jeudi 4 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2208788 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP GOBERT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2022, Mme C A H, agissant en qualité de représentante légale de son fils mineur, M. G B, représentée par Me Buisson, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les préjudices que son enfant, G B, subit des suites d'une chute au niveau de la cour de récréation de l'école élémentaire Les Passons à Aubagne le 28 septembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône et de son assureur, la compagnie d'assurance XL insurance company, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une indemnité provisionnelle de 2 500 euros à valoir sur l'indemnisation de son préjudice corporel ;
3°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône et de son assureur, la compagnie d'assurance XL insurance company, la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la chute de M. G B lui a occasionné des lésions au niveau de sa dentition.
Par un mémoires en défense, enregistré le 20 mars 2023, le département des Bouches-du-Rhône et son assureur, la compagnie d'assurance XL Insurance Company, représentés par Me Gobert, demandent au juge des référés :
1°) à titre principal de mettre hors de cause le département des Bouches-du-Rhône ;
2°) à titre subsidiaire, de lui donner acte qu'il formule ses plus expresses protestations et réserves d'usage ;
3°) à titre subsidiaire, de préciser la mission de l'expert ;
4°) de mettre à la charge de Mme A H les frais d'expertise ;
5°) de rejeter tout autre demande ;
6°) de réserver les dépens.
Ils soutiennent que le département des Bouches-du-Rhône doit être mis hors de cause en raison de l'existence d'un cas de force majeur et de la faute commise par la commune d'Aubagne.
La requête a été régulièrement communiquée à caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme D, première vice-présidente pour statuer sur les demandes en référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête (), prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ". L'octroi d'une telle mesure est subordonné à son utilité pour le règlement d'un litige principal appréciée en tenant compte, notamment, de l'existence d'une perspective contentieuse recevable, des possibilités ouvertes au demandeur pour arriver au même résultat par d'autres moyens, de l'intérêt de la mesure pour le contentieux né ou à venir.
2. Aux termes de l'article L. 221-2 du code de l'action sociale et des familles : " Le service de l'aide sociale à l'enfance est placé sous l'autorité du président du conseil départemental () ". Aux termes de l'article L. 222-5 de ce code : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : / () 3° Les mineurs confiés au service en application du 3° de l'article 375-3 du code civil, des articles 375-5, 377, 377-1, 380, 411 du même code ou du 4° de l'article 10 et du 4° de l'article 15 de l'ordonnance n° 45-174 du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante ".
3. La décision par laquelle le juge confie la garde d'un mineur, dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative prise en vertu des articles 375 et suivants du code civil, à l'une des personnes mentionnées à l'article 375-3 du même code, transfère à la personne qui en est chargée la responsabilité d'organiser, diriger et contrôler la vie du mineur. En raison des pouvoirs dont le département se trouve ainsi investi lorsque le mineur a été confié à un service ou établissement qui relève de son autorité, sa responsabilité est engagée, même sans faute, pour les dommages causés aux tiers par ce mineur. Cette responsabilité n'est susceptible d'être atténuée ou supprimée que dans le cas où elle est imputable à un cas de force majeure ou à une faute de la victime.
4. Le 28 septembre 2021, le jeune G B a été heurté par un camarade, ce qui a provoqué sa chute dans la cour de récréation de l'école élémentaire Les Passons à Aubagne et lui a occasionné des blessures. Il résulte de l'instruction que Milhane B a fait l'objet, par le juge des enfants du J I d'un renouvellement de placement auprès au service de l'aide sociale à l'enfance du Département des Bouches-du-Rhône. Le département des Bouches-du-Rhône demande sa mise hors de cause au motif que l'accident survenu au jeune serait lié à un évènement de force majeur et que seule la responsabilité pour faute de la commune d'Aubagne est susceptible d'être engagée, l'accident s'étant produit à l'école élémentaire Les passons à Aubagne, pendant le temps périscolaire. Toutefois, l'existence d'une prétendue faute de surveillance de la part du personnel de l'école élémentaire et l'existence d'un cas de force majeur, qui seraient de nature à exonérer totalement ou partiellement la responsabilité du département des Bouches-du-Rhône, relève de la seule appréciation du juge du fond dans la perspective d'un recours en responsabilité, et ne saurait au stade de la procédure en référé, qui avant tout procès au fond ne tend qu'à ordonner toute mesure utile d'expertise ou d'instruction, faire obstacle à la mesure sollicitée.
