lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2208726 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CAVIGLIOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2022, la société civile immobilière (SCI) Dulap et Mme D B, représentés par Me Gonand, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 juin 2022 par lequel le maire de la commune d'Aubagne a délivré à la société par actions simplifiée (SAS) JMS Investissement un permis de construire un bâtiment commercial situé 1900 route de Gémenos, ensemble la décision du 22 août 2022 par laquelle le maire a rejeté leur recours gracieux ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune d'Aubagne et de la société JMS Investissement le versement à chacun des requérants d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la requête est recevable ;
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- le dossier de demande de permis est incomplet ;
- l'arrêté méconnait l'article UE 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) d'Aubagne ;
- il méconnait l'article UE 5 du règlement du PLU ;
- il méconnait l'article UE 7 du règlement du PLU.
Par une lettre, enregistrée le 2 décembre 2022, Mme B déclare se désister de sa requête.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 22 décembre 2022 et 8 février 2023, la SAS JMS Investissement conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la SCI Dulap le versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 3 février et 22 décembre 2023, la commune d'Aubagne, représentée par Me Caviglioli, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de la SCI Dulap le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas avoir notifié leur recours contentieux ;
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Une ordonnance du 6 mars 2024 a, en dernier lieu, fixé la clôture de l'instruction au 21 mars 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le règlement du plan local d'urbanisme d'Aubagne ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Guionnet Ruault, rapporteur,
- les conclusions de M. Cabal, rapporteur public,
- et les observations de Me Gonand, représentant la SCI Dulap et Mme B, de Me Caviglioli, représentant la commune d'Aubagne et de M. E, représentant la SAS JMS Investissement.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 17 juin 2022, dont la société Dulap et Mme B demandent l'annulation, le maire de la commune d'Aubagne a délivré à la société JMS Investissement un permis de construire un bâtiment commercial d'une surface de plancher de 258 m2 situé 1900 route de Gémenos.
Sur le désistement de Mme B :
2. Par une lettre, enregistrée le 2 décembre 2022, Mme B déclare se désister purement et simplement de sa requête. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation présentées par la SCI Dulap :
3. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signé par M. A C, adjoint au maire délégué à l'urbanisme au droit des sols, qui disposait d'une délégation de signature consentie par le maire d'Aubagne par arrêté du 30 juillet 2020, régulièrement publié et affiché, à l'effet de signer, notamment toutes les pièces relatives aux autorisations d'urbanisme ou aux refus desdites autorisations et, d'une manière générale, à la gestion du droit du sol. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 431-2 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. /Il précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords. " Selon l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : /1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; /2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. "
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. Il ressort du dossier de demande du permis litigieux, d'une part, que les documents photographiques d'insertion du projet et de démolition matérialisent l'existence des bâtiments commerciaux à l'ouest du terrain d'assiette et d'une maison individuelle au sud. La circonstance que la notice de présentation ne mentionne la présence que de bâtiments commerciaux aux abords du projet et qu'un document photographique serait daté en ce qu'il ne matérialise pas la présence des bâtiments commerciaux n'est pas de nature à avoir fausser l'appréciation du service instructeur. D'autre part, le chemin d'accès à la propriété de Mme B est matérialisé par la notice de présentation qui mentionne la voie privée existante mitoyenne à l'est, par le plan de masse qui relève l'existence d'un mur de clôture et par le plan de coupe BB qui indique la conservation du chemin d'accès privé. Aucun élément au dossier ne permet d'établir que cette voie serait modifiée comme l'allègue la société requérante. Dans ces conditions, la SCI Dulap n'est pas fondée à soutenir que le dossier de demande de permis serait incomplet au regard des dispositions précités.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article UE 3 du règlement du PLU d'Aubagne : " 3.1 - Caractéristiques des accès : Les accès doivent être adaptés aux usages et aux besoins de l'opération, de la construction ou de l'aménagement desservi ainsi qu'au trafic sur la voie de desserte. /Les accès doivent permettre l'entrecroisement des véhicules. Les accès ne doivent pas présenter de risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès, notamment au regard de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. /Le nombre des accès sur les voies publiques est limité dans l'intérêt de la sécurité du trafic et du traitement urbain de l'espace public. /Au droit des accès, la priorité est donnée au principe de continuité des aménagements existants ou à prévoir en faveur des piétons et des cyclistes. / Lorsqu'un terrain est desservi par plusieurs voies publiques, l'accès peut être imposé sur la voie sur laquelle la gêne pour la circulation est la moindre. /3.2 - Caractéristiques des voiries / -Dans l'ensemble de la zone UE, toute construction ou aménagement doit être desservi par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance et à la destination de la construction ou de l'ensemble des constructions qui y sont édifiés, notamment en ce qui concerne les exigences de sécurité routière, de secours et de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des déchets. () ".
