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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2208822

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2208822

mardi 25 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2208822
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantATGER Lucie

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés les 21 et 24 octobre 2022, M. E demande au tribunal :

1°) de prononcer son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler les décisions du 19 octobre 2022 par lesquelles le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une autorisation de séjour et de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 000 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- il n'est pas établi que la décision attaquée ait été prise par une autorité habilitée ;

- cette décision est insuffisamment motivée en droit et résulte d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;

- la décision critiquée porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- cette décision méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant, protégé par les stipulations des articles 3.1, 9 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de son éloignement sur l'intérêt supérieur de son fils ;

- cette décision résulte d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas de menace pour l'ordre public ;

S'agissant du refus de délai de départ volontaire :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire :

- l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français entache d'illégalité la décision portant interdiction de retour sur le territoire ;

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- la décision critiquée méconnaît les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et résulte d'une erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'article 19.2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 33 de la convention de Genève.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 octobre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les décisions attaquées et les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 25 octobre 2022, la magistrate désignée a présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Atger pour M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens ;

- et celles de M. A.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Ressortissant haïtien né en 1976, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office et lui a fait interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

3. L'arrêté contesté a été signé par Mme D C, adjointe au chef du bureau de l'éloignement et du contentieux de l'asile, à qui le préfet des Bouches-du-Rhône a régulièrement délégué sa signature, par un arrêté du 30 septembre 2022. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté doit par conséquent être écarté.

4. L'arrêté en litige comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions contestées. Si M. A se prévaut particulièrement de l'absence de visa de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ce qui révèlerait une absence d'examen particulier de la situation de l'enfant dont M. A soutient être le père, ces considérations ne constituent pas le fondement juridique de l'obligation de quitter le territoire français et n'ont donc pas, à peine d'illégalité externe de la mesure, à être mentionnées. Dans ces circonstances, et alors au demeurant que le préfet des Bouches-du-Rhône a mentionné la présence en France de la compagne de M. A ainsi que de son fils, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cet arrêté doit dès lors être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

5. La seule circonstance que le préfet des Bouches-du-Rhône n'ait pas fait mention dans son arrêté de l'ensemble des pièces présentées par M. A ne suffit pas pour considérer que celui-ci, dont l'arrêté fait état de façon circonstanciée des éléments de droit et de fait qui la fondent, aurait négligé de procéder à un examen particulier de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen et de l'erreur de droit qui s'en déduit doit être écarté.

6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

7. Pour soutenir que le refus qui lui est opposé porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, M. A se prévaut de la présence en France de sa compagne et de leur fils. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'enfant né le 23 mai 2020 n'a été reconnu que par sa mère, et M. A, par la seule production de photographies en zone d'attente, et l'attestation de sa compagne, n'établit pas la stabilité ni l'ancienneté de la relation qu'il allègue avec sa compagne qui, au demeurant, vivait au moins encore jusqu'en juin 2022 avec un autre homme avec lequel elle a eu un autre enfant. Dans ces conditions, les circonstances dont le requérant fait état ne suffisent pas pour considérer que le refus de titre de séjour qu'il conteste a été pris en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. Aux termes de l'article 3.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Aux termes de l'article 16 de la même convention : " 1. Nul enfant ne fera l'objet d'immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation. 2. L'enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes ".

9. Si le requérant fait état d'une atteinte à l'intérêt supérieur de son fils, qu'il n'a au demeurant pas reconnu même s'il produit le certificat médical du premier examen prénatal, lors duquel il a été identifié comme le père de l'enfant, il ne justifie pas participer à l'entretien de l'enfant, de l'intensité des relations entretenues avec lui, ni d'aucune circonstance particulière impliquant qu'il devrait résider avec lui, alors qu'ils vivent séparés depuis la naissance de l'enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 3.1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté. M. A ne saurait par ailleurs utilement se prévaloir des stipulations de l'article 9.1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant qui ne créent d'obligations qu'entre Etats et sont dépourvues d'effet direct.