5. Dans ces circonstances, la mesure d'expertise sollicitée, qui a pour objet de déterminer les préjudices subis par Milhane B à la suite de sa chute présente un caractère d'utilité au regard d'une action contentieuse au fond qui relèverait de la compétence de la juridiction administrative. Elle entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la demande provision :
6.Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
7.Il résulte de ces dispositions, que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
8.Mme A H sollicite la condamnation du département des Bouches-du-Rhône et de son assureur, la compagnie d'assurance XL Insurance Company au versement d'une provision. Toutefois, en l'état de l'instruction, tant le principe que l'étendue d'une éventuelle responsabilité du département des Bouches-du-Rhône et de son assureur, la compagnie d'assurance XL Insurance Company n'est suffisamment établie. Dès lors, l'existence de l'obligation dont l'intéressée se prévaut ne présente pas le caractère non sérieusement contestable exigé par les dispositions de l'article R.541-1 du code de justice administrative précitées. Par suite, les conclusions de Mme A H, tendant au versement d'une provision, doivent être rejetées.
Sur les frais d'expertise :
9.Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par le département des Bouches-du-Rhône et de son assureur, la compagnie d'assurance XL Insurance Company relatives aux dépens, doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
10.L'article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce qu'il soit mis à la charge des parties, la charge des frais exposés et non compris dans les dépens. Dès lors, les conclusions de Mme A H, présentées sur ce fondement, doivent être rejetées.
Sur les frais d'expertise :
10. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par le département des Bouches-du-Rhône et de son assureur, la compagnie d'assurance XL insurance company relatives aux dépens, doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Le docteur F E, chirurgien maxillo-facial et médecin stomatologiste, exerçant à l'Hôpital St Anne, BP 600, 83800 Toulon Cedex 9, est désigné pour procéder, en présence des parties à l'instance à une expertise avec la mission suivante :
1°) examiner M. G B et se faire communiquer tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;
2°) décrire l'état de santé de M. G B, les lésions constatées, les modalités de traitement et leur évolution ; dire si chacune des lésions constatées est la conséquence de l'accident survenu le 28 septembre 2021 ou d'un état antérieur ou postérieur ;
3°) évaluer les préjudices corporels de M. G B qui sont directement imputables au sinistre en cause en précisant le déficit fonctionnel temporaire partiel ou total ;
4°) fixer la date de consolidation de son état physique ;
5°) indiquer le taux de déficit fonctionnel permanent et ses répercussions sur les conditions d'existence de M. G B, l'importance des souffrances physiques et psychiques endurées, le préjudice esthétique et le préjudice d'agrément ;
6°) donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par M. G B, en particulier les dépenses de santé actuelles, les frais divers, les dépenses de santé futures, évaluer le besoin de véhicule adapté ou d'assistance à tierce personne ;
7°) dire si l'état de M. G B est susceptible de modifications, en aggravation ou en amélioration : dans l'affirmative fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, ainsi que sur la nature des soins, traitements et interventions éventuellement nécessaires dont le coût prévisionnel sera alors chiffré et les délais dans lesquels il devra y être procédé ;
8°) d'une façon générale, fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer les préjudices subis.
Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 4 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif I en deux exemplaires (1 exemplaire numérique + 1 exemplaire papier) dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.
Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A H, au département des Bouches-du-Rhône, aux assurances XL Insurance Company et à la caisse primaire centrale d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et au docteur E, expert.
Fait à Marseille, le 4 mai 2023.
La juge des référés,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au Préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous les huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
P/La greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026