérer que l'obligation de quitter le territoire français a été prise en violation de ces stipulations. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :
10. A l'appui de sa demande d'annulation du refus de délai de départ volontaire, M. E soutient que cette décision est insuffisamment motivée, dès lors que le préfet considère qu'il ne présente pas de garanties de représentation suffisantes. Toutefois, il ressort des termes mêmes de cette décision qu'elle a été prise en premier lieu compte tenu du comportement de l'intéressé. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
12. Il ressort des pièces du dossier que M. E a été condamné en 2008 à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement et une peine complémentaire exécutée de trois ans d'interdiction judiciaire du territoire français pour des faits de transport, détention, offre ou cession et acquisition de stupéfiants, ainsi que pour provocation directe de mineur de 15 à 18 ans à commettre un crime ou un délit, puis en 2015 à deux reprises, à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de détention d'arme en décembre 2014 et quatre mois d'emprisonnement pour violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours et recel en avril 2015, ainsi qu'en 2018, à une peine d'un an d'emprisonnement pour des faits de complicité de remise ou sortie de biens de détenu, et détention de stupéfiants. Si la condamnation prononcée en 2008 est ancienne, les autres condamnations prononcées l'ont été moins de dix années avant la décision en litige, et résultent de faits graves. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône a pu considérer que le comportement de l'intéressé est constitutif d'un trouble à l'ordre public. Par ailleurs, si M. E fait valoir sans être contredit que ses frères résident en France ou même, pour certains, ont la nationalité française, il s'est précédemment soustrait à une mesure d'éloignement en 2017 et a explicitement, lors de son audition par les services de police le 17 octobre 2022, déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
14. Si M. E soutient que cette décision est insuffisamment motivée, il ressort des termes mêmes de l'arrêté en litige que le préfet a pris en considération les quatre conditions prévues à l'article L. 612-10 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
15. Si le préfet a pu considérer, ainsi qu'il a été dit au point 12, que le comportement de M. E est constitutif d'un trouble à l'ordre public, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté qu'outre l'épouse et le fils français du requérant, tous ses frères résident en France de façon régulière ou sont français. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce, M. E est fondé à soutenir que l'interdiction de retour prononcée pour une durée de trois ans présente un caractère disproportionné. Par ailleurs, si le requérant soutient que l'interdiction de retour en litige produit des effets sur un éventuel droit au séjour dans un autre Etat membre de l'espace Schengen, une telle assertion relève d'une conséquence de l'interdiction de retour en litige mais n'emporte aucune incidence quant à la légalité de cette mesure.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. E est seulement fondé à demander l'annulation la décision portant interdiction de retour sur le territoire du 17 octobre 2022 pour une durée de trois ans.
Sur les frais liés au litige :
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 17 octobre 2022 est annulé en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire pour une durée de trois ans.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 octobre 2022.
La magistrate désignée
Signé
A. A
Le greffier
Signé
T. Marcon
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026