10. Enfin, la mention de ce que le requérant constituerait une menace pour l'ordre public compte tenu des faits de soustraction à l'exécution d'une mesure de refus d'entrée en France et usage de faux document administratif constatant un droit, une identité, qualité ou accordant une autorisation, n'est pas de nature, à elle seule, et compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus, à caractériser une erreur manifeste d'appréciation qu'aurait faite le préfet de la situation de l'intéressé.

En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :

11. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Et aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

12. M. A soutient que son comportement ne représente pas une menace à l'ordre public. Toutefois, le préfet des Bouches-du-Rhône s'est également fondé sur le fait que M. A ne présentait pas de garanties de représentation suffisantes compte tenu notamment du fait qu'il ne présentait pas de passeport en cours de validité, a utilisé un document d'identité au nom d'un tiers et ne justifiait pas d'un lieu de résidence effectif. Si M. A produit deux attestations de sa compagne, l'une du 29 juillet 2022 et l'autre non datée, attestant l'héberger à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), cette seule circonstance ne suffit pas pour considérer que l'intéressé justifierait d'une résidence effective, alors notamment que M. A ne démontre pas l'ancienneté et la stabilité de sa relation avec sa compagne, dont le justificatif de domicile établi au mois de juin 2022 mentionne qu'elle réside au demeurant avec un autre homme. Par suite, le préfet des Bouches-du-Rhône pouvait légalement refuser d'accorder à M. A un départ volontaire en se fondant sur les seules dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

13. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains et dégradants ".

14. En se bornant à affirmer qu'il craint pour sa vie en cas de retour dans son pays, sans produire d'éléments probants ni expliciter les raisons de ses craintes, M. A ne justifie pas de la réalité et de l'actualité des risques auxquels il serait personnellement exposé dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le requérant n'établit pas que le préfet des Bouches-du-Rhône, en fixant le pays dont il a la nationalité comme pays à destination duquel il pourrait être éloigné, a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ce moyen doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 19.2 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté. Enfin, le requérant, qui n'a pas la qualité de réfugié, ne peut utilement se prévaloir du principe de non refoulement des réfugiés énoncé par les stipulations de l'article 33 de la convention de Genève.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

15. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai qu'il conteste entachent d'illégalité la décision prise sur leur fondement et portant interdiction de retour sur le territoire.

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas pris en compte, pour décider de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans en cause, les quatre critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté.

18. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, qui s'est vu refuser tout délai de départ volontaire pour exécuter l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, justifierait, notamment en raison de la présence d'un enfant qu'il présente comme son fils, dont il n'établit en tout état de cause pas contribuer effectivement à l'entretien et avec lequel il n'établit pas non plus entretenir des liens, d'une circonstance humanitaire au sens des dispositions précitées.

19. Toutefois, si le requérant ne justifie d'aucun lien intense, stable et ancien sur le territoire français ni d'aucune intégration particulière, il n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement, et son comportement qui a donné lieu à une condamnation à une peine de trois mois d'emprisonnement pour des faits de soustraction à l'exécution d'une mesure de refus d'entrée en France et usage de faux document administratif constatant un droit, une identité, qualité ou accordant une autorisation, s'il est répréhensible, ne peut, seul et dans les circonstances particulières de l'espèce, être regardé comme constituant un trouble à l'ordre public. Par suite, M. A est fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire en litige présente un caractère disproportionné en tant qu'elle excède la durée d'un an. Par ailleurs, si le requérant soutient que l'interdiction de retour en litige produit des effets sur un éventuel droit au séjour dans un autre Etat membre de l'espace Schengen, une telle assertion relève d'une conséquence de l'interdiction de retour en litige mais n'emporte aucune incidence quant à la légalité de cette mesure.

20. Il résulte de tout ce qui précède que, M. A est seulement fondé à demander l'annulation la décision portant interdiction de retour sur le territoire du 19 octobre 2022 pour une durée de deux ans, en tant qu'elle excède un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Alors que M. A n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, l'annulation de la seule interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans n'implique pas la délivrance d'une autorisation de séjour. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction doivent en tout état de cause être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La décision portant interdiction de retour sur le territoire français est annulée en tant qu'elle excède la durée d'un an.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. F A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F A et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Lu en audience publique le 25 octobre 2022.

La magistrate désignée

Signé

A. B

Le greffier

Signé

T. Marcon

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier

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