mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2209269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BERENGER BLANC BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 8 novembre 2022 et le 20 mars 2023, M. C D et Mme B A épouse D, représentés par
Me Mahjoub, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel le maire de la commune de Marseille a délivré à la société SCCV 24 rue du Vallon 13015 Marseille un permis de construire portant sur la construction de quatre maisons individuelles, sur un terrain situé au 24 rue du Vallon dans le 15ème arrondissement, ainsi que la décision implicite rejetant leur recours gracieux formé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision implicite rejetant leur recours gracieux formé contre l'arrêté en litige du 15 juin 2022 est insuffisamment motivée, au regard de la loi du 11 juillet 1979 ;
- le dossier de demande de permis de construire en cause est incomplet, dès lors qu'il ne comporte aucune information sur les divisions en propriété et qu'il ne contient pas de plan de division ;
- il est également incomplet dès lors que le plan de masse ne fait pas apparaître les réseaux privés sur la voie publique, ainsi que le traitement des eaux pluviales, que le dimensionnement des voies au droit de l'accès n'est pas mentionné, que la végétation existante en partie Est n'est pas représentée, que l'emprise publique en partie Est n'est plus ouverte à la circulation, que le chemin du Vallon des Pins réel est plus à l'Est, qu'il n'y a pas de bilan végétal, que la photographie de loin n'a pas été prise à partir du domaine public, que l'attestation du plan de prévention des risques du domaine public ne fait pas référence au plan de prévention des risques argile retrait gonflement, que l'attestation de prise en compte du plan de prévention des risques d'incendie de forêt (PPRIF) est absente, que les attestations RT2012 déposées le 17 janvier 2022 n'ont pas été mises à jour, alors que le projet a été modifié et la modification substantielle du projet de construction impliquait le dépôt d'une nouvelle demande soumise à la réglementation RE2020 ;
- le permis de construire en litige méconnaît les dispositions générales de l'article 1.5 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) ;
- il méconnaît l'article UP7 du PLUi, dès lors que les villas 1, 2 et 3 sont implantées en limite de lot sur un linéaire de 9 mètres ;
- il méconnaît l'annexe 4 de l'article UP10 du PLUi dès que le projet ne respecte pas le nombre de places de stationnement véhicules ;
- il manque au projet 11 m2 de local vélos et 2 places de stationnement pour les deux roues motorisées ;
- le projet en cause méconnaît l'article UP12 du PLUi dès lors que la voie publique desservant ce projet est inférieure à trois mètres et comprend plusieurs virages en angle droit ;
- il méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- l'aire de retournement n'est pas conforme au lexique du PLUi et au règlement du PPRIF ; elle est largement sous dimensionnée ;
- le projet attaqué méconnaît l'orientation d'aménagement de la programmation en ce qui concerne les arbres de haute tige ;
- il méconnaît cette même orientation en ce qui concerne la largeur de la voie publique qui est inférieure à 3 mètres et en angle droit ;
- il méconnaît le PPRIF, dès lors que la largeur de la voie publique qui dessert le projet est inférieure à 3 mètres ;
- le projet en cause qui modifie le projet tacitement autorisé le 17 avril 202 aurait dû faire l'objet d'une nouvelle instruction.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 24 février 2023 et le 12 mai 2023, la société SCCV 24 rue du Vallon 13015 Marseille, représentée par Me Burtez et Me Reboul, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit sursis à statuer, et demande que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La procédure a été communiquée à la commune de Marseille qui n'a pas produit d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
- et les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que par un arrêté du 17 avril 2022, le maire de la commune de Marseille a tacitement accordé à la société SCCV 24 rue du Vallon 13015 Marseille un permis de construire portant sur la réalisation de cinq maisons individuelles sur un terrain situé au 24 rue du Vallon dans le 15ème arrondissement. Par une mise en demeure, avant retrait, du 2 mai 2022, cette même autorité a invité le pétitionnaire à présenter ses observations sur l'illégalité retenue, soit sur la méconnaissance de l'article UP 3.9 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi). A la suite de cette mise en demeure, le pétitionnaire a déposé des pièces supplémentaires en date du 12 mai 2022, à l'appui desquelles il a présenté un projet de quatre maisons individuelles. Par un arrêté du 15 juin 2022 dont M. et Mme D demandent l'annulation, le maire de la commune de Marseille a accordé le permis de construire relativement au projet décrit au sein des pièces supplémentaires évoquées.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la société SCCV 24 rue du Vallon 13015 Marseille :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / () ". En application des dispositions précitées, l'obligation de notification, qui est prescrite à peine d'irrecevabilité de la requête, doit être réalisée dans les quinze jours à compter du dépôt de la requête, tant à l'auteur du permis de construire attaqué qu'au bénéficiaire de cette autorisation.
3. Aux termes de l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme : " Mention du permis explicite ou tacite () doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, dès la notification de l'arrêté ou dès la date à laquelle le permis tacite () est acquis et pendant toute la durée du chantier. () / Cet affichage mentionne également l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions avec celles mentionnées au point 2 que l'irrecevabilité tirée de l'absence d'accomplissement des formalités de notification requises par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne peut être opposée, en première instance, en appel ou en cassation, qu'à la condition que l'affichage du permis de construire ait fait mention de cette obligation, conformément à l'article R. 424-15 du même code.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme D ont notifié à la commune de Marseille et à la société SCCV 24 rue du Vallon 13015 Marseille un courrier en date du 15 novembre 2022 les informant de leur demande d'annulation du permis en litige devant le tribunal administratif de Marseille enregistrée le 8 novembre 2022. Toutefois, il ressort des certificats de dépôt de ces notifications qu'elles ont été postées le 15 décembre 2022, soit au-delà du délai de quinze jours faisant suite à l'enregistrement de leur requête. Alors que le panneau d'affichage du permis attaqué mentionnait bien, conformément à l'article R. 424-15 du code de l'urbanisme, cité au point 3, l'obligation, prévue à peine d'irrecevabilité par l'article R. 600-1, de notifier tout recours administratif ou tout recours contentieux à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis, les requérants ne sont pas recevables à contester l'arrêté du 15 juin 2022. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société SCCV 24 rue du Vallon 13015 Marseille tirée de l'irrecevabilité de la requête au titre de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme doit être accueillie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. et Mme D doit être rejetée comme étant irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société SCCV 24 rue du Vallon 13015 Marseille qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que M. et Mme D demandent sur ce fondement. Il y a lieu, en revanche de mettre à la charge des requérants une somme de
1 500 euros à verser au pétitionnaire.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : M. et Mme D verseront à la société SCCV 24 rue du Vallon 13015 Marseille une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, Mme B A épouse D, à la société SCCV 24 rue du Vallon 13015 Marseille et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
Signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026