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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2208933

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2208933

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2208933
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantIBANEZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

B une requête, enregistrée le 26 octobre 2022, M. A C et Mme D C, représentés par Me Albrand, demandent au tribunal :

1°) d'annuler le permis de construire tacite par lequel le maire de Marseille a autorisé la société SNC Cogédim à construire un immeuble de 26 logements sur une parcelle cadastrée A n°42 située traverse Le Mée ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux du 6 juillet 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille et la société SNC Cogédim la somme de 3 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la requête est recevable ;

- la demande d'autorisation est incomplète ;

- les accès au projet présentent une dangerosité ;

- le projet méconnait le plan de prévention du risque inondation ;

- il ne respecte pas l'article UC 5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;

- il ne respecte pas l'article UC 9 du même règlement ;

- il ne respecte par l'article UC 11 du même règlement.

B un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2023, la SNC Cogédim Provence, représentée par Me Ibanez, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet et, en toutes hypothèses, demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants ne justifie pas d'un intérêt à agir ;

- la requête est tardive ;

- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.

B un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2024, la commune de Marseille conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.

B une ordonnance du 28 mars 2024, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,

- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique,

- et les observations de Me Wathle, substituant Me Albrand pour les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. Le 13 mars 2022, la SNC Cogedim Provence a obtenu un permis de construire tacite un immeuble de 26 logements sur une parcelle cadastrée A n°42 située traverse Le Mée à Marseille. Le 23 mai 2022, le maire de Marseille lui a délivré un certificat de permis tacite. B la présente requête, M. et Mme C doivent être regardés comme demandant l'annulation du permis de construire tacite délivré à la société Cogédim.

Sur les fins de non-recevoir :

2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ". Aux termes de l'article L. 600-1-3 du même code : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire. "

3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées, mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de ce dernier. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

4. M. et Mme C, voisins immédiats du terrain d'assiette de l'opération litigieuse, font valoir de manière pertinente des troubles obérant la jouissance de leur bien du fait du projet prévu, qui est susceptible d'accroitre le trafic routier sur la traverse de la Mée, sur laquelle donne leur appartement ainsi qu'une détérioration de la vue dégagée dont ils disposent. Dans ces conditions, ils justifient d'un intérêt à agir à l'encontre de la décision contestée. B conséquent, la fin de non-recevoir opposant le défaut d'intérêt à agir doit être rejetée.

5. Aux termes de l'article L. 600-1-3 du même code : " " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ".

6. Les requérants justifient avoir fait l'acquisition de leur appartement Traverse de la Mée en 1995, soit antérieurement à l'affichage du permis de construire en litige et n'avaient pas contrairement à ce que prétend la société pétitionnaire à apporter la preuve de leur occupation du bien à la date de l'affichage de la demande. B suite, la fin de non-recevoir présentée sur le fondement des dispositions précitées doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ".

8. En l'espèce, la circonstance que la notice accompagnant le dossier de demande d'autorisation indique que le quartier est constitué d'un habitat discontinu dont les hauteurs varient entre 3 et 6 étages n'est pas de nature à faire obstacle à l'appréciation de l'environnement immédiat du projet par les services instructeurs. En outre, dans la mesure où la notice comporte un point 2.4.1 sur les teintes des façades, elle permet au service instructeur d'apprécier l'insertion architecturale du projet. B suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".

10. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, les pièces d'insertion ne masquent pas la hauteur du futur bâtiment et la circonstance que la mairie de secteur ait émis un avis défavorable quant au gabarit de l'immeuble est sans incidence au regard du moyen invoqué. B suite, la méconnaissance des dispositions précitées est écarté.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du même code : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () d) Dans les cas prévus par les 4° et 5° de l'article R. 111-38 du code de la construction et de l'habitation, un document établi par un contrôleur technique mentionné à l'article L. 111-23 de ce code, attestant qu'il a fait connaître au maître d'ouvrage son avis sur la prise en compte, au stade de la conception, des règles parasismiques et para cycloniques prévues par l'article L. 563-1 du code de l'environnement. "

12. Le projet ne se situe pas en zone de sismicité 4 ou 5 mais en zone 2 ainsi que le relève le courrier de la société Qualiconsult du 24 septembre 2021, joint au dossier de demande d'autorisation. B suite, l'attestation de contrôle technique portant sur le respect des règles parasismiques et para cycloniques n'était pas obligatoire. En conséquence, le moyen doit être écarté.

13. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ". Aux termes de l'article R. 111-1 du même code : " () les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu. () ".

14. Les requérants ne peuvent utilement invoquer les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme dès lors que la commune s'est dotée d'un PLU ainsi que l'indique l'article R. 111-1 du même code.

15. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

16. Les risques d'atteinte à la sécurité publique qui, en application de cet article, peuvent justifier le refus d'un permis de construire ou son octroi sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales sont aussi bien les risques auxquels peuvent être exposés les occupants de la construction pour laquelle le permis est sollicité que ceux que l'opération projetée peut engendrer pour des tiers.

17. S'agissant de la dangerosité des accès, il ressort des plans du dossier que la traverse de la Mée est une voie à double sens qui présente une largeur de 8, 50 m au droit du projet et que l'avenue Floralia, dont il n'est pas contesté qu'elle satisfait aux conditions de sécurité. Si un rétrécissement apparait le long de la traverse la Mée, il est sans incidence dès lors qu'il se situe au-delà du futur accès. B suite, le moyen invoqué doit être écarté.

18. S'agissant des risques naturels, en se bornant à soutenir que les essences naturelles ne sont pas situées à la distance recommandée par le plan de prévention des risques sans autres précisions, les requérants ne démontrent pas que le projet viendrait aggraver un risque de mouvements de terrain. En outre, ledit plan de prévention se limite à déconseiller en zone B3 des implantations d'arbres trop proches des bâtiments et à recommander une étude de sol qui dès lors, n'est pas obligatoire. Enfin, la circonstance que la direction des jardins n'ait pas émis d'avis est sans incidence dès lors que ce service ne figure pas au rang de ceux dont la consultation est obligatoire. B suite, le moyen doit être écarté.

19. En sixième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement du PLUi : " OAP QAFU : Les autorisations qui doivent être conformes au règlement, notamment aux dispositions règlementaires de l'article 5 des zones UC, doivent aussi être compatibles avec les prescriptions de l'OAP " QAFU " relatives aux zones UC. Hauteurs de façade sur les terrains en pente, compositions volumétriques contextualisé, volumétrie du dernier niveau, construction de la pente. Cette OAP prescrit " définir les implantations et hauteurs de façades des constructions de façon à : insérer le projet dans son environnement urbain et paysager (préservation des composantes végétales, épannelage en articulations avec le voisinage etc) - s'adapter aux données climatiques (prise en compte de l'ensoleillement et des vents dominants) ; définir une expression architecturale de qualité (au lieu de rechercher la volumétrie maximale). ". a) Lorsque ni la hauteur totale* ni la hauteur de façade* ne sont définies par le règlement graphique (par une prescription de hauteur ou un polygone constructible), la hauteur de façade* des constructions projetée est inférieure ou égale à : en zone UC3, 19 m.

20. Le moyen tiré de ce que la hauteur du futur bâtiment, prévue en R+ 5, d'une hauteur maximale de 17, 99 m, ne s'insèrerait pas dans son environnement manque en fait dès lors que des immeubles en R+5 et R+6 sont inclus dans l'environnement proche du projet. En tout état de cause, le permis délivré respecte l'article UC5 du PLUi qui impose en zone UC3 une hauteur maximale de 19 m. B suite, le moyen doit être écarté.