8. En l'espèce, il ressort du plan de masse et de la notice de présentation, que, contrairement à ce que soutient la société requérante, le projet est desservi par sa propre voie d'accès, indépendante du chemin d'accès desservant la propriété de Mme B à l'est du terrain, d'une largeur de 5 mètres permettant une double circulation, et qu'il comporte une aire de retournement de 11 mètres de diamètre. Ainsi, l'accès au projet est adapté à son usage et ne présente aucun risque pour la sécurité des usagers. Au surplus, le service départemental d'incendie et de secours des Bouches-du-Rhône a émis un avis favorable le 8 juin 2022. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article UE 5 du même règlement : " 5.1 - Principes généraux/Les espaces libres doivent être aménagés et végétalisés avec de préférence des essences locales non allergisantes et peu consommatrices d'eau. () / 5.2 - Espaces de pleine terre /A l'exception de la zone UEs2, la surface des espaces verts de pleine terre doit être égale ou supérieure à 20% de la superficie totale du terrain dans l'ensemble de la zone UE. "
10. Si la société requérante soutient, d'une part, que les arbustes choisis ne sont pas des essences endémiques, il ressort des termes des dispositions précitées, que l'usage d'essences locales n'est pas une prescription obligatoire, alors qu'en tout état de cause les espèces choisies, à savoir le micocoulier et le tilleul sont bien des essences locales peu consommatrices en eau. D'autre part, si la société requérante fait valoir que la notice de présentation ne permettrait pas de déterminer avec précision la surface des espaces verts de pleine terre, il ressort du plan de masse que cette surface est de 190 m2 soit plus de 20 % de la surface totale du terrain de 720 m2. Dans ces conditions, la SCI Dulap n'est pas fondée à soutenir que l'aménagement de la végétation du projet méconnaitrait les dispositions précitées.
11. En cinquième et dernier lieu, la société requérante fait valoir que l'implantation des places de stationnement ne respecterait pas la distance minimale de retrait des limites séparatives. Toutefois, en vertu du point 1.3 du lexique national de l'urbanisme : " Une construction est un ouvrage fixe et pérenne, comportant ou non des fondations et générant un espace utilisable par l'Homme en sous-sol ou en surface ". Il est précisé au point 2.3 que " la notion d'espace utilisable par l'Homme vise à différencier les constructions, des installations dans lesquelles l'Homme ne peut rentrer, vivre ou exercer une activité ". Il en résulte que l'aire de stationnement en litige ne peut être regardée comme une construction au sens du PLU. Ainsi, la société requérante ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 7 du règlement relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives.
12. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que la SCI Dulap n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté en litige.
Sur les frais liés à l'instance :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aubagne et de la société JMS Investissement, qui
ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par la société Dulap sur ce fondement. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société requérante le versement d'une somme de 1 500 euros à la commune et d'une somme de 1 500 euros à la société bénéficiaire du permis sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de Mme B.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SCI Dulap sont rejetées.
Article 3 : La SCI Dulap versera une somme de 1 500 euros à la SAS JMS Investissement et une somme de 1 500 euros à la commune d'Aubagne en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Dulap, à Mme D B, à la société par actions simplifiée JMS Investissement et à la commune d'Aubagne.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Fayard, conseillère,
M. Guionnet Ruault, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
A. GUIONNET RUAULT
Le président,
Signé
F. SALVAGELa greffière,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026