jeudi 22 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2209211 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | HUBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 novembre 2022, et le 21 février 2025, la société L'Oriental, représentée par Me Hubert, demande au tribunal :
1°) d'annuler les mises en demeure de payer émises le 16 juin 2022 par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne d'un montant de 19 910 euros et de 2 336 euros ainsi que la décision du 25 août 2022 de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la direction départementale des finances publiques de l'Essonne ou de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions portant mise en demeure attaquées méconnaissent les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elles ne comportent aucune signature de leur auteur ;
- le signataire de la décision de rejet du recours gracieux est incompétent ;
- les mises en demeure sont illégales en raison de l'illégalité des titres de perception émis le 7 avril 2020 ;
- la décision du 25 août 2022 de rejet de son recours gracieux est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut de base légale ;
- l'ensemble des décisions attaquées méconnaissent l'autorité de la chose jugée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2025, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), conclut à sa mise hors de cause.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 février 2025, la direction départementale des finances publiques de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que le juge administratif est incompétent pour connaître du litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Pilidjian, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle opéré dans les locaux du " snack " " L'Oriental ", exploité par la SARL L'Oriental, le 9 juillet 2019, les services de police, accompagnés des services de l'URSSAF, ont constaté l'embauche de M. A B, ressortissant tunisien dépourvu de titre l'autorisant à séjourner et travailler en France. Par une décision du 8 janvier 2020, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à la charge de la SARL L'Oriental la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, pour un montant de 18 100 euros, ainsi que la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour un montant de 2 124 euros en raison de l'emploi irrégulier de M. B. La société L'Oriental demande au tribunal l'annulation des mises en demeure de payer émises le 16 juin 2022 par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne d'un montant respectif de 19 910 euros au titre de la contribution spéciale avec majoration et de 2 336 euros au titre de la contribution forfaitaire assortie de pénalités ainsi que la décision du 25 août 2022 de rejet de son recours gracieux formé contre ces mises en demeure.
Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :
2. S'il appartient aux juridictions de l'ordre judiciaire d'apprécier la validité en la forme des actes de poursuites engagés par les collectivités publiques à l'encontre de leurs débiteurs, la juridiction administrative est seule compétente pour se prononcer sur l'existence et le bien-fondé des créances publiques. En l'espèce, la créance litigieuse est une créance publique ayant pour origine les dispositions des articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile instituant une obligation financière, au bénéfice d'une personne publique, à la charge de personnes privées ayant commis une infraction. Par suite, il appartient au juge administratif de se prononcer sur les moyens de la requête contestant l'existence et le bien-fondé de la créance. L'exception d'incompétence de la juridiction administrative soulevée par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne doit donc être écartée.
3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Lorsque les contestations portent sur le recouvrement de créances détenues par les établissements publics de l'Etat, par un de ses groupements d'intérêt public ou par les autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, ces contestations sont adressées à l'ordonnateur de l'établissement public, du groupement d'intérêt public ou de l'autorité publique indépendante pour le compte duquel l'agent comptable a exercé ces poursuites. Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () b) Pour les créances non fiscales de l'Etat, des établissements publics de l'Etat, de ses groupements d'intérêt public et des autorités publiques indépendantes, dotés d'un agent comptable, devant le juge de droit commun selon la nature de la créance ; () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire de connaître de la régularité formelle des actes de poursuites. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui portent sur la régularité en la forme des mises en demeure, ne peuvent être utilement soulevés à l'appui d'une contestation, portée devant le juge administratif, de son obligation de payer.
5. L'illégalité d'un acte administratif non réglementaire ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. Dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituent les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
6. Par un arrêt définitif n°22MA02162 du 20 octobre2023, la cour administrative d'appel de Marseille a annulé la décision de l'OFII du 8 janvier 2020 ayant mis à la charge de la SARL L'Oriental la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, pour un montant de 18 100 euros, ainsi que la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour un montant de 2 124 euros et a déchargé la société L'Oriental des sommes réclamées. Par un jugement définitif n° 2104444 du 12 mars 2024, le tribunal administratif de Marseille a annulé les titres de perception émis le 7 avril 2020 par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne d'un montant de 18 100 euros au titre de la contribution spéciale et d'un montant de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire. Ainsi, la société L'Oriental est recevable et fondée, au soutien de ses conclusions dirigées contre les mises en demeure du 16 juin 2022, à exciper de l'illégalité des titres de perception émis le 7 avril 2020, qui n'étaient pas définitifs et qui avaient eux-mêmes été pris sur le fondement de la décision non définitive de l'OFII du 8 janvier 2020.
7. Il résulte de ce qui précède que les mises en demeure de payer émises le 16 juin 2022 par la direction départementale des finances publiques de l'Essonne d'un montant respectif de 19 910 euros et de 2 336 euros comprenant des majorations pour retard de paiement, ainsi que la décision du 25 août 2022 de rejet du recours gracieux présenté par la société requérante le 1er août 2022 contre ces mises en demeure doivent être annulées.
Sur les frais de justice :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SARL L'Oriental d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les mises en demeure de payer du 16 juin 2022 et la décision du 25 août 2022 de la direction départementale des finances publiques de l'Essonne sont annulées.
Article 2 : L'Etat (direction départementale des finances publiques de l'Essonne) versera à la SARL L'Oriental une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société L'Oriental, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de l'Essonne.
Délibéré après l'audience 7 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Vanhullebus, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Fabre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 mai 2025.
La rapporteure,
signé
E. Fabre
Le président,
signé
T. Vanhullebus
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2209211
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026