21. En septième lieu, aux termes de l'article UC9 du même règlement : " OAP " qualité d'aménagement et des formes urbaines " Les autorisations qui doivent être conformes au règlement, notamment aux dispositions règlementaires de l'article 9 des zones UC, doivent aussi être compatibles avec les prescriptions de l'OAP " qualité d'aménagement et des formes urbaines " relatives aux zones UC. ' Agencement des logements ; ' Recommandations pour une approche bioclimatique ; ' Traitement de la 5efaçade ; ' Traitement des clôtures sur emprise publique ou voie. a) Peuvent être interdits ou admis sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, les constructions ou ouvrages à édifier ou à modifier qui, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. Constructions nouvelles : b) Les façades des constructions d'angle, les murs pignons et retours de façade doivent recevoir un traitement de qualité, en harmonie avec celui de la façade principale. c) Le choix et l'emploi des matériaux et coloris doivent concourir à la qualité architecturale de la construction et ne doivent pas être de nature à compromettre son insertion dans le site (nature, aspect, couleur).

22. La couleur blanc cassé choisie pour les façades du futur bâtiment avec ajout d'une lasure jaune n'est pas de nature à faire obstacle à l'insertion du projet dans son environnement quand bien même cette lasure ne se retrouverait pas sur les bâtis avoisinants.

23. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 151-34 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut ne pas imposer la réalisation d'aires de stationnement lors de la construction : / 1° De logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat ; / () ". Aux termes de l'article UC11a) du règlement de la zone, il est exigé la réalisation : - " Pour les résidents : Minimum : 1 place par tranche de 40 m² de surface de plancher créées, sans être inférieur à 1 place par logement créé. Toutefois, pour les résidents, il n'est pas exigé plus de 2 places par logement créé () " ; - " Pour les visiteurs : Minimum : 1 place pour 3 logements créés lorsque la totalité des constructions dépasse 200 m² de surface de plancher créées ou en cas d'opération d'ensemble* ()". Aux termes de l'article 3.6 des dispositions générales du Plui " les articles 11a des règlements de chaque zone ne s'appliquent pas pour les constructions destinées à des logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'État. ". Pour ces logements bénéficiant d'un prêt aidé, ce même article impose en dehors de la zone de desserte où se trouve le projet 1 place par logement créé, 1 place pour deux-roues pour 6 voitures exigées.

24. Il ressort du formulaire Cerfa que le projet prévoit la construction de 26 logements dont 7 seulement font l'objet de prêts aidés de la part de l'Etat. En vertu des règles précitées, le projet devait prévoir 32 places de stationnement correspondant aux 19 logements comprenant une surface de plancher de 1 266 m² et 7 places de stationnement correspondant aux logements bénéficiant d'un prêt aidé. Le projet ne prévoyant que 26 places de stationnement, il ne respecte pas les dispositions précitées.

Sur l'application des articles L.600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

25. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".

26. En l'espèce, la méconnaissance de l'article UC11 du règlement du PLUi relatif aux nombre de places de stationnement permet la réalisation du projet, sous réserve de sa régularisation, dès lors que l'illégalité constatée affecte une partie identifiable de celui-ci. En conséquence, il peut être fait application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme.

Sur les frais liés au litige :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par la société Cogedim sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la société Cogédim une somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme C sur le fondement des mêmes dispositions et il résulte de tout ce qui précède que le permis de construire délivré doit être annulé seulement en tant qu'il méconnait l'article UC 11a) du règlement du PLUi.

D E C I D E :

Article 1er : Le permis de construire tacitement délivré le 13 mars 2022 est annulé en tant qu'il prévoit 26 places de stationnement seulement.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La SNC Cogédim versera à M. et Mme C une somme globale de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. à Mme D C, à la SNC Cogédim et à la commune de Marseille.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Salvage, président,

Mme Le Mestric, première conseillère,

Mme Houvet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.

La rapporteure,

Signé

F. LE MESTRIC

Le président,

Signé

F. SALVAGE La greffière

Signé

F. FOURRIER

